Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Assister à une crémation à Pashupatinath est l’un des moments les plus marquants d’un voyage au Népal. Sur les rives de la Bagmati, à l’est de Katmandou, les familles hindoues accompagnent leurs morts sous le regard des pèlerins, des sadhus et des voyageurs. Rien n’y est mis en scène pour les touristes : c’est un lieu de deuil, ouvert à tous, où chaque geste compte. Cette page explique ce que vous verrez, où vous placer, ce que vous pouvez photographier et comment vous comporter pour que votre présence reste discrète. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Dédié à Shiva, le temple de Pashupatinath est présenté par le Nepal Tourism Board comme le temple hindou le plus vénéré du Népal. Il se dresse au bord de la Bagmati, dans le quartier de Gaushala, à l’est de Katmandou, à environ 15 minutes de taxi de Thamel selon le PADT. Le site est géré par le Pashupati Area Development Trust (PADT) : la zone de Pashupati couvre 264 hectares et fait partie de la vallée de Katmandou, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979. Le temple principal a traversé le séisme de 2015 sans dommages majeurs, mais de nombreux sanctuaires secondaires ont dû être entièrement reconstruits.
Pashupatinath n’est pas seulement un temple : c’est aussi le lieu où de nombreuses familles hindoues viennent incinérer leurs défunts. Le PADT gère les ghats de crémation et propose aux familles un accompagnement par des prêtres pour les derniers rites et les rituels qui suivent la mort, de la crémation jusqu’aux cérémonies du shraddha. Pour découvrir l’ensemble du site, lisez aussi notre page sur le temple de Pashupatinath.
Les crémations ont lieu tous les jours, en plein air, au bord de la rivière, rappelle In Your Pocket. Le PADT distingue plusieurs lieux :
Le PADT publie chaque jour ce registre, ghat par ghat. Entre le 7 septembre et le 6 octobre 2026, il compte de 22 à 58 crémations par jour, dont la grande majorité à Bhasmeshwor : c’est là que vous verrez presque toujours des bûchers. Le crématorium électrique, lui, a une activité irrégulière : aucune crémation enregistrée du 7 au 29 septembre 2026, puis de 8 à 15 par jour du 30 septembre au 5 octobre. Ces chiffres rappellent une évidence qu’il faut garder en tête : derrière chaque bûcher, il y a une famille qui vit l’un des jours les plus difficiles de sa vie.
Chaque famille suit ses propres usages, mais les grandes étapes des rites funéraires hindous, l’antyesti, restent reconnaissables :
Ces gestes, que vous observerez de loin, ne sont ni un spectacle ni une curiosité : ils accompagnent le passage du défunt selon des croyances profondes. Pour les situer dans leur contexte religieux, lisez notre page sur l’hindouisme.
Le sanctuaire principal est réservé aux hindous, mais les visiteurs non hindous peuvent observer depuis les ghats environnants, indique le PADT. Le Nepal Tourism Board précise que les non-hindous voient le temple depuis les terrasses situées de l’autre côté de la Bagmati, à l’est. De là, on voit la rivière et les ghats qui bordent l’enceinte du temple, sans se mêler aux familles.
Quelques réflexes simples rendent votre présence acceptable pour ceux qui sont en deuil :
C’est la question la plus délicate. Un point ne fait pas débat : la photographie est interdite dans le sanctuaire principal. Pour le reste, les consignes diffèrent selon les sources : le PADT indique que les abords et les ghats peuvent être photographiés « avec respect », tandis que le Nepal Tourism Board présente la photographie comme strictement interdite dans l’enceinte du temple. In Your Pocket, enfin, recommande de ne pas photographier les familles en deuil.
La loi va dans le même sens. L’article 295 du Code pénal népalais de 2017 interdit de photographier une personne sans son consentement, sous peine d’un an de prison au plus, d’une amende pouvant atteindre 10 000 NPR, ou des deux ; une vue d’un lieu public où des personnes apparaissent par hasard n’est pas visée. En pratique : pas de gros plan sur un visage ou sur un corps, pas de flash, pas de vidéo des familles, et un appareil rangé dès qu’on vous fait signe. Les sadhus qui posent pour les photos peuvent demander une petite somme, prévient In Your Pocket : demandez avant, et convenez du montant. Notre page photographier au Népal détaille ces règles, et celle sur les sadhus présente ces ascètes que vous croiserez sur les terrasses.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Billet étranger | 1 000 NPR par jour et par entrée (Nepal Tourism Board ; In Your Pocket, début 2026), soit un peu moins de 6 € ou un peu plus de 9 $ CA au taux de la Nepal Rastra Bank du 13 octobre 2026 |
| Temple principal | Réservé aux hindous ; ouvert tous les jours de 4 h à 21 h selon le PADT |
| Aarti du soir | En début de soirée ; le site du PADT affiche deux horaires différents (de 17 h à 19 h ou de 18 h 30 à 19 h 30) : renseignez-vous sur place |
| Accès | Quartier de Gaushala, à l’est de Katmandou ; environ 15 minutes de taxi depuis Thamel selon le PADT ; taxis, microbus et tempos déposent à Gaushala, d’où l’on termine à pied (Nepal Tourism Board) |
Gardez votre billet sur vous pendant toute la visite : il ne vaut que pour une entrée, le jour même. Prévoyez des roupies en espèces pour le guichet. Si vous engagez un guide sur place, convenez du prix et de la durée avant de commencer.
Le soir, la Pashupati Bagmati Aarati réunit les fidèles au bord de la rivière : le Nepal Tourism Board la décrit comme l’un des rituels les plus prenants du site. Arrivez avant la tombée de la nuit pour trouver une place, et restez en retrait des familles si des crémations ont lieu au même moment.
Certains jours, la foule change complètement l’ambiance :
Prévoyez deux à trois heures pour Pashupatinath, en arrivant de préférence en fin d’après-midi pour enchaîner avec l’aarti. Commencez par les terrasses de la rive est pour comprendre la disposition des lieux, puis promenez-vous dans les allées de sanctuaires, toujours à distance des ghats en activité. Si la vue des bûchers vous trouble, rien ne vous oblige à rester : quelques minutes d’observation silencieuse suffisent à saisir la gravité du lieu.
Le site se combine bien avec le stupa de Boudhanath dans la même journée, et notre itinéraire Katmandou en 3 jours vous montre comment l’intégrer à votre séjour. Pour les gestes de politesse à connaître partout ailleurs, lisez notre page sur les usages et l’étiquette au Népal, puis retrouvez tous nos dossiers sur la page voyage au Népal.
Oui. Selon le PADT, les non-hindous peuvent observer depuis les ghats environnants, notamment depuis les terrasses de la rive est de la Bagmati ; le sanctuaire principal leur est fermé. Les crémations ont lieu tous les jours.
Selon le registre quotidien du Pashupati Area Development Trust, de 22 à 58 crémations par jour ont eu lieu entre le 7 septembre et le 6 octobre 2026, la plupart au ghat de Bhasmeshwor.
La photo est interdite dans le sanctuaire ; le PADT admet des photos respectueuses des ghats, mais ne photographiez jamais une famille en deuil. Le Code pénal punit la photo d’une personne sans son consentement : jusqu’à un an de prison ou 10 000 NPR d’amende.
1 000 NPR par jour et par entrée pour un visiteur étranger, selon le Nepal Tourism Board et In Your Pocket (début 2026). Le temple principal, ouvert de 4 h à 21 h selon le PADT, reste réservé aux hindous.
Couvrez au minimum les épaules et les genoux, et ne portez aucun objet en cuir (ceinture, chaussures) dans l’enceinte du temple, comme le demandent les règles du site. Une tenue sobre est la meilleure marque de respect.
Lors de Maha Shivaratri, le 6 mars 2027 selon le calendrier officiel, pendant Teej, la fête des femmes, et lors des Ekadashi, comme Haribodhini, le 20 novembre 2026. Chaque soir, l’aarti au bord de la Bagmati réunit aussi de nombreux fidèles.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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