Dharan : la ville des Gurkhas, porte des collines de l’est du Népal

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Dharan compte de 166 000 à 173 000 habitants selon les tableaux du recensement de 2021 ; elle se trouve dans le district de Sunsari, au pied des collines, vers 350 m d’altitude.
  • Elle doit son surnom de « ville des Gurkhas » au camp britannique des Gurkhas établi près de la ville en 1960 et au centre de recrutement britannique, qui ont longtemps fait vivre la ville.
  • À voir : les temples de Dantakali, Pindeshwor et Budhasubba, et le belvédère de Bhedetar, à 1 420 m et à 18 km de route, avec vue jusqu’à l’Everest par temps clair.
  • La Koshi Highway monte vers Dhankuta et Hile (65 km), d’où une route rejoint Basantapur, porte de la crête aux rhododendrons de Tinjure-Milke-Jaljale.
  • Accès : vol de 35 minutes jusqu’à Biratnagar puis route par Itahari, ou environ 10 heures de bus depuis Katmandou.
Dharan vue des collines qui la dominent
Dharan vue des collines qui la dominent. Photo : Paritosh chaudhary, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Dharan, au Népal, est la ville où la plaine du Teraï bute sur les premières collines de l’est. Bourg de marché devenu une ville animée, elle est connue dans tout le pays comme la « ville des Gurkhas », héritage de l’ancien camp de recrutement britannique. Pour le voyageur, Dharan est surtout un excellent point de départ : vers le belvédère de Bhedetar, vers le sanctuaire de Baraha Kshetra, et surtout vers la Koshi Highway, qui grimpe vers Dhankuta et Hile, aux portes des collines et des treks de l’est. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Dharan en bref

Dharan appartient au district de Sunsari, dans la province de Koshi. La ville est installée au pied des collines, vers 350 m d’altitude, sur la Koshi Highway qui la relie au sud à Itahari, carrefour de la grande route est-ouest, et à Biratnagar. Au recensement de 2021, elle comptait de 166 531 à 173 096 habitants selon les tableaux publiés.

Ville de rencontre entre les collines et la plaine, Dharan mêle des populations venues de tout l’est du pays, ce qui se ressent dans la cuisine, les fêtes et l’animation du marché. Pour découvrir les peuples kirant de l’est, lisez notre page sur les Rai et Limbu.

Dharan, la ville des Gurkhas

En 1960, l’armée britannique installe près de Dharan un camp des Gurkhas, ces soldats népalais réputés qui servent dans l’armée britannique depuis le XIXe siècle. Avec le centre de recrutement britannique, ce camp a accéléré la croissance de la ville et marqué durablement son économie et son identité. Selon Wikipédia, son utilisation par les Gurkhas britanniques a pris fin au milieu des années 1990.

La ville abrite aujourd’hui le B. P. Koirala Institute of Health Sciences (BPKIHS), connu localement sous le nom de Ghopa Camp, fondé en 1993 et devenu université autonome des sciences de la santé en 1998. Avec un hôpital universitaire de 913 lits selon Wikipédia, c’est l’un des grands établissements hospitaliers de l’est du pays, une donnée utile à connaître si vous voyagez dans la région.

Que voir à Dharan ?

Les temples des collines

Trois sanctuaires, cités par Wikipédia parmi les hauts lieux religieux de la ville, sont les principaux lieux de visite :

  • Dantakali, dédié à la déesse Kali ;
  • Pindeshwor, temple de Shiva où les pèlerins viennent verser l’eau sacrée après s’être recueillis à Baraha Kshetra ; la foule y est très dense les lundis du mois de Shrawan (juillet-août) ;
  • Budhasubba, troisième grand sanctuaire de la ville.

Comme dans tous les temples du Népal, ôtez vos chaussures quand on vous le demande, ne touchez pas les offrandes et demandez avant de photographier les fidèles.

Le belvédère de Bhedetar

À 18 km de route au-dessus de Dharan par la Koshi Highway, Bhedetar est le balcon de la ville, à 1 420 m d’altitude selon Nepal Traveller. Sa tour d’observation, sur la colline de Shailung Danda surnommée « Charles Point », embrasse Dharan, Itahari, Biratnagar et le barrage de la Koshi ; par temps clair, la vue porte au nord jusqu’au Kumbhakarna, au Makalu, au Kangchenjunga et à l’Everest. L’air y est nettement plus frais qu’en ville : c’est le refuge des habitants du Teraï pendant les mois chauds. À proximité, le village magar de Namje, à 2,5 km, et la cascade de Singsuwa, à environ 8 km, se prêtent à de courtes excursions.

Baraha Kshetra, lieu de pèlerinage

Au confluent de la Koka et de la Koshi, à environ 5 km au nord-ouest de Dharan selon Wikipédia, Baraha Kshetra est l’un des quatre grands lieux de pèlerinage hindous du Népal (Char Dham), consacré à Vishnu sous sa forme de sanglier, Varaha. Les plus grandes foules s’y pressent à Kartik Purnima (en général en novembre) et à Makar Sankranti (mi-janvier) : évitez ces dates si vous cherchez le calme, ou choisissez-les pour l’ambiance. Renseignez-vous localement sur l’accès et sur l’état de la route après la mousson.

La Koshi Highway : Dhankuta, Hile et Basantapur

Au nord de Dharan, la Koshi Highway s’élève en lacets serrés dans les collines. Son tronçon de 75 km jusqu’à Dhankuta, commencé dans les années 1970 grâce à un don britannique, a été achevé en 1982. Longue de 390 km au total, la route se prolonge par Hile, Khandbari et Num jusqu’à Kimathanka, à la frontière chinoise.

