Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Un bandh au Népal est une grève générale imposée à toute une ville, une région ou au pays entier : les boutiques baissent le rideau, les écoles ferment et les véhicules restent au garage. Pour un voyageur, cela signifie surtout des bus annulés, des taxis introuvables et parfois une route vers l’aéroport bloquée. Les bandhs ne visent pas les touristes, mais ils peuvent vous immobiliser une journée ou plus. Voici comment ils fonctionnent, ce qu’ils changent concrètement et comment réagir. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le mot vient du népali « banda », qui signifie « fermé ». Un parti politique, un syndicat, un groupe ethnique ou régional appelle à « fermer » une zone pour faire pression sur le gouvernement. Selon le SPF Affaires étrangères belge, lors d’un bandh les magasins, les écoles et la circulation publique sont à l’arrêt, et ces grèves peuvent éclater rapidement. Le gouvernement du Canada précise qu’elles peuvent survenir avec très peu de préavis, partout dans le pays. La Suisse ajoute que bandhs et barrages routiers sont souvent annoncés à court terme, au niveau local, régional ou national, et qu’ils peuvent entraîner des difficultés d’approvisionnement lorsqu’ils se prolongent.
Il existe plusieurs formes de mouvements, qu’il est utile de distinguer :
| Type | Ce qui se passe | Impact pour le voyageur |
|---|---|---|
| Bandh (grève générale) | Commerces, écoles et circulation à l’arrêt sur une zone | Bus et taxis très rares, routes parfois bloquées |
| Grève sectorielle | Un secteur cesse le travail (transport, taxis…) | Difficulté à rejoindre l’aéroport ou une autre ville |
| Barrage routier (« chakka jam ») | Des manifestants bloquent une route ou un carrefour | Trajet interrompu, longs retards |
| Manifestation | Rassemblement et défilé, parfois tendu | Quartiers bouclés, risque d’affrontements |
| Couvre-feu | Interdiction officielle de circuler décrétée par les autorités | Obligation de rester à l’intérieur, sauf exceptions prévues |
C’est sur la route que le bandh se fait sentir. Le Canada signale que des touristes ont été blessés en utilisant les transports publics pendant ou juste avant un bandh. Il prévient aussi que les trajets vers les aéroports peuvent être perturbés et que les contrôles de police et de l’armée sont fréquents, surtout la nuit.
Les vols eux-mêmes ne s’arrêtent pas à chaque bandh, mais rejoindre l’aéroport peut devenir compliqué, et la Suisse signale des perturbations et des retards accrus dans le trafic routier comme aérien. En cas de crise grave, l’aéroport peut fermer : le 9 septembre 2025, en pleine révolte « Gen Z », l’aéroport international Tribhuvan de Katmandou a cessé ses activités près de 24 heures, selon le Kathmandu Post, laissant des centaines de passagers bloqués. Pour connaître le fonctionnement normal de l’aéroport, voyez notre page aéroport de Katmandou.
La France est explicite : les étrangers ont l’interdiction de participer à des manifestations contre les autorités népalaises. Votre visa touristique vous autorise à faire du tourisme, pas à prendre part à la vie politique du pays. Au-delà de la règle, c’est une question de sécurité : le Canada rappelle que même des manifestations pacifiques peuvent devenir violentes à tout moment, et la Belgique demande d’éviter « à tout prix » les manifestations et les foules.
Les 8 et 9 septembre 2025, un soulèvement de la jeunesse a fait 76 morts et poussé le premier ministre K. P. Sharma Oli à la démission ; Sushila Karki est ensuite devenue première ministre intérimaire. Des couvre-feux ont été imposés dans plusieurs villes, dont Katmandou, et l’aéroport a fermé près de 24 heures. L’Office du tourisme népalais demandait alors aux voyageurs de rester à l’intérieur et de contacter leur ambassade ou la police touristique au 1144.
Depuis, le pays a voté : les élections du 5 mars 2026 ont donné la victoire au RSP (182 sièges sur 275), et Balendra « Balen » Shah est premier ministre depuis le 27 mars 2026. La leçon reste valable : une crise peut éclater vite. Les voyageurs les mieux préparés étaient ceux qui avaient une marge avant leur vol, une assurance à jour et les coordonnées de leur ambassade. Le contexte politique est résumé dans notre dossier le Népal est-il sûr en 2026.
Un couvre-feu n’est pas un bandh : c’est une décision des autorités, qui interdit de circuler dans une zone et pendant des heures précises. Il est donc obligatoire, y compris pour les touristes, et la Suisse prévient qu’il est généralement décrété à court terme. En septembre 2025, des couvre-feux ont été décrétés dans plusieurs villes, dont Katmandou ; le 10 septembre, l’armée a imposé des mesures d’interdiction jusqu’à 17 h, suivies d’un couvre-feu jusqu’au lendemain 6 h, et seuls les services essentiels (ambulances, corbillards, pompiers, services de santé et véhicules de sécurité) pouvaient rouler, selon le média économique B360. Plus récemment, fin juillet 2026, des affrontements intercommunautaires ont conduit à des couvre-feux dans l’est du Teraï, dont un couvre-feu illimité à Janakpur, selon le Kathmandu Post. Enfin, lors des journées d’élections nationales, le gouvernement peut interdire toute circulation dans le pays et suspendre les vols intérieurs, rappelle la Suisse.
Un bandh peut toucher n’importe quelle région. Le Canada note que les manifestations politiques ont été particulièrement violentes à Katmandou et dans le sud du pays, le long de la frontière indienne, au point de perturber parfois le passage des frontières. La Belgique conseille de se renseigner auprès des autorités locales ou de voyagistes avant tout voyage dans le Teraï, la plaine du sud, ou dans l’extrême est du pays, et la Suisse juge réel le risque de troubles locaux, de barrages routiers et de bandhs dans le Teraï. Si votre itinéraire passe par le Teraï, par exemple vers Lumbini ou Janakpur, gardez de la souplesse dans votre programme. En trek, un bandh touche surtout le trajet routier d’approche : une fois sur le sentier, il change peu de chose. Le vrai risque est au retour, quand une route bloquée vous empêche de rejoindre Katmandou à temps pour votre vol : c’est là que les jours de réserve prévus dans votre itinéraire prennent toute leur valeur.
Un bandh peut vous faire rater un vol intérieur ou international. Quelques précautions limitent les dégâts :
Pour préparer l’ensemble de votre séjour, consultez nos conseils avant le départ et notre page pilier voyage au Népal.
C’est une grève générale imposée à une ville, une région ou au pays entier : commerces, écoles et circulation s’arrêtent. Le mot vient du népali « banda », qui signifie « fermé ».
C’est fortement déconseillé : le Canada recommande d’éviter les transports publics pendant un bandh ou juste avant, car des touristes ont été blessés. Restez à votre hébergement et décalez vos trajets.
Oui, les trajets vers les aéroports peuvent être perturbés. En septembre 2025, l’aéroport de Katmandou a même fermé près de 24 heures pendant le soulèvement « Gen Z ».
Non. Les étrangers ont l’interdiction de participer à des manifestations contre les autorités, et les gouvernements recommandent d’éviter tout rassemblement.
La police touristique au 1144 (gratuit), votre hébergement ou votre agence, et votre ambassade ou consulat si la situation se dégrade.
Oui : décrété par les autorités, il est obligatoire pour tous, touristes compris. Lors du couvre-feu de septembre 2025, seuls les services essentiels pouvaient circuler ; restez à l’intérieur et, si vous devez rejoindre l’aéroport, faites-vous aider par la police touristique (1144) ou votre ambassade.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal