Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Freak Street, c’est le surnom que les années 1960 ont donné à Jhochhen Tole, une courte rue de la vieille ville de Katmandou, juste au sud de Durbar Square. Dans les années 1960 et au début des années 1970, elle a été l’étape mythique de la « route des hippies », quand de jeunes Occidentaux arrivaient d’Europe par la route pour trouver au Népal du haschich vendu légalement. Cette époque s’est achevée en 1973. Aujourd’hui, Freak Street est une rue calme, bordée de maisons newar, où l’on vient pour l’histoire, quelques cafés à l’ancienne et l’atmosphère de la vieille ville. Voici son histoire, ce qu’il reste à voir, ce que dit la loi sur le cannabis et nos conseils pratiques. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Nom népalais | Jhochhen Tole (ou Jhochhen Tol) |
| Situation | Vieille ville de Katmandou, juste au sud de Durbar Square (Basantapur) |
| Longueur | Moins d’un kilomètre : 5 à 10 minutes à pied (Nepal Traveller) |
| Âge d’or | Années 1960 et début des années 1970 ; la route des hippies s’éteint à la fin des années 1970 |
| Fin du haschich légal | Interdiction annoncée le 2 juillet 1973, appliquée le 16 juillet 1973 |
| Aujourd’hui | Rue calme : cafés, guesthouses simples, boutique de masques, librairie d’occasion |
| Billet à prévoir | Durbar Square : 1 000 NPR (étrangers hors ASACR), 500 NPR (ASACR) |
Selon Nepal Traveller, ce sont les habitants qui, dans les années 1960, ont commencé à appeler la rue « Freak Street », en raison de l’allure jugée étrange, « freak », des hippies qui s’y retrouvaient. Le surnom est resté, au point d’éclipser chez les voyageurs le nom népalais de Jhochhen Tole. Si vous demandez votre chemin ou prenez un taxi, donnez les deux noms.
Dans les années 1960 et au début des années 1970, de jeunes Occidentaux gagnaient Katmandou par la route, depuis l’Europe, via l’Afghanistan et l’Inde (Kathmandu Post). Le Népal faisait alors figure d’exception : le cannabis s’y vendait légalement, dans des boutiques sous licence. Selon le Kathmandu Post, la ville comptait plus de trois douzaines de ces échoppes.
La plus célèbre, l’Eden Hashish Centre, occupait un bâtiment traditionnel de cinq étages à l’entrée de Jhochhen. Son fondateur, arrivé en bus de Baitadi en 1967, éditait des calendriers illustrés de dieux et de déesses, devenus depuis des objets de collection (Kathmandu Post, 2018).
Les autorités toléraient ces petites colonies tant qu’elles ne causaient pas de troubles. Un diplomate américain, agent consulaire à l’ambassade des États-Unis à Katmandou de décembre 1969 à juin 1971, raconte dans les archives orales de l’ADST que les fauteurs de troubles étaient arrêtés, embarqués à l’arrière de camions et expulsés vers l’Inde ; il suffisait parfois de repasser la frontière à pied pour retrouver le même camion, prêt à les remonter à Katmandou.
Le vent tourne au début des années 1970. Les États-Unis font pression sur Katmandou pour mettre fin à ce commerce : le Kathmandu Post rappelle la visite du vice-président américain Spiro Agnew en 1970 pour négocier sur la politique antidrogue. Le 2 juillet 1973, le Premier ministre Kirti Nidhi Bista annonce l’interdiction du cannabis, avec un délai de deux semaines. Le 16 juillet 1973, l’interdiction entre en vigueur : c’en est fini du commerce légal du haschich (Kathmandu Post).
Le fondateur de l’Eden Hashish Centre peint alors en noir les murs de sa boutique, en signe de protestation (Kathmandu Post). La scène s’éteint peu à peu : à la fin des années 1970, la route des hippies s’est largement dissoute (Nepal Traveller). Avec l’essor du trek, les voyageurs se déplacent vers Thamel, plus confortable, qui devient le nouveau centre des voyageurs (The Longest Way Home). Selon ce même guide, Freak Street est restée calme jusque vers 2015, quand quelques nouveaux restaurants ont ouvert ; la pandémie les a durement frappés, et beaucoup servent désormais surtout une clientèle locale ou ont fermé.
Ne vous attendez pas à un musée de la contre-culture : Freak Street est aujourd’hui « plus calme, mais pas oubliée », résume Nepal Traveller (avril 2026). Sa longueur se parcourt en 5 à 10 minutes, mais elle se savoure lentement. Ouvrez l’œil :
Les amateurs de livres anciens prolongeront la balade avec notre page librairies à Katmandou.
Malgré la légende de la rue, le cannabis reste interdit au Népal : le commerce sous licence a pris fin en 1973, et la loi de 1976 sur le contrôle des stupéfiants (Narcotic Drugs (Control) Act) en prohibe la culture (Kathmandu Post). Le gouvernement du Canada rappelle que les peines pour la possession, l’usage ou le trafic de drogues illicites sont sévères et peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité.
Seule évolution récente : la province de Gandaki, celle de Pokhara, a adopté une loi autorisant la culture du cannabis à des fins médicales et industrielles, sous licence et dans des zones désignées ; son chef de province l’a authentifiée le 3 août 2026. Selon le Kathmandu Post, l’usage récréatif et la culture sans licence restent illégaux, et les règles d’application restaient à rédiger avant la délivrance de toute licence. Pour le voyageur, rien ne change au 14 octobre 2026 : n’achetez rien, ne transportez rien, et refusez poliment toute proposition dans la rue, à Katmandou comme à Pokhara.
Le détail des règles est expliqué sur notre page cannabis et drogues au Népal : ce que dit la loi.
Freak Street mène à Basantapur, la partie sud de Durbar Square, l’ensemble de palais et de temples de l’ancienne cour royale. Nous n’avons trouvé aucune source mentionnant un billet propre à Freak Street ; l’accès au site de Durbar Square, en revanche, est payant pour les étrangers :
| Visiteur | Droit d’entrée à Durbar Square | Source |
|---|---|---|
| Étranger hors ASACR | 1 000 NPR | RSS, repris par Onlinekhabar (septembre 2025) |
| Ressortissant d’un pays de l’ASACR | 500 NPR | RSS, repris par Onlinekhabar (septembre 2025) |
| Citoyen népalais | Gratuit (le musée reste payant) | RSS, repris par Onlinekhabar (septembre 2025) |
| Enfant de moins de 10 ans | Gratuit | Nepal Traveller (juillet 2026) |
Au taux de la référence commune (1 € ≈ 171 NPR ; 1 $ CA ≈ 107 NPR), 1 000 NPR représentent un peu moins de 6 € ou un peu plus de 9 $ CA. Selon Nepal Traveller, le billet couvre le complexe principal, dont le musée Tribhuvan ; gardez-le sur vous, car il peut être demandé quand vous passez d’une partie du site à l’autre. Si vous logez dans le quartier plusieurs jours, demandez au bureau du site s’il existe une formule valable plusieurs jours.
Quelques conseils pour une visite réussie :
Pour vivre le quartier en fête, Nepal Traveller suggère de faire coïncider la visite avec une célébration comme Indra Jatra, la grande fête de Katmandou.
Quelques guesthouses économiques subsistent dans la rue et ses abords, héritières des lodges bon marché de l’époque hippie. The Longest Way Home note que très peu acceptent les réservations en ligne : le plus simple est de passer et de demander à voir la chambre avant de payer. C’est une option pour qui veut loger au cœur de la vieille ville, au calme, à deux pas de Durbar Square, avec un confort simple.
Pour un choix plus large, Thamel reste le quartier le plus pratique, surtout avant un trek. Notre comparatif où dormir à Katmandou vous aidera à choisir.
Freak Street est le point de départ idéal d’une promenade à pied dans la vieille ville, du sud vers le nord :
Notre page promenade à pied dans Katmandou détaille ce parcours étape par étape. Comptez une demi-journée en prenant le temps de visiter Durbar Square.
Freak Street ne justifie pas un détour à elle seule, mais elle donne de la profondeur à la visite de Durbar Square : en quelques minutes de marche, on passe des palais royaux aux souvenirs d’une génération venue chercher au Népal une autre façon de vivre. Prenez un thé dans un vieux café, regardez les façades, et laissez la vieille ville vous emmener plus loin. Si vous préférez découvrir Katmandou accompagné, pensez à notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy. Et pour préparer tout le reste, rendez-vous sur notre page pilier voyage au Népal.
Freak Street, de son nom népalais Jhochhen Tole, est une courte rue de la vieille ville, juste au sud de Durbar Square (Basantapur). On la parcourt en 5 à 10 minutes à pied.
Dans les années 1960, les habitants l’ont surnommée ainsi à cause de l’allure jugée étrange, « freak », des hippies qui s’y retrouvaient pour le haschich, alors vendu légalement dans des boutiques sous licence.
L’interdiction a été annoncée le 2 juillet 1973 par le Premier ministre Kirti Nidhi Bista et est entrée en vigueur le 16 juillet 1973, après un délai de deux semaines ; elle a mis fin au commerce légal du haschich.
Non. Au 14 octobre 2026, l’usage récréatif reste illégal dans tout le pays ; la loi adoptée en août 2026 par la province de Gandaki ne vise que la culture médicale et industrielle sous licence. Le gouvernement du Canada rappelle que les peines liées aux drogues sont sévères, jusqu’à la prison à perpétuité.
Nous n’avons trouvé aucune source mentionnant un billet propre à la rue. Durbar Square, au bout de la rue, est payant pour les étrangers : 1 000 NPR hors ASACR et 500 NPR pour l’ASACR, selon les tarifs de septembre 2025, confirmés en juillet 2026.
Oui, quelques guesthouses économiques subsistent. Peu acceptent les réservations en ligne : passez demander à voir la chambre. Pour un choix plus large, Thamel reste plus pratique.
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