Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
La thukpa, soupe de nouilles venue du monde tibétain, est devenue l’un des plats réconfortants du Népal. Avec ses cousins, le thenthuk aux pâtes tirées à la main et le chowmein aux nouilles sautées, elle se mange dans les gargotes de Katmandou comme dans les lodges de montagne, où un bol fumant fait oublier le froid de l’étape. Voici les différentes soupes de nouilles du Népal, ce qu’elles contiennent, leur histoire, les meilleurs endroits pour les goûter et les précautions à prendre. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
En tibétain, thukpa désigne la soupe de nouilles en général. Selon Onlinekhabar, c’est une soupe de nouilles, de légumes et de viande, populaire à Katmandou et dans les régions de montagne, qu’on mange surtout en hiver ; la version népalaise est relevée de piment et de garam masala et servie avec du vinaigre au piment ou un achar de tomates épicé. Le Kathmandu Post (2019) distingue plusieurs familles de thukpa, d’après Pema Gurung, une cuisinière de Boudha qui a appris la thukpa de son père dans le Haut-Mustang.
| Plat | Ce que c’est | À savoir |
|---|---|---|
| Thenthuk | Soupe de pâtes tirées à la main, en petits morceaux plats | Bouillon d’os mijoté près d’une heure, radis, carotte |
| Gyathuk | Soupe de longues nouilles rondes ou plates, « à la chinoise » | Bouillon d’os versé sur légumes et viande en lamelles |
| Mothuk | Soupe de mini-momos (tsi-tsi momos) | Bouillon d’os de buffle, pak choï |
| Nouilles sèches à la viande hachée | Nouilles plates sans bouillon, huile pimentée | Pas une thukpa, faute de bouillon |
| Chowmein | Nouilles sautées aux légumes, à l’œuf ou à la viande | Pilier de la street food népalaise |
En tibétain, then signifie « tirer à la main » et thuk abrège thukpa, explique le Kathmandu Post. La pâte, de farine blanche ou complète, est pétrie, étalée en carré, coupée en longs rubans, puis tirée en petits morceaux rectangulaires jetés directement dans le bouillon d’os, mijoté près d’une heure avec du radis et de la carotte. La viande est coupée en gros morceaux : du yak au village, du buffle à Katmandou. Selon Onlinekhabar, le thenthuk est apprécié des communautés sherpa, tamang et tibétaine des hautes régions du Népal. Notre page sur la cuisine sherpa le replace parmi les plats d’altitude.
Gya signifie « chinois » : le gyathuk est la version la plus simple, avec deux sortes de nouilles, longues et rondes comme des spaghettis ou larges et plates comme des tagliatelles. Les nouilles sont bouillies à part, le radis, la carotte et la viande coupés en fines lamelles et cuits séparément, puis le bouillon d’os est versé par-dessus. Selon le Kathmandu Post, plusieurs fabriques de Boudha produisent ces nouilles fraîches.
Le mothuk est une thukpa garnie de tout petits momos, les tsi-tsi momos, « pas plus gros qu’un pouce » (tsi tsi veut dire « souris » en tibétain), farcis de buffle haché et d’oignon et cuits un peu plus de sept minutes dans un bouillon d’os de buffle, avec du pak choï frais. Pour tout savoir sur les raviolis eux-mêmes, lisez notre page sur les momos.
Le chowmein, nouilles sautées aux légumes, à l’œuf ou à la viande, est l’un des en-cas les plus répandus du pays. Dans un article publié par The Annapurna Express (2 décembre 2023), le chef népalais Binod Baral relie son arrivée dans les cuisines népalaises aux réfugiés tibétains des années 1960, qui apportèrent aussi les momos et la thukpa, puis à l’apparition des nouilles instantanées et des nouilles sèches aux œufs dans les années 1980, qui en ont fait un pilier de la street food. C’est l’avis d’un cuisinier, pas une étude historique, mais il résume bien le métissage tibétain, chinois et népalais de ces plats. Le même auteur note qu’à Dharan, dans l’est du pays, la thukpa se mange au petit-déjeuner.
Les nouilles instantanées, elles, sont une passion nationale. Selon le Kathmandu Post (août 2019), le Népal en consommait alors environ 4 millions de paquets par jour, soit quelque 53 paquets par habitant et par an, ce qui le plaçait au troisième rang mondial par habitant, derrière la Corée du Sud et le Vietnam. Les chiffres plus récents de l’Association mondiale des nouilles instantanées (WINA), repris par The Korea Times le 9 octobre 2025, donnent pour 2024 environ 54 portions par habitant au Népal, au quatrième rang mondial, derrière le Vietnam, la Corée du Sud et la Thaïlande. La marque Wai Wai, créée en Thaïlande en 1974 par la Thai Preserved Food Factory et fabriquée sous licence par le groupe népalais Chaudhary, est arrivée au Népal au milieu des années 1980 : 1984 selon le Kathmandu Post, 1985 selon d’autres sources. En 2019, elle détenait environ la moitié du marché selon son fabricant, au point que « wai wai » ou « chau chau » désignent couramment toutes les nouilles instantanées. Vous les croiserez partout : en soupe dans les lodges, ou mêlées au chatpate, la salade de rue épicée de riz soufflé.
Nous ne recommandons pas d’établissement, mais voici où chercher :
Pour aller plus loin, notre page sur la cuisine tibétaine au Népal présente les autres plats du même univers, de la tsampa au thé au beurre.
Une soupe servie bouillante est l’un des choix les plus sûrs pour un voyageur. Le gouvernement du Canada recommande de ne manger que des aliments bien cuits et encore chauds, d’éviter la viande crue ou mal cuite, les salades et les plats de crudités, et il déconseille de manière générale la nourriture des étals de rue. En pratique :
L’INSPQ recommande à tous les voyageurs au Népal les vaccins contre l’hépatite A et la typhoïde : consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant de partir. Nos conseils généraux sont sur la page hygiène au Népal.
Un bol de thenthuk après la kora de Boudha, une thukpa au lodge après une journée de marche, un chowmein avalé pendant une escale de bus : les nouilles accompagnent tout voyage au Népal. Pour situer ces plats dans l’ensemble de la table népalaise, lisez notre guide de la cuisine népalaise, et pour préparer votre séjour, notre page pilier voyage au Népal.
C’est une soupe de nouilles d’origine tibétaine, avec légumes et souvent viande. Au Népal, elle est relevée de piment et de garam masala et servie avec du vinaigre pimenté ou un achar de tomates.
Thukpa désigne les soupes de nouilles en général ; le thenthuk en est une variante aux pâtes tirées à la main en petits morceaux plats, cuites dans un bouillon d’os avec radis et carotte.
Une thukpa « à la chinoise » (gya signifie chinois), avec de longues nouilles rondes ou plates, bouillies à part et nappées de bouillon d’os sur des légumes et de la viande en lamelles.
À Boudha, autour du stupa de Boudhanath, quartier tibétain de la capitale, où les petits restaurants servent thukpa et thenthuk et où des fabriques locales produisent les nouilles fraîches.
Oui : elle figure sur la carte de presque tous les lodges. Servie bouillante, c’est un repas sûr ; en altitude, préférez la version végétarienne, la viande montant souvent de loin.
Oui : selon l’Association mondiale des nouilles instantanées, citée par The Korea Times en octobre 2025, le Népal en consommait environ 54 portions par habitant en 2024, au quatrième rang mondial. En 2019, le Kathmandu Post estimait la consommation à 4 millions de paquets par jour.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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