Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Accrocher ses propres drapeaux de prière sur un col, sur un toit de Katmandou ou, au retour, sur son balcon est un geste que beaucoup de voyageurs ont envie de faire. C’est possible et bien accepté, à condition de respecter quelques usages. Cette page répond aux questions pratiques : quand les accrocher, où, dans quel ordre, quel tissu acheter, où le trouver et quelles erreurs éviter. Pour le sens des cinq couleurs, du cheval du vent (lungta) et des quatre animaux, ainsi que pour les moulins à prières, voyez notre page sur les drapeaux et moulins à prières. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
En une phrase : un drapeau de prière est un support de mantras que le vent est censé emporter pour répandre ses bénédictions autour de lui. C’est ce qui explique la plupart des règles ci-dessous : le drapeau doit être dehors, en hauteur, dans le vent, et traité comme un objet sacré.
Le Tibetan Nuns Project, une organisation qui soutient des nonnes tibétaines en Inde, décrit la préparation habituelle :
Un détail que peu de voyageurs connaissent : beaucoup de drapeaux portent un vœu adressé à une personne. Le Horniman Museum de Londres conserve une planche d’impression à lungta, acquise avant 1900, qui comporte une prière pour « la santé, la longévité, la force et la réussite de celui qui est nommé », suivie d’un espace laissé vide pour écrire le nom de la personne qui accroche le drapeau. Regardez vos drapeaux avant de les suspendre : si un tel espace existe, vous pouvez y inscrire votre nom ou celui d’un proche, ce qui fait d’un simple souvenir un geste personnel.
Selon le Tibetan Nuns Project, on choisit souvent un jour favorable, d’après le calendrier lunaire et des calculs astrologiques traditionnels, et il est d’usage d’accrocher de nouveaux drapeaux au Losar, le Nouvel An tibétain. Au Népal, trois Losar figurent sur la liste officielle des jours fériés :
| Losar | Date au calendrier officiel 2083 | Pour le voyageur |
|---|---|---|
| Tamu Lhosar | 30 décembre 2026 | Nouvel An des Gurung |
| Sonam Lhosar | 7 février 2027 | Nouvel An des Tamang |
| Gyalpo Lhosar | 9 mars 2027 | Nouvel An tibétain et sherpa |
Ces dates figurent sur la liste officielle des jours fériés de l’année 2083, valable jusqu’au 13 avril 2027 ; au-delà, la liste suivante n’est pas encore publiée. Notre page sur le Losar, Nouvel An tibétain présente les trois fêtes. Si vous voyagez à une autre période, rien ne vous empêche d’accrocher vos drapeaux : demandez à votre guide, à votre hôte ou au vendeur s’il connaît un jour favorable proche.
La règle tient en trois mots : dehors, en hauteur, dans le vent. Le Tibetan Nuns Project cite les cols de montagne, les temples et les toits ; on en voit aussi entre deux arbres, sur des crêtes, au-dessus des sources ou le long des ponts.
Accrocher un drapeau sur un col est un geste fort, mais il n’appartient pas au voyageur de décider seul où le faire. Certains lieux sont déjà saturés, d’autres ont une signification particulière, et l’on ne noue jamais ses drapeaux par-dessus ceux d’une famille ou d’un monastère. Sur les ponts suspendus, ne décrochez ni ne déplacez les drapeaux déjà en place ; notre page sur les ponts suspendus du Népal rappelle les règles de la traversée.
Sur un col très haut, comme le Thorong La (5 416 m) du circuit des Annapurnas, le froid, le vent et l’altitude laissent peu de temps. Préparez-vous la veille : gardez la guirlande dépliée et démêlée en haut du sac, avec deux bouts de cordelette, pour la nouer en quelques minutes avec votre guide, puis redescendez.
Les grandes bannières verticales sur mât (darchor), devant les maisons, les monastères et les chortens, sont installées par les familles et les communautés, souvent avec un rituel : elles ne s’improvisent pas, et l’on ne s’appuie jamais sur leur mât pour une photo.
On ne jette pas un drapeau de prière. Quand les drapeaux sont usés, on les décroche, souvent au Losar, et on les brûle avec respect : au monastère de Dolma Ling, rapporte le Tibetan Nuns Project, une nonne retire ainsi les vieux drapeaux délavés avant d’accrocher les nouveaux. Chez vous, faites-le dans un endroit propre, sans les mêler à des ordures. Brûler un drapeau en polyester revient à brûler du plastique : une raison de plus de choisir le coton.
Les drapeaux sont faits pour s’effacer au vent, ce qui pose aujourd’hui un problème. Selon l’Institut de musique sacrée de l’université Yale (mars 2024), les drapeaux de prière sont désormais très majoritairement en matières synthétiques, ce qui crée une pollution plastique importante, d’autant qu’on ne peut pas les jeter. Des chercheurs, praticiens et artistes himalayens y relancent la fabrication traditionnelle de drapeaux biodégradables, imprimés à la planche.
Le problème se voit jusqu’au sommet : une expédition scientifique de 2019 a relevé des microplastiques dans la neige de l’Everest jusqu’au « Balcon », à 8 440 m, surtout des fibres de polyester, matière du matériel de montagne et de la plupart des drapeaux vendus aujourd’hui (étude publiée dans la revue One Earth en 2020, record enregistré par le Guinness World Records).
| Lieu | Ce que vous trouverez | Conseil |
|---|---|---|
| Boudhanath (Katmandou) | Boutiques d’objets rituels autour du stupa, drapeaux de toutes tailles | Le plus grand choix ; faites le tour du stupa dans le sens des aiguilles d’une montre |
| Thamel (Katmandou) | Drapeaux en séries prêtes à offrir | Vérifiez le tissu et la netteté de l’impression |
| Swayambhunath | Étals au pied et autour du stupa | Pratique en fin de visite |
| Villages de trek (Namche, Manang, Mustang) | Petites séries | Idéal pour un drapeau à accrocher avec votre guide |
Avant d’acheter, vérifiez l’ordre des couleurs, la lisibilité des mantras, la présence éventuelle d’un espace pour un nom et la qualité du tissu ; touchez-le pour distinguer le coton du polyester brillant. Les drapeaux sont bon marché : marchandez avec le sourire, sans excès (voir notre page marchander au Népal). Les drapeaux neufs se rapportent sans formalité ; pour les autres idées d’achats, voyez notre page sur les souvenirs à rapporter du Népal.
Accrocher un drapeau de prière est l’un des rares gestes religieux qu’un voyageur peut faire au Népal sans maladresse, s’il s’y prend bien : acheter du coton à Boudhanath, le faire bénir si possible, choisir un jour favorable ou un Losar, puis le nouer en hauteur, dans le vent, avec l’accord de votre guide ou de votre hôte. Pour voir les drapeaux au plus près, faites le tour de Boudhanath en fin de journée. Notre page sur les stupas et symboles bouddhistes complète celle-ci, et notre page pilier voyage au Népal vous aide à bâtir votre itinéraire.
De gauche à droite : bleu, blanc, rouge, vert, jaune, selon le Tibetan Nuns Project. On ne sépare pas les couleurs et on ne mélange pas les séries.
Traditionnellement au Losar, ou un jour favorable choisi d’après le calendrier lunaire, après bénédiction par un lama si possible. En 2026-2027, Tamu Lhosar tombe le 30 décembre 2026, Sonam Lhosar le 7 février 2027 et Gyalpo Lhosar le 9 mars 2027.
Dehors et en hauteur, dans le vent : balcon, jardin, auvent ouvert. Évitez les pièces fermées et les endroits où le tissu toucherait le sol.
On ne les jette pas : on les décroche et on les brûle respectueusement, souvent au moment du Losar. Un drapeau délavé signifie que le vent a dispersé les prières.
Oui, c’est un geste courant, mais demandez d’abord à votre guide où et comment le faire, sans recouvrir ni déplacer les drapeaux déjà en place, et sans vous attarder en haute altitude.
Préférez le coton : il se dégrade naturellement. Les drapeaux synthétiques, aujourd’hui majoritaires, durent plus longtemps mais laissent des fibres plastiques dans la montagne. On en trouve à Boudhanath, à Thamel, à Swayambhunath et dans les villages de trek.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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