Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le séisme de 2015 au Népal reste la plus grande catastrophe de l’histoire récente du pays. Le samedi 25 avril 2015, à 11 h 56 heure locale, la terre a tremblé pendant de longues secondes dans tout le centre du Népal. Plus de dix ans après, la question des voyageurs a changé : que reste-t-il à voir, et le pays s’est-il relevé ? La réponse est encourageante. Ce guide retrace les chiffres officiels, l’état de la reconstruction et les sites à visiter aujourd’hui. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le choc principal, de magnitude 7,8 selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) et 7,6 selon le centre sismologique népalais, a eu son épicentre près du village de Barpak, dans le district de Gorkha, à environ 76 km au nord-ouest de Katmandou selon l’évaluation officielle, à une faible profondeur. Le 12 mai 2015, une réplique de magnitude 7,3 selon l’USGS a frappé l’Est, autour de Dolakha, faisant au moins 153 morts supplémentaires au Népal. Les chiffres ci-dessous proviennent de l’évaluation officielle des besoins après la catastrophe (PDNA), menée par la Commission nationale de planification avec ses partenaires, dont la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, l’Union européenne, les Nations unies et l’agence japonaise de coopération (JICA).
| Indicateur | Chiffre officiel |
|---|---|
| Date et heure | 25 avril 2015, 11 h 56 (heure du Népal) |
| Magnitude | 7,6 selon le centre sismologique népalais, 7,8 selon l’USGS (réplique du 12 mai 2015 : 6,8 selon le centre népalais, 7,3 selon l’USGS) |
| Morts | Plus de 8 790 |
| Blessés | 22 300 |
| Districts touchés | 31 sur 75, dont 14 gravement |
| Logements | Plus d’un demi-million de maisons détruites |
| Dommages et pertes | 7 milliards de dollars américains (706 milliards de roupies) |
| Besoins de reconstruction | 6,7 milliards de dollars américains |
Selon les sources et les dates de décompte, le bilan humain varie légèrement : certains totaux, qui incluent les victimes en Inde, en Chine et au Bangladesh ainsi que celles des répliques, dépassent 8 900 morts.
Le séisme a déclenché une avalanche depuis le Pumori qui a balayé une partie du camp de base de l’Everest, en pleine saison d’ascension : entre 19 et 22 personnes y ont perdu la vie selon les décomptes, et au moins 24 sur l’ensemble de la montagne. Plus à l’ouest, dans la vallée du Langtang, une gigantesque avalanche de glace et de roches a enseveli le village de Langtang : le bilan officiel fait état de 310 morts, dont 176 habitants et 80 étrangers, et une centaine de corps n’avaient toujours pas été retrouvés des mois plus tard. Le village a été rebâti à quelque 500 mètres de l’ancien site et le trek du Langtang avait rouvert, mais la crue de la Bhote Koshi du 26 août 2026, qui a fait 1 457 morts selon la police népalaise, a de nouveau dévasté le district de Rasuwa. Début septembre 2026, le Kathmandu Post indiquait que les treks du Langtang, de Gosainkunda et du Tamang Heritage Trail étaient fermés ou restreints, et au 14 octobre 2026 le Canada déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et Nuwakot : renseignez-vous avant de réserver. Ces drames rappellent qu’en montagne, un séisme se double souvent d’avalanches et de glissements de terrain ; lisez notre page sur les avalanches au Népal.
Le patrimoine de la vallée de Katmandou, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, a payé un lourd tribut : selon l’UNESCO, une trentaine de monuments se sont effondrés et quelque 120 ont été partiellement endommagés. Parmi les pertes les plus marquantes :
Lors de la conférence des donateurs du 25 juin 2015 à Katmandou, la communauté internationale a promis 4,4 milliards de dollars. L’Autorité nationale de reconstruction (NRA), créée en 2015, a piloté les travaux jusqu’à la fin de son mandat, en décembre 2021. À cette date, selon le bilan transmis lors de sa dissolution, 92 % des logements privés et 85 % des sites archéologiques étaient reconstruits ; les dossiers restants ont été confiés au Département du développement urbain et de la construction des bâtiments et à l’Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe (NDRRMA).
Les débuts ont été lents, qu’il s’agisse du versement des aides aux familles ou des chantiers patrimoniaux, freinés par de longues controverses. Mais la plupart des grands monuments ont fini par renaître, souvent avec des techniques traditionnelles et parfois avec l’aide de pays étrangers.
| Monument | Lieu | Réouverture |
|---|---|---|
| Stupa de Boudhanath | Katmandou | 22 novembre 2016, après une restauration financée par des dons privés |
| Bassin de Rani Pokhari et temple de Balgopaleshwar | Katmandou | 21 octobre 2020 |
| Tour de Dharahara (nouvelle tour) | Katmandou | Inaugurée le 24 avril 2021 (coût : 3,5 milliards de roupies), ouverte au public le 19 septembre 2024, avec billet d’entrée payant depuis novembre 2024 |
| Kasthamandap | Place Durbar de Katmandou | 4 avril 2022 |
| Palais de neuf étages (Nautale Durbar) | Basantapur, place Durbar de Katmandou | Rouvert au public en mai 2025, restauré avec l’aide de la Chine |
Certains choix de reconstruction ont fait débat. Au bassin de Rani Pokhari, le temple central de Balgopaleshwar a été rebâti dans le style shikhara de sa construction par le roi Pratap Malla, en 1670, alors qu’il portait avant le séisme un dôme de style gumbaz hérité de sa reconstruction après le séisme de 1934. La reconstruction du Kasthamandap, elle, a été retardée par de vifs désaccords, notamment sur l’emploi du ciment et de l’acier ; la municipalité de Katmandou l’a prise en charge en décembre 2017, avec un comité associant les habitants.
Bonne nouvelle pour le voyageur : tous les grands sites de la vallée se visitent. Les cicatrices du séisme sont encore visibles ici et là, sous forme d’échafaudages, d’étais de bois ou de soubassements vides, mais elles font désormais partie de l’histoire des lieux. Voici où les observer :
Si vous préférez découvrir la vallée de Katmandou accompagné, notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy, commence par la place Durbar de Katmandou avant de rejoindre Pokhara, Bandipur et Chitwan.
Oui, dans la mesure où le risque sismique fait partie de la vie au Népal. Un autre séisme meurtrier a frappé l’Ouest du pays, à Jajarkot, le 3 novembre 2023, faisant 153 morts selon le gouvernement. Le risque ne justifie pas de renoncer au voyage, mais il impose de connaître les bons gestes et de souscrire une assurance qui couvre les catastrophes naturelles. Notre page pratique séisme au Népal : que faire ? détaille les réflexes avant, pendant et après une secousse.
Après 2015, beaucoup de voyageurs ont hésité à revenir, alors que le tourisme est un pilier de l’économie népalaise. Aujourd’hui, venir au Népal, c’est aussi soutenir les familles qui ont reconstruit leur maison, leur lodge ou leur atelier. Quelques conseils pour un voyage utile et respectueux : privilégiez les guides et hébergements locaux, payez les droits d’entrée des sites, qui financent leur entretien, et soyez prudents avec le « tourisme de catastrophe » ou le volontariat improvisé ; notre page sur le volontourisme au Népal explique les pièges à éviter. Pour préparer l’ensemble de votre séjour, partez de notre guide du voyage au Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le grand séisme a eu lieu le samedi 25 avril 2015 à 11 h 56, heure locale, avec une magnitude de 7,8 selon l’USGS (7,6 selon le centre sismologique népalais) et un épicentre près de Barpak, dans le district de Gorkha. Une forte réplique a suivi le 12 mai 2015.
Selon l’évaluation officielle des besoins (PDNA), plus de 8 790 personnes sont mortes et 22 300 ont été blessées. Certains totaux incluant les pays voisins et les répliques dépassent 8 900 morts.
La tour de Dharahara, le Kasthamandap, le temple de Hari Shankar à Patan, celui de Vatsala Durga à Bhaktapur et les étages supérieurs du palais de Basantapur figurent parmi les pertes majeures. L’UNESCO a recensé une trentaine de monuments effondrés dans la vallée de Katmandou.
En grande partie. Fin 2021, 92 % des logements privés et 85 % des sites patrimoniaux étaient reconstruits ; le Kasthamandap a rouvert en avril 2022, la nouvelle tour de Dharahara s’est ouverte au public en septembre 2024 et le palais de neuf étages de Basantapur en mai 2025.
Oui. Les places Durbar de Katmandou, Patan et Bhaktapur, Boudhanath et les autres grands sites se visitent normalement ; quelques chantiers et étais rappellent encore la catastrophe.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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