ÉtapeIntérêtÀ savoir
BhedetarBelvédère vers 1 420 mPremière étape au-dessus de Dharan
DhankutaAncienne ville de collines, maisons traditionnellesVoir notre page dédiée
HileBourg de crête réputé pour le tongbaEnviron 65 km au nord de Dharan, vers 1 950 m ; embranchement vers Bhojpur et route vers Basantapur
BasantapurPorte de la crête de Tinjure-Milke-JaljaleBus ou jeep depuis Hile ou Dharan, puis jeep vers Gufa Pokhari, départ de la randonnée de Jaljale

Dhankuta mérite une nuit pour son atmosphère de ville de collines. Hile, plus haut, est connu pour son tongba, boisson chaude à base de millet fermenté, et pour la viande séchée (sukuti) : lisez notre page sur les alcools traditionnels népalais. Au-delà, la crête de Tinjure-Milke-Jaljale, déclarée zone de conservation des rhododendrons, abrite 28 des 32 espèces de rhododendrons du pays selon Nepal Traveller ; la floraison commence à la mi-janvier et culmine en avril, et la meilleure fenêtre de visite va de la mi-février à la mi-juin. Vérifiez permis et hébergement avant de monter depuis Basantapur.

Ces routes mènent aussi vers les grands treks de l’est, comme le trek du camp de base du Makalu et le trek du camp de base du Kangchenjunga, tous deux soumis à permis et à l’obligation d’un guide licencié : consultez nos pages dédiées pour leurs points de départ.

Comment aller à Dharan

  • En avion : volez de Katmandou à Biratnagar (environ 35 minutes de vol), puis rejoignez Dharan par la route via Itahari.
  • En bus : des bus relient Katmandou à Dharan par Sindhuli et Bardibas, soit environ 400 km et 10 heures de route selon Nepal Traveller. Le Canada recommande d’éviter les bus de nuit : lisez notre page sur les bus de nuit au Népal.

Depuis Dharan, la réserve de Koshi Tappu, haut lieu de l’ornithologie, est facile à atteindre par la plaine, et les jardins de thé d’Ilam se rejoignent plus à l’est.

Dharan et ses environs en 3 jours

JourProgrammeNuit
1Arrivée par Biratnagar et Itahari ; temples de Dantakali, Pindeshwor et Budhasubba en fin de journéeDharan
2Lever de soleil à Bhedetar, puis route vers Dhankuta par la Koshi HighwayDhankuta
3Excursion à Hile, dégustation de tongba, retour vers DharanDharan

Les pèlerins ajoutent volontiers une demi-journée pour Baraha Kshetra ; les amateurs d’oiseaux, une journée à Koshi Tappu. Si vous continuez vers les randonnées et les treks de l’est, réglez avant de quitter la plaine les questions d’argent liquide, de carte SIM et de permis, car les services se raréfient à mesure que l’on monte dans les collines.

Dormir et manger à Dharan

Ville étudiante, commerçante et animée, Dharan offre des hébergements variés, de la pension simple à l’hôtel de catégorie moyenne. Les restaurants et gargotes y sont nombreux et reflètent la diversité de la ville. Les réflexes habituels s’appliquent : plats bien cuits et servis chauds, eau en bouteille scellée ou traitée, et prudence avec l’alcool artisanal dont la fabrication n’est pas contrôlée.

Quand aller à Dharan ?

D’octobre à mars, le temps est le plus agréable et la visibilité depuis Bhedetar la meilleure, surtout en automne. Mars et avril sont déjà chauds en ville, mais c’est la grande saison des rhododendrons sur les crêtes, avec un pic de floraison en avril. Pendant la mousson, qui s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre selon le service météorologique népalais, les routes de collines sont exposées aux glissements de terrain, et le Canada rappelle que les routes de montagne peuvent alors devenir impraticables.

Conseils pratiques

  • Prévoyez deux jours pour Dharan, Bhedetar et les temples, davantage si vous montez vers Dhankuta et Hile.
  • Prenez une couche chaude pour Bhedetar et Hile : la différence de température avec la plaine est sensible.
  • Circulez de jour sur la Koshi Highway, sinueuse et fréquentée par les camions.
  • Évitez les rassemblements : les étrangers ont l’interdiction de participer aux manifestations au Népal.
  • Santé : en cas de problème, l’hôpital universitaire du BPKIHS est l’un des principaux établissements de la région ; vérifiez que votre assurance couvre les soins sur place.

Dharan n’est pas une destination de carte postale, mais c’est l’une des villes les plus vivantes de l’est et une porte idéale vers des régions encore peu fréquentées. Pour bâtir votre itinéraire, consultez notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Où se trouve Dharan au Népal ?

Dharan se trouve dans le district de Sunsari, province de Koshi, au pied des collines de l’est, vers 350 m d’altitude, au nord d’Itahari et de Biratnagar.

Pourquoi appelle-t-on Dharan la ville des Gurkhas ?

Parce qu’un camp britannique des Gurkhas y a été installé en 1960 et que le centre de recrutement britannique a longtemps fait vivre la ville. L’utilisation du camp par les Gurkhas britanniques a pris fin au milieu des années 1990.

Qu’est-ce que Bhedetar ?

C’est le belvédère de Dharan, à 1 420 m d’altitude et à 18 km de route au-dessus de la ville. Sa tour d’observation embrasse Dharan, Biratnagar et le barrage de la Koshi et, par temps clair, le Makalu, le Kangchenