Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Voir des éléphants au Népal est l’un des moments forts d’un séjour dans le Teraï, la plaine du sud du pays. Mais entre les éléphants sauvages du parc national de Chitwan, les éléphants de travail du parc et les éléphants privés qui promènent encore des touristes autour de Sauraha, le voyageur a du mal à savoir ce qui est éthique. La question a pris un tour nouveau en 2026, avec la publication d’un arrêt de la Cour suprême qui remet en cause les promenades à dos d’éléphant. Voici les chiffres, les règles, les enjeux et nos conseils concrets pour observer les éléphants sans contribuer à leur souffrance. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Pour organiser le reste de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal et notre présentation du parc national de Chitwan.
Il faut distinguer les éléphants sauvages, qui vivent librement dans les forêts du Teraï, et les éléphants domestiques, qui appartiennent à l’État, à des organismes de conservation ou à des particuliers. L’éléphant d’Asie est classé « en danger » par l’UICN, et l’éléphant sauvage figure sur la liste des mammifères protégés du Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune (DNPWC).
| Catégorie | Effectif | Source |
|---|---|---|
| Éléphants sauvages au Népal | Quelque 200 (estimation d’un spécialiste) | Onlinekhabar, août 2025 |
| Éléphants sauvages du parc national de Bardia | Environ 120 (estimation) | Kathmandu Post, juillet 2026 |
| Éléphants du parc national de Chitwan | 58, éléphanteaux compris | Onlinekhabar, août 2025 |
| Éléphants privés de Sauraha | 45 en 2025 ; 30 pour la coopérative locale et 14 exploités indépendamment en 2026 | Onlinekhabar, Kathmandu Post |
| Éléphants du NTNC | 5 | Onlinekhabar, août 2025 |
| Centre d’élevage de Khorsor | 9 adultes, 1 jeune dressé et 6 éléphanteaux | Onlinekhabar, mai 2026 |
Avant la pandémie de Covid-19, la coopérative de Sauraha comptait quelque 63 éléphants ; une partie des bêtes louées a été rendue et d’autres ont été vendues en Inde après l’effondrement du tourisme, selon le Kathmandu Post. Le DNPWC a par ailleurs publié un plan d’action pour la conservation de l’éléphant couvrant 2025 à 2035.
Les éléphants sauvages vivent dans les forêts du Teraï, de l’est à l’ouest du pays. Pour un voyageur, deux parcs se prêtent à l’observation :
Dans l’est, des hardes venues d’Inde traversent la frontière : en juin 2026, le Himalayan Times décrivait un troupeau de 40 à 50 éléphants, petits compris, franchissant chaque jour la frontière vers Bahundangi, dans le district de Jhapa, le long d’un corridor ancestral qui relie l’Assam et le Bengale-Occidental à la réserve de Koshi Tappu. Ces zones ne se prêtent pas à l’observation : les hardes y détruisent des maisons et des cultures, et les habitants vivent dans la crainte, selon le même journal.
Les promenades à dos d’éléphant ne sont plus autorisées à l’intérieur du parc national de Chitwan depuis près de 15 ans, selon le Kathmandu Post. Elles se déroulent dans les forêts communautaires de la zone tampon, surtout autour de Sauraha, avec des éléphants privés : 38 à 40 bêtes y travaillent chaque jour. Les éléphants de l’État ne sont pas utilisés pour promener les touristes. Ces safaris restent une source de revenus importante : la forêt communautaire de Baghmara, 215 hectares en bordure de Sauraha, gagnait à son apogée environ 30 millions de roupies par an, dont près d’un tiers grâce aux éléphants, et sept ou huit forêts communautaires en dépendent fortement.
En septembre 2021, l’organisation Pro Public a saisi la Cour suprême pour demander la fin des pratiques cruelles envers les éléphants captifs, la limitation des longues périodes d’enchaînement et une transition vers l’observation plutôt que la monte. Le 17 décembre 2025, deux juges ont rendu un arrêt de 62 points, publié en juillet 2026 :
La Cour reconnaît aussi l’importance de ces safaris pour l’économie de Sauraha. Le DNPWC a indiqué qu’il appliquerait ces directives en tenant compte des contraintes des propriétaires. Lors de la publication de l’arrêt, en juillet 2026, les promenades continuaient hors du parc, et elles se poursuivaient encore en octobre 2026 dans les forêts communautaires de la zone tampon, selon Onlinekhabar ; leur avenir reste en discussion.
Selon le président de la forêt communautaire de Baghmara, cité par le Kathmandu Post, les touristes européens ne montent généralement plus sur les éléphants, les visiteurs népalais renouvellent rarement l’expérience et la clientèle est désormais surtout chinoise. Des défenseurs de la conservation plaident pour miser sur la jeep, la marche guidée, la pirogue et l’observation des oiseaux.
Créé dans les années 1980 par le parc national de Chitwan, le centre d’élevage des éléphants de Khorsor, à Sauraha, a vu naître 68 éléphanteaux, dont quatre pendant l’exercice 2025-2026. Les jeunes y sont dressés puis affectés aux postes du parc. La gestation dure de 22 à 24 mois. Le centre attire des mâles sauvages, comme ceux baptisés Ronaldo, Bheemgaj ou Shergaj, qui viennent courtiser les femelles pendant la saison des amours ; leurs combats inquiètent parfois le personnel.
Depuis le 20 juillet 2026 (4 Shrawan 2083 du calendrier népalais), l’entrée est gratuite pour les visiteurs népalais comme étrangers (elle coûtait jusque-là 100 roupies aux étrangers), comme celle du centre d’élevage des gavials de Kasara : le NTNC, qui percevait ces droits, a cessé de le faire pour l’instant, selon Ekantipur. Près de 400 personnes visitent chaque jour le centre des éléphants. La visite permet de voir des éléphanteaux de près, mais elle a ses limites : les éléphants captifs du Népal passent souvent de longues heures enchaînés, selon les défenseurs du bien-être animal, une pratique que la Cour suprême demande de faire cesser lorsqu’elle est cruelle. Si vous y allez :
Le parc national de Bardia possède aussi un centre d’élevage des éléphants, cité parmi les visites proposées autour du parc.
Dans une tribune publiée en décembre 2025 par Onlinekhabar, la responsable du Jane Goodall Institute au Népal dénonce le « festival des éléphants » annuel, où les animaux sont paradés et forcés de se produire sous le crochet et le bâton du cornac, ainsi que le dressage brutal des jeunes, les chaînes et les lourdes nacelles. Elle appelle les visiteurs à refuser les promenades, les bains, les festivals et les spectacles de mariage avec des éléphants, et à privilégier les refuges qui accueillent des animaux sauvés.
Notre avis rejoint le sien : une activité qui impose à l’éléphant de porter des humains, de se baigner sur commande ou de jouer devant un public ne fait pas partie d’un voyage responsable. Pour les principes généraux, voyez notre page tourisme responsable au Népal.
| Activité | Statut au 14 octobre 2026 | Notre avis |
|---|---|---|
| Promenade à dos d’éléphant | Interdite dans le parc, pratiquée dans les forêts communautaires ; remise en cause par la Cour suprême | À éviter |
| Bain avec les éléphants, festival, spectacle | Pratiques dénoncées par les défenseurs du bien-être animal | À éviter |
| Visite du centre de Khorsor | Gratuite depuis le 20 juillet 2026, pour l’instant | Possible, en spectateur discret |
| Safari en jeep | Repris dans le parc le 9 octobre 2026 après la pause de la mousson ; droit d’entrée du parc : 2 000 NPR par jour pour les étrangers | Recommandé |
| Marche guidée en forêt | Avec des guides naturalistes | Recommandé, en respectant les consignes |
| Pirogue sur la Rapti | Activité classique du parc | Recommandé |
Pour préparer ces sorties, lisez nos pages marche dans la jungle à Chitwan, pirogue sur la Rapti et Sauraha.
Un éléphant sauvage n’a rien d’un animal paisible. Dans le district de Jhapa, 72 personnes ont été tuées et 92 blessées par des éléphants en 15 ans, selon le bureau forestier de division de Jhapa cité par Onlinekhabar ; les familles des victimes décédées reçoivent une indemnité d’un million de roupies. À Chitwan, un mâle sauvage nommé Makuna a été abattu par l’armée népalaise le 6 février 2025, après avoir attaqué du personnel, selon les responsables du parc ; en octobre 2024, un autre mâle, Govinde, avait tué un employé du parc, qui lui a ensuite posé un collier émetteur et raccourci les défenses (Onlinekhabar). Les éléphants paient aussi un lourd tribut : 58 ont été tués par des causes humaines en 15 ans, selon le responsable de la conservation du parc de Bardia.
L’éléphant sauvage est une espèce protégée au Népal, et l’éléphant d’Asie est inscrit à l’annexe I de la CITES, qui interdit, sauf exception, son commerce international. N’achetez jamais d’ivoire ni d’objet présenté comme issu d’un éléphant : c’est la demande qui fait vivre le braconnage.
Les éléphants du Népal se regardent, ils ne se montent pas. À notre avis, un safari en jeep à l’aube, une marche guidée ou une descente de la Rapti en pirogue offrent des rencontres plus fortes qu’une promenade sur une nacelle, tout en faisant travailler les guides locaux. Ces sorties sont aussi l’occasion de croiser le rhinocéros unicorne ou, au bord de l’eau, le gavial. Si vous préférez découvrir le Népal accompagné, notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy, vous fait découvrir le pays en groupe.
Plus dans le parc national de Chitwan, où ce n’est plus autorisé depuis près de 15 ans. En octobre 2026, les promenades continuaient dans les forêts communautaires de la zone tampon, autour de Sauraha, mais la Cour suprême a demandé qu’elles soient reconsidérées pour le bien-être des animaux.
Quelque 200 selon un spécialiste cité par Onlinekhabar en 2025 ; le parc national de Bardia en abriterait environ 120 selon le Kathmandu Post (2026). Des hardes venues d’Inde traversent aussi la frontière dans l’est.
Non, pour l’instant. Selon Ekantipur, l’entrée du centre de Khorsor, à Sauraha, est gratuite depuis le 20 juillet 2026 pour les Népalais comme pour les étrangers, comme celle du centre d’élevage des gavials de Kasara.
Dans les parcs nationaux de Chitwan et de Bardia, en safari en jeep ou lors d’une marche guidée. Gardez toujours vos distances : un éléphant sauvage peut charger.
Dans son arrêt du 17 décembre 2025, publié en juillet 2026, elle estime que la monte doit être reconsidérée et propose des « marches avec les éléphants », avec un cadre légal pour la transition.
Oui. Comme les promenades et les spectacles, il est dénoncé par les défenseurs du bien-être animal ; préférez l’observation à distance.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal