Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les serpents du Népal inquiètent souvent les voyageurs qui partent pour Chitwan ou Bardia. La réalité est plus nuancée : les serpents venimeux existent bel et bien dans le Teraï, et les morsures y font chaque année des centaines de victimes, mais ce sont presque toujours des villageois qui travaillent aux champs ou dorment au sol. Un voyageur qui connaît la saison à risque, adopte quelques réflexes simples et sait quoi faire en cas de morsure réduit ce risque à très peu. Voici l’essentiel, d’après les données sanitaires et la presse népalaise de 2026. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
La grande majorité des morsures graves se produit dans le Teraï, la plaine chaude qui longe la frontière indienne. En 2026, la province de Madhesh a été la plus touchée, devant celles de Lumbini, de Koshi et de Sudurpaschim, selon The Himalayan Times. Mais la carte change : la presse népalaise signale de plus en plus de morsures dans des districts de collines et de montagne autrefois épargnés, ce que les experts relient au réchauffement, et le gouvernement a ouvert des centres de traitement dans des districts de collines comme le Syangja, le Rukum et le Ramechhap (Asia News Network, avril 2025).
| Serpent | Où | À savoir |
|---|---|---|
| Cobras (dont le cobra royal) | Teraï, champs, villages, lisières de forêt | Venin neurotoxique ; après une morsure de cobra royal ou de bongare, certains patients ont besoin de plus de 20 flacons d’antivenin, selon le Kathmandu Post |
| Bongares (kraits) | Teraï, maisons et abords des villages | Mordent la nuit des personnes endormies ; douleur parfois minime et marque peu visible |
| Vipère de Russell | Teraï, prairies et champs | Couverte par l’antivenin polyvalent importé d’Inde |
| Vipères à fossettes | Collines et montagnes | Non couvertes par l’antivenin disponible ; décès en hausse dans les collines |
Tous les serpents ne sont pas dangereux : beaucoup d’espèces du Népal sont inoffensives. Mais un voyageur ne peut pas les distinguer de façon fiable : considérez tout serpent comme potentiellement venimeux et ne vous en approchez pas.
La saison des morsures correspond à l’été et à la mousson : les pluies et les inondations poussent les serpents vers les habitations, et le travail aux champs bat son plein. Les chiffres de 2026 le montrent : 57 morts et 709 blessés entre le 14 avril et le 4 août, dans 64 districts, selon l’autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe (NDRRMA) citée par The Himalayan Times. Le centre de Gorusinge, dans le Kapilvastu, a soigné à lui seul plus de 500 cas depuis la mi-avril, selon le Kathmandu Post.
Ces chiffres officiels sont sous-estimés : beaucoup de victimes meurent avant d’atteindre un hôpital. Une étude publiée en mars 2022 dans The Lancet estimait à environ 2 700 le nombre de décès annuels, surtout des enfants et des femmes du Teraï, rapporte le Kathmandu Post (Republica arrondit à environ 3 000) : un ordre de grandeur très supérieur aux décès enregistrés officiellement. Pour le voyageur, la conclusion est simple : de la mi-avril à septembre, la vigilance s’impose dans le Teraï ; d’octobre à mars, saison sèche et plus fraîche, le risque est nettement plus faible, sans être nul. Voir notre page sur la mousson au Népal.
Peu, en général. Les victimes sont surtout des agriculteurs pauvres qui dorment par terre, ramassent la paille ou travaillent aux champs, et des habitants de maisons en terre aux murs percés de trous, selon une conférence de spécialistes rapportée par Republica. Le voyageur passe surtout ses nuits dans des chambres surélevées et marche de jour sur des sentiers fréquentés. Les situations à surveiller sont :
Selon les spécialistes cités par The Himalayan Times, environ 80 % des décès sont liés au temps perdu avant d’atteindre un centre de traitement, et au recours aux guérisseurs et aux remèdes traditionnels. La règle est donc de rejoindre un centre de soins le plus vite possible. Les CDC recommandent les gestes suivants :
| À faire | À ne pas faire |
|---|---|
| Rester calme, s’allonger ou s’asseoir, le membre mordu dans une position neutre | Poser un garrot ou un lien serré |
| Retirer bagues, bracelets et montre avant que le membre ne gonfle | Inciser la plaie ou la couper |
| Laver la morsure à l’eau et au savon et la couvrir d’un pansement propre et sec | Aspirer le venin |
| Marquer au stylo la limite du gonflement, avec l’heure | Appliquer de la glace ou plonger la plaie dans l’eau |
| Se faire transporter sans délai vers un centre de traitement, sans attendre les symptômes | Conduire soi-même, boire de l’alcool, prendre de l’aspirine ou de l’ibuprofène |
| Photographier le serpent de loin, si c’est possible sans risque | Tenter de capturer ou de tuer le serpent |
Une morsure de bongare peut être presque indolore et laisser une marque à peine visible, souligne The Himalayan Times : si vous vous réveillez avec une marque suspecte ou un malaise inexpliqué dans une région à serpents, considérez-le comme une urgence. À l’échelle mondiale, l’OMS estime que les morsures de serpents tuent chaque année entre 81 410 et 137 880 personnes, et rappelle qu’un antivenin de qualité est le traitement le plus efficace. Le gouvernement du Canada (voyage.gc.ca) range d’ailleurs les serpents parmi les animaux à ne pas approcher au Népal. Ces gestes de premiers secours ne remplacent pas un avis médical : seul un professionnel de santé peut décider d’un traitement. Avant le départ, consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage.
Le Népal soigne les morsures dans un réseau de centres de traitement des morsures de serpent, souvent installés dans les hôpitaux publics : la province de Madhesh en compte 27 et celle de Lumbini plus de 40, selon le Kathmandu Post. L’antivenin est fourni gratuitement par l’État et ne se vend pas en pharmacie (Asia News Network, 4 août 2026) ; les autres soins, comme la réanimation ou la dialyse, peuvent en revanche être facturés. Le Népal l’importe d’Inde : ce sérum polyvalent cible le cobra commun, le bongare commun, la vipère de Russell et l’échide carénée, une vipère qui n’a pas encore été trouvée au Népal ; il ne traite pas les morsures de vipères à fossettes (Kathmandu Post, 2024).
En août 2026, plusieurs centres de Madhesh et de Lumbini manquaient d’antivenin, faute de livraisons suffisantes du ministère fédéral de la Santé : la province de Lumbini, qui compte plus de 40 établissements, n’avait reçu que 60 flacons début août, et certains hôpitaux réorientaient les patients graves vers d’autres centres (Kathmandu Post, Asia News Network). Nous n’avons pas trouvé d’information plus récente sur l’état des stocks au 4 novembre 2026. En pratique, si vous séjournez dans le Teraï, repérez avec votre hébergement ou votre guide le centre de traitement ou l’hôpital le plus proche, et gardez sur vous les coordonnées de votre assureur. Voir nos pages sur les hôpitaux et cliniques au Népal et sur les numéros d’urgence au Népal.
Ne renoncez pas à Chitwan ou à Bardia par peur des serpents : en saison sèche, avec des chaussures fermées, une lampe et un guide, le risque est très faible. Pendant la mousson, redoublez de prudence dans le Teraï, surtout la nuit. Pour choisir la meilleure période, lisez notre page quand aller à Chitwan, et pour la faune du pays, notre page sur la faune du Népal. Pour préparer l’ensemble de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal.
Oui, surtout dans le Teraï, la plaine du sud : cobras, dont le cobra royal, bongares et vipère de Russell. Dans les collines et les montagnes, les vipères à fossettes causent aussi des morsures, de plus en plus signalées.
L’été et la mousson, à peu près de la mi-avril à septembre : pluies et inondations poussent les serpents vers les maisons. Du 14 avril au 4 août 2026, 57 personnes sont mortes et 709 ont été blessées après une morsure.
Le risque est faible : les victimes sont surtout des villageois qui dorment au sol ou travaillent aux champs. En marche dans la jungle ou la nuit, portez des chaussures fermées, une lampe et suivez votre guide.
Restez calme, allongez-vous, retirez bagues et montre, lavez la morsure et faites-vous transporter sans délai vers un centre de traitement. Pas de garrot, pas d’incision, pas de succion, pas de glace.
Oui : l’État le fournit gratuitement dans des centres de traitement, souvent dans les hôpitaux publics, et il ne se vend pas en pharmacie. Des pénuries ont été signalées en août 2026 dans les provinces de Madhesh et de Lumbini.
Le bongare mord souvent la nuit des personnes endormies, et la morsure peut être presque indolore et peu visible : la victime ne s’en rend compte que lorsque le venin agit. Toute marque suspecte au réveil impose une consultation d’urgence.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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