Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
La saison de l’Everest 2026 restera celle des records côté népalais : jamais autant de permis n’avaient été délivrés, jamais autant d’alpinistes n’avaient atteint le sommet en un printemps. Elle a aussi été celle d’une voie ouverte en retard, d’un versant tibétain fermé, d’un débat politique sur l’accès au sommet et, à l’automne, d’un grave accident d’hélicoptères dans la vallée du Khumbu. Voici les chiffres officiels, les règles en vigueur et ce que tout cela change si vous partez en trek vers le camp de base. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
| Indicateur | Printemps 2026 | Source |
|---|---|---|
| Permis d’ascension de l’Everest | 492 (record ; 478 en 2023) ; 495 selon le décompte d’Alan Arnette | Department of Tourism, cité par le Kathmandu Post (8 mai 2026) |
| Ascensions réussies | 1 008 (record) | Department of Tourism, cité par le Kathmandu Post (29 mai 2026) |
| Redevances de l’Everest | environ 1,07 à 1,08 milliard de roupies | Kathmandu Post |
| Permis tous sommets | 944 alpinistes de 76 pays sur 30 sommets au 23 avril ; 1 195 permis sur 31 sommets au 1er juin | The Himalayan Times (24 avril 2026) ; ministère du Tourisme cité par Alan Arnette (2 juin 2026) |
| Morts sur l’Everest | cinq (trois Népalais, deux Indiens) | Décompte d’Alan Arnette (2 juin 2026), recoupé par la presse |
Selon le Kathmandu Post, les 492 permis du printemps 2026 dépassent le précédent sommet de 478, atteint en 2023 ; les opérateurs attribuent cette ruée en grande partie à la fermeture du versant tibétain. Le 29 mai, jour de l’Everest au Népal, le coordinateur du bureau de terrain du Department of Tourism au camp de base annonçait 1 008 ascensions réussies, bien au-delà de l’ancien record d’une saison. Le spécialiste américain Alan Arnette, qui suit chaque saison, a compté 274 sommets en une seule journée, le 20 mai, un record pour un printemps ; il donne 495 permis pour l’Everest, un chiffre légèrement différent de celui du Department of Tourism, qui fait foi. Pour l’histoire et les mesures de la montagne, voyez notre page l’Everest en faits et chiffres.
Le Népal a relevé ses redevances le 1er septembre 2025. Pour un alpiniste étranger qui emprunte la voie normale du col Sud au printemps, le permis est passé de 11 000 à 15 000 USD, une hausse de 36 %, selon le Kathmandu Post. Pour les alpinistes népalais, le permis de printemps a doublé, de 75 000 à 150 000 roupies. Ce montant n’est que la redevance : une expédition commerciale complète coûte bien davantage, avec l’oxygène, les sherpas, la logistique et l’assurance. Le détail des postes est sur notre page gravir l’Everest : permis et coût.
Le trekkeur qui vise le camp de base n’est pas concerné : il ne paie que les droits d’entrée de la région, soit 3 000 roupies pour le parc national de Sagarmatha et 3 000 roupies pour le permis local de la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu, au 4 novembre 2026. Voyez notre page sur les permis de la région de l’Everest.
La saison a commencé par une longue attente. Selon The Himalayan Times du 24 avril 2026, un sérac suspendu juste sous le camp I empêchait les « Icefall Doctors », les sherpas chargés d’équiper la cascade de glace du Khumbu, de poser leurs échelles. Les travaux avaient commencé le 16 mars, alors que la voie est habituellement ouverte dès la première semaine d’avril. Selon Alan Arnette, l’équipement de la voie n’a pu reprendre que le 26 avril, alors qu’en 2025 la cascade était équipée dès le 10 avril. La crainte était de revivre la catastrophe de 2014, quand l’effondrement d’un sérac avait balayé la cascade.
Le jet-stream a ensuite cloué les expéditions au camp de base et au camp II. Une tempête vers les 9 et 10 mai a apporté de la neige, puis les vents forts sont revenus au sommet pendant plusieurs jours, resserrant la fenêtre météo, selon le bilan d’Alan Arnette. Le Kathmandu Post rapportait le 8 mai qu’un expert jugeait gérable un flux d’environ 200 alpinistes par jour si la météo tenait ; la journée du 20 mai a dépassé ce seuil.
Alan Arnette compte cinq morts sur l’Everest au printemps 2026 : trois Népalais (les 3, 10 et 11 mai, entre le chemin du camp de base et la face du Lhotse) et deux alpinistes indiens morts le 22 mai en redescendant du sommet. La presse indienne et internationale a confirmé ces deux décès, le Department of Tourism indiquant que leur cause exacte n’était pas encore connue. Un sherpa porté disparu le 29 mai a été retrouvé vivant le 4 juin, après une chute dans une crevasse. Deux alpinistes, un Tchèque et une Américaine, sont aussi morts sur le Makalu le 10 mai.
La Chine a fermé le versant nord aux expéditions étrangères avec un préavis d’environ deux semaines, sans explication officielle, selon Alan Arnette. Cette fermeture explique en partie la ruée sur les permis népalais : en avril, les Chinois formaient le premier contingent de l’Everest côté népalais, avec 98 alpinistes, devant les Américains et les Indiens (The Himalayan Times).
Le grand sujet de 2026 est le projet de loi intégrée sur le tourisme. Déposé le 9 février 2026 par le ministre du Tourisme, il a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale, chambre haute du Parlement (Kathmandu Post, 14 février 2026). Le 8 juillet 2026, la Chambre des représentants l’a renvoyé à sa commission des relations internationales et du tourisme pour un examen article par article. Le texte exigerait, pour obtenir un permis de l’Everest, un certificat médical récent et la preuve d’un sommet de plus de 7 000 m au Népal ; une expérience équivalente à l’étranger ne compterait pas. Le 22 juillet 2026, le Kathmandu Post rapportait que 58 députés avaient déposé 263 amendements, examinés article par article en commission : sommets préalables de 7 000 et 8 000 m, mise aux enchères des permis, zéro déchet, suivi par code QR du matériel monté au-delà du camp de base, guides licenciés obligatoires sur les itinéraires à risque, vente des expéditions réservée aux agences enregistrées au Népal.
Point essentiel : tant que la Chambre des représentants n’a pas voté, que l’Assemblée nationale n’a pas réexaminé le texte amendé et que le président n’a pas promulgué la loi, aucune de ces dispositions n’a d’effet juridique. Au 4 novembre 2026, nous n’avons trouvé aucune source annonçant la fin de l’examen en commission ni un vote de la Chambre. Le ministère visait une application pour le printemps 2027 : si vous préparez une expédition, faites confirmer les conditions par votre agence au moment de réserver.
Sur le terrain, des règles plus strictes ont déjà été appliquées au printemps 2026 : le comité de contrôle de la pollution de Sagarmatha imposait de traverser vite le passage exposé aux chutes de pierres, une personne à la fois sur les échelles et toujours attachée aux cordes fixes (Kathmandu Post). La consigne de redescendre les déchets de tous les camps a, selon Alan Arnette, été largement ignorée au col Sud.
L’automne est la saison des trekkeurs plus que des alpinistes de l’Everest. Selon le Department of Tourism cité par le quotidien Republica le 29 septembre 2026, 637 alpinistes de 68 équipes avaient reçu un permis pour 18 sommets, dont 500 pour le Manaslu ; l’Everest n’y figurait pas parmi les sommets cités.
Le 3 novembre 2026, vers 8 heures, deux hélicoptères, l’un de Fishtail Air et l’autre d’Air Dynasty, sont entrés en collision en se posant sur l’aire d’atterrissage de Pheriche, dans la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu. Selon Outlook India et NewsGram (3 novembre 2026), un touriste indien de 47 ans, passager de l’appareil de Fishtail Air, a été tué et trois personnes ont été blessées : un autre passager, résident néo-zélandais, transporté à Katmandou, et les deux pilotes népalais ; l’hélicoptère de Fishtail Air ramenait des personnes évacuées de la haute vallée, celui d’Air Dynasty ne transportait que du fret selon la compagnie. L’Autorité de l’aviation civile du Népal (CAAN) a demandé aux autorités compétentes d’enquêter sur les causes, et la police a ouvert une enquête. Pheriche est une étape classique du trek du camp de base, où se croisent trekkeurs, porteurs et hélicoptères.
Cet accident rappelle que les hélicoptères sont omniprésents dans le Khumbu : évacuations, ravitaillement, survols. L’avis aux voyageurs du Canada, mis à jour le 3 novembre 2026, signale par ailleurs des arnaques documentées aux évacuations héliportées : évacuations inutiles, pression pour partir sans examen médical, factures gonflées. Il conseille de recourir à des compagnies enregistrées et de demander une évaluation médicale avant d’accepter une évacuation quand c’est possible. Lisez notre page sur l’assurance voyage et le sauvetage en hélicoptère.
Pour préparer la marche elle-même, consultez notre page sur le trek du camp de base de l’Everest, et pour l’ensemble de votre séjour, notre page pilier voyage au Népal.
Selon le Department of Tourism, 1 008 alpinistes ont atteint le sommet par le versant népalais au printemps 2026, un record. Le Népal avait délivré 492 permis d’ascension, un autre record.
Depuis le 1er septembre 2025, un étranger paie 15 000 USD pour la voie normale du col Sud au printemps, contre 11 000 USD auparavant. Une expédition complète coûte bien davantage.
Pas au 4 novembre 2026. Le projet de loi sur le tourisme qui l’exigerait a été adopté par l’Assemblée nationale en février 2026 ; il est examiné en commission par la Chambre des représentants depuis juillet et doit encore être voté puis promulgué.
Deux hélicoptères, de Fishtail Air et d’Air Dynasty, sont entrés en collision en se posant à Pheriche. Un passager indien a été tué et trois personnes ont été blessées ; la CAAN a demandé une enquête.
Le spécialiste Alan Arnette compte cinq morts sur l’Everest au printemps 2026 : trois Népalais et deux alpinistes indiens morts le 22 mai en redescendant du sommet.
La municipalité de Khumbu Pasang Lhamu n’applique pas l’obligation de guide depuis 2023, mais des documents officiels restent ambigus. Faites confirmer la règle par écrit avant de partir sans guide.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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