Visa de retraite au Népal : conditions officielles, coût et ce qui se passe vraiment

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le visa de retraite au Népal est un « visa de résidence » pour étrangers qui vivent au Népal sans y exercer d’activité : il faut avoir 60 ans ou être retraité, montrer 20 000 USD sur un compte bancaire et un revenu d’au moins 20 000 USD par an.
  • Le Département de l’immigration demande aussi un certificat de bonne conduite et une lettre de non-objection de votre ambassade, ainsi qu’un certificat médical de l’hôpital universitaire (TU Teaching Hospital) de Katmandou.
  • Prix au 4 novembre 2026 : 1 200 USD par an selon la grille des tarifs ; une autre page officielle indique 700 USD pour une première demande et 1 200 USD pour un renouvellement.
  • Chaque nouvelle demande passe par l’accord du ministère de l’Intérieur : en juin 2024, le Nepali Times rapportait qu’aucun nouveau visa de résidence n’avait été accordé depuis plus d’un an.
  • Sans ce visa, un retraité reste au plus 150 jours par année civile avec le visa touristique, prolongations comprises.

Le visa de retraite au Népal existe sur le papier : le Département de l’immigration le range dans la catégorie des visas de résidence, au titre des étrangers qui vivent au Népal sans y faire d’affaires. Les conditions sont claires (60 ans ou la retraite, 20 000 USD sur un compte, un revenu annuel du même montant, des certificats de l’ambassade et un certificat médical), mais la pratique l’est beaucoup moins : chaque dossier nouveau doit être approuvé par le ministère de l’Intérieur, et la presse népalaise a décrit en 2024 un robinet presque fermé. Cette page détaille les conditions officielles, les pièces à réunir, le coût, ce que l’on sait de la pratique récente et les solutions de repli pour passer de longs séjours au Népal. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

Le visa de retraite au Népal en résumé

Le Népal n’a pas de « visa retraite » sous ce nom. Ce que l’on appelle ainsi est le visa de résidence (Residential Visa) dans sa variante destinée à un étranger « qui vit au Népal sans activité commerciale ». L’autre variante du même visa vise les investisseurs : au moins 100 000 USD placés dans une entreprise industrielle népalaise. Le site du Département de l’immigration (immigration.gov.np) ouvre aussi ce visa aux personnalités de renommée internationale et aux personnes ayant apporté une contribution remarquable au pays.

RepèreCe que dit le Département de l’immigration (au 4 novembre 2026)
Nom officielVisa de résidence, catégorie « sans activité commerciale »
Âge60 ans ou plus, ou preuve de la retraite
ÉpargneRelevé bancaire montrant 20 000 USD
RevenuCertificat de revenu d’au moins 20 000 USD par an, vérifié par l’ambassade
AmbassadeCertificat de bonne conduite et lettre de non-objection
SantéCertificat médical du TU Teaching Hospital (Katmandou)
Prix1 200 USD par an (grille des tarifs) ; 700 USD la première année et 1 200 USD au renouvellement (page d’information)
DélaiLe lendemain de l’accord du ministère de l’Intérieur pour une première demande, le jour même pour un renouvellement

Les conditions du visa de résidence pour retraités

La page des tarifs et des pièces du Département de l’immigration énumère, pour l’étranger résident sans activité commerciale, cinq exigences. Les voici telles qu’elles sont publiées, sans interprétation.

  • Un relevé bancaire de 20 000 USD. La somme doit figurer sur un compte ; la page ne précise pas s’il doit s’agir d’une banque népalaise.
  • Un certificat de revenu d’au moins 20 000 USD par an, vérifié par votre ambassade. Une pension de retraite est l’exemple le plus évident, mais la page ne dresse pas la liste des revenus acceptés.
  • Un certificat de bonne conduite et une lettre de non-objection (NOC) délivrés par votre ambassade.
  • Un certificat médical établi par le TU Teaching Hospital, l’hôpital universitaire de l’Université Tribhuvan à Katmandou.
  • Une preuve de l’âge (60 ans ou plus) ou de la retraite.

Le visa n’autorise pas à travailler. La page d’information du Département est explicite : seuls les titulaires d’un visa de travail peuvent travailler au Népal. Un retraité qui voudrait enseigner, conseiller une entreprise ou monter une affaire doit passer par une autre catégorie.

Comptez aussi avec le change : au 4 novembre 2026, 20 000 USD représentent environ 3 millions de roupies népalaises (1 USD ≈ 151 NPR selon la Nepal Rastra Bank). Le revenu annuel exigé reste exprimé en dollars : si votre pension est versée en euros ou en dollars canadiens, vérifiez qu’elle atteint le seuil au cours du jour (1 € ≈ 169 NPR, 1 $ CA ≈ 108 NPR).

Combien coûte le visa de retraite ?

Les deux pages officielles du Département de l’immigration ne donnent pas exactement le même chiffre, et c’est un point à faire préciser au guichet.

  • La grille des tarifs et des pièces indique 1 200 USD par an pour le visa de résidence, toutes variantes confondues.
  • La page d’information sur les visas détaille : 700 USD par an pour une nouvelle demande, 1 200 USD pour un renouvellement, et 100 USD pour les dossiers antérieurs à 1998. Pour l’investisseur, elle indique 200 USD la première année et 100 USD par an au renouvellement.

Le visa se renouvelle chaque année. Ajoutez au budget les frais des documents (traductions, certificats de l’ambassade, examen médical), que les pages officielles ne chiffrent pas. Pour comparer, un séjour de 150 jours en visa touristique coûte 125 USD pour les 90 premiers jours, puis 3 USD par jour de prolongation (référence commune du site).

La démarche, étape par étape

Le Département de l’immigration ne publie pas de guide détaillé pour cette catégorie. Voici l’enchaînement qui découle des pièces exigées et du circuit décrit par ses pages.

  1. Entrer au Népal avec un visa touristique. C’est le statut sous lequel on prépare le dossier sur place. Le visa touristique s’obtient à l’arrivée ou en ligne : voyez notre page sur le visa pour le Népal.
  2. Réunir les pièces de votre pays : relevé bancaire, attestation de pension ou de revenu, preuve de l’âge ou de la retraite. Demandez à votre ambassade quelles pièces elle exige pour établir le certificat de bonne conduite.
  3. Passer par votre ambassade pour faire vérifier le revenu et obtenir la lettre de non-objection. Les coordonnées des représentations sont sur notre page des ambassades et consulats francophones à Katmandou.
  4. Faire l’examen médical au TU Teaching Hospital de Katmandou.
  5. Déposer le dossier au Département de l’immigration, à Kalikasthan (Katmandou), qui le transmet au ministère de l’Intérieur. Selon la page d’information, le visa est délivré le lendemain de l’accord du ministère.
  6. Renouveler chaque année, avec de nouveaux justificatifs de ressources ; le renouvellement est traité le jour même selon la même page.

Gardez une marge : votre visa touristique doit couvrir toute la durée d’instruction, et la durée de l’examen par le ministère n’est publiée nulle part.

Ce que l’on sait de la pratique récente

Les conditions publiées ne disent rien de la difficulté réelle. Le 14 juin 2024, le Nepali Times a consacré une enquête aux expatriés de longue date contraints de partir. Selon le journal, le Népal accordait jusque-là des visas de résidence de longue durée aux retraités étrangers, mais cette pratique avait cessé ; aucun nouveau visa de résidence n’avait été délivré depuis plus d’un an, et trois seulement avaient été renouvelés dans l’année. Un responsable de l’immigration renvoyait la question au ministère de l’Intérieur, qui aurait arrêté ces délivrances par une directive. Le journal citait plusieurs étrangers installés depuis des décennies et dont la demande avait été refusée.

Nous n’avons trouvé, au 4 novembre 2026, ni article de presse plus récent sur ces refus ni source officielle annonçant la reprise ou l’arrêt formel de ces délivrances : la catégorie figure toujours sur le site du Département, avec ses conditions et ses tarifs. Prudence, donc : ne vendez pas votre logement et ne résiliez pas votre bail sur la seule foi des conditions publiées. Faites-vous confirmer par écrit, au Département de l’immigration, que les nouvelles demandes sont instruites.

Une réforme en discussion

Le 5 juin 2026, Nepal News a présenté un projet de loi sur l’immigration qui ferait passer les catégories de visas de neuf à dix-sept (dont des visas médicaux, sportifs et de tournage) ; il prévoit notamment un visa de résidence de deux ans, à entrées multiples, pour les Népalais non résidents. Au moment de cet article, le texte n’avait pas encore été déposé au Parlement. Rien, à ce stade, ne modifie les règles des retraités étrangers.

Les solutions de repli pour les longs séjours

Si le visa de résidence n’aboutit pas, plusieurs voies permettent de passer une bonne partie de l’année au Népal.

SolutionDuréeÀ savoir
Visa touristique prolongé150 jours au plus par année civile3 USD par jour de prolongation, au minimum 15 jours ; à Katmandou ou à Pokhara
Deux séjours à cheval sur deux annéesJusqu’à 150 jours sur chaque année civilePar exemple d’août à décembre puis de janvier à mai
Visa de relation (conjoint ou parent népalais)Selon la demande10 USD par mois pour les parents directs ; un visa de mariage à 15 USD par mois existe aussi
Visa d’étudesSelon l’inscription75 USD par mois hors diplôme, 30 USD par mois pour un diplôme ; recommandation du ministère de l’Éducation
Visa d’affaires ou de travailSelon le projetInvestissement ou contrat de travail, permis de travail du Département du travail

Les montants viennent de la grille du Département de l’immigration au 4 novembre 2026. Le détail des prolongations du visa touristique se trouve sur notre page prolonger son visa népalais. Attention au dépassement : chaque jour au-delà de votre visa coûte 5 USD.

Santé, assurance et vie quotidienne d’un retraité

Le certificat médical ne remplace pas une assurance. Le gouvernement du Canada rappelle sur voyage.gc.ca qu’en dehors de la vallée de Katmandou et de Pokhara les soins ne sont pas au niveau canadien, que la plupart des hôpitaux exigent un paiement ou une garantie d’assurance avant de soigner, et qu’une évacuation vers Bangkok, New Delhi ou Singapour est souvent nécessaire dans les cas graves. Un retraité qui s’installe a donc besoin d’une assurance santé internationale couvrant l’hospitalisation et le rapatriement, pour un séjour long et à son âge : lisez les exclusions liées à l’âge et aux maladies préexistantes. Notre page sur les hôpitaux et cliniques du Népal recense les établissements de référence ; pour un traitement suivi, consultez votre médecin avant le départ.

Pour le reste, Pokhara et la vallée de Katmandou concentrent l’offre de logements adaptés aux longs séjours. Notre page vivre au Népal traite du logement, du coût de la vie et des démarches, et la page voyager au Népal à la retraite donne les conseils d’un premier séjour.

Les erreurs à éviter

  • Croire qu’un intermédiaire garantit le visa. Le Nepali Times rapportait en 2024 qu’on avait dit à un Américain installé depuis plus de 25 ans que ses seules options étaient de payer un intermédiaire ou d’obtenir une lettre du cabinet du Premier ministre : aucune agence ne peut se substituer à l’accord du ministère de l’Intérieur.
  • Travailler ou faire du bénévolat rémunéré avec un visa touristique ou de résidence. Seul le visa de travail autorise une activité professionnelle.
  • Laisser expirer son visa touristique pendant l’instruction. Prolongez à temps, même si votre dossier est en cours.
  • Oublier le renouvellement annuel. Le visa de résidence ne vaut qu’un an ; gardez chaque année les justificatifs de ressources.
  • Négliger les manifestations. Les étrangers n’ont pas le droit d’y participer au Népal : un retraité installé doit rester à l’écart des rassemblements politiques.

En résumé, le visa de retraite au Népal reste une option officielle mais incertaine. Préparez un dossier complet, faites-vous confirmer l’état des délivrances, et prévoyez toujours un plan B avec le visa touristique. Pour l’ensemble des formalités et des conseils de voyage, partez de notre guide du voyage au Népal. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa de retraite au Népal ?

Oui, sous le nom de visa de résidence pour étranger sans activité commerciale. Il faut avoir 60 ans ou être retraité, montrer 20 000 USD sur un compte et un revenu d’au moins 20 000 USD par an.

Combien coûte le visa de résidence pour retraité ?

Au 4 novembre 2026, la grille du Département de l’immigration indique 1 200 USD par an ; sa page d’information mentionne 700 USD pour une première demande et 1 200 USD pour un renouvellement. Faites préciser le montant au guichet.

Quels documents faut-il fournir ?

Un relevé bancaire de 20 000 USD, un certificat de revenu vérifié par l’ambassade, un certificat de bonne conduite et une lettre de non-objection de l’ambassade, un certificat médical du TU Teaching Hospital et une preuve de l’âge ou de la retraite.

Le visa de retraite est-il facile à obtenir ?

Non. Chaque première demande doit être approuvée par le ministère de l’Intérieur, et le Nepali Times rapportait en juin 2024 qu’aucun nouveau visa de résidence n’avait été accordé depuis plus d’un an. Faites confirmer l’état des délivrances avant de vous engager.

Peut-on travailler avec un visa de retraite au Népal ?

Non. Selon le Département de l’immigration, seuls les titulaires d’un visa de travail peuvent travailler au Népal.

Combien de temps peut-on rester sans visa de résidence ?

Avec le visa touristique et ses prolongations, 150 jours au plus par année civile. La prolongation coûte 3 USD par jour, au minimum 15 jours.

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Sources consultées