Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Quelles boissons sans alcool boire au Népal ? Le pays offre bien plus que l’eau en bouteille : le chiya, ce thé au lait épicé que l’on boit à toute heure, le lassi crémeux des vieux quartiers de Katmandou, le mohi des campagnes, le jus de canne à sucre du Teraï ou le jus acidulé d’argousier des hautes vallées. Chacune a ses règles d’hygiène, car l’eau, la glace et les produits laitiers sont les principales sources de troubles digestifs en voyage. Cette page vous dit quoi boire, où, et comment le faire sans risque. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis et le gouvernement du Canada donnent aux voyageurs des consignes simples, valables pour tout le Népal :
L’eau elle-même mérite une page à part : notre page eau potable au Népal détaille la purification, les gourdes filtrantes et les stations de remplissage.
Le chiya, thé noir bouilli avec du lait, du sucre et parfois des épices, est la boisson nationale. Comme il est bouilli et servi brûlant, c’est l’une des boissons les plus sûres du pays, à condition qu’il arrive vraiment fumant. Tout savoir sur le chiya masala, le thé d’Ilam et la culture du thé : notre page chiya, le thé népalais. Le Népal produit aussi son propre café, que présente notre page sur le café népalais.
Le chiya accompagne aussi le premier repas de la journée, avec des beignets et des douceurs : voyez notre page sur le petit-déjeuner au Népal.
Le lassi est d’origine indienne, mais les Népalais l’ont adopté, rappelle le portail Onlinekhabar : épais, frais et rassasiant, il associe du dahi (yaourt), de l’eau et du sucre, avec des fruits secs, des fruits ou des épices ; la version sucrée aux noix de cajou et aux raisins secs est la plus populaire. Selon le magazine Nepal Traveller (avril 2025), le quartier d’Indra Chowk, près de Durbar Square à Katmandou, est réputé pour ses échoppes de lassi garni de fruits secs et de khuwa (lait réduit) ; à Asan, de petites échoppes le servent dans des gobelets en acier ou en terre cuite.
Le mohi est le babeurre népalais : selon Onlinekhabar, c’est le petit-lait qui reste après le barattage du dahi, traditionnellement à l’aide d’un bâton appelé madani. Le Kathmandu Post (mai 2024) le décrit comme une boisson lactée fermentée bue surtout l’été, autrefois incontournable dans les campagnes, qui a perdu du terrain face aux sodas ; une laiterie du district de Kapilvastu, dans la province de Lumbini, en a lancé une version en bouteille en 2024. Le dahi lui-même se boit ou se mange nature ; le plus célèbre est le juju dhau de Bhaktapur, présenté sur notre page juju dhau.
Le jus de canne à sucre est obtenu en écrasant les tiges, parfois relevé de chat masala ou de sel noir ; selon Onlinekhabar, il est surtout populaire l’été dans les plaines du sud. C’est un jus pressé par d’autres, souvent dans la rue : les CDC conseillent d’éviter ce type de jus, et de refuser la glace qu’on y ajoute parfois. Pour les autres saveurs du Teraï, voyez notre page sur la cuisine du Teraï.
Dans les hautes vallées, ne manquez pas le jus d’argousier, appelé localement dale chuk. Selon Himal Press (mai 2026), les baies sauvages alimentent déjà une petite production de jus dans le Manang et le Mustang ; le Nepali Times notait dès 2010 que ces baies sauvages et acides, transformées à la main en jus concentré, se vendent surtout dans les régions touristiques du Khumbu, du Mustang et du Manang. S’il se présente en concentré, le plus sûr est de le diluer vous-même dans de l’eau bouillie ou purifiée.
Plus rare, le jus de bel (le fruit de l’arbre Aegle marmelos), dont le goût rappellerait le litchi selon certains, était commercialisé en bouteille avec des producteurs des districts de Siraha et de Bardiya, rapportait le Nepali Times en 2010 ; sa disponibilité actuelle n’est pas documentée.
Deux boissons rafraîchissantes se préparent dans les foyers, d’après Onlinekhabar :
Leur risque tient entièrement à l’eau utilisée : n’en buvez que si l’eau a été bouillie ou purifiée, et sans glaçons d’origine inconnue.
| Boisson | Ce que c’est | Notre conseil |
|---|---|---|
| Chiya | Thé noir bouilli au lait et au sucre | Sûr s’il est servi fumant |
| Café | Café local ou importé | Sûr s’il est servi fumant |
| Sodas, eau gazeuse | Boissons industrielles en bouteille ou canette | Sûrs si scellés et ouverts devant vous |
| Lassi | Yaourt battu avec eau et sucre | Prudence : échoppe fréquentée, sans glaçons |
| Mohi | Babeurre | Prudence : produit laitier souvent artisanal |
| Jus de canne | Tiges de canne écrasées | À éviter si l’estomac est fragile |
| Jus d’argousier | Baies sauvages des hautes vallées | À diluer vous-même dans de l’eau bouillie |
| Kagati paani, sarbat | Eau citronnée ; eau au jaggery | Seulement avec de l’eau bouillie ou purifiée |
En montagne, les lodges servent des boissons chaudes ; le magazine Nepal Traveller cite le thé, le café et le thé au citron chaud parmi les classiques des menus de la région de l’Everest. Les boissons chaudes ont un double avantage : elles réchauffent et l’eau a été bouillie. Dans les régions sherpa et tibétaines, goûtez le thé au beurre salé, présenté sur notre page sur la cuisine sherpa.
Le plastique est un vrai problème en altitude. Depuis 2020, la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu, qui couvre l’Everest, interdit les plastiques de moins de 30 microns, dont les bouteilles en plastique ; mais selon Onlinekhabar (juin 2025), l’interdiction reste mal appliquée et les déchets plastiques demeurent un problème majeur. Les médias de 2019 avaient d’ailleurs présenté différemment le sort des bouteilles d’eau. Ne comptez donc ni sur l’interdiction ni sur l’eau en bouteille : emportez une gourde et un moyen de purification, et rapportez vos déchets. Notre page manger en trek complète ces conseils.
Si vous êtes malade malgré ces précautions, la réhydratation passe avant tout : notre page sur la diarrhée du voyageur explique quoi faire et quand consulter. Pour une situation particulière, consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant votre départ. Pour préparer le reste de votre séjour, retrouvez toutes nos pages sur la page pilier voyage au Népal.
Les boissons chaudes servies fumantes (chiya, café, thé au citron) et les boissons en bouteille ou en canette scellées, ouvertes devant vous, sont les plus sûres selon les CDC. Évitez les glaçons, les jus pressés par d’autres et le lait non pasteurisé.
Oui, avec prudence : c’est un produit laitier souvent artisanal, allongé d’eau. Choisissez une échoppe fréquentée, demandez-le sans glaçons et évitez-le si vous êtes enceinte ou immunodéprimé.
C’est le babeurre népalais, le petit-lait qui reste après le barattage du dahi (yaourt). Boisson d’été autrefois incontournable dans les campagnes, il existe aussi en bouteille depuis 2024, produit dans la province de Lumbini.
Dans les hautes vallées : le Manang, le Mustang et le Khumbu, où les baies sauvages, appelées dale chuk, sont transformées en jus. S’il s’agit d’un concentré, diluez-le vous-même dans de l’eau bouillie.
Ils le sont quand on ignore l’eau utilisée, car ils sont souvent faits avec l’eau du robinet. Les CDC et le gouvernement du Canada conseillent de ne les accepter que s’ils sont faits avec de l’eau purifiée.
Des boissons chaudes (thé, café, thé au citron) et de l’eau purifiée dans votre gourde. Dans la région de l’Everest, les bouteilles en plastique sont interdites depuis 2020, mais la règle reste mal appliquée : prévoyez de quoi traiter l’eau.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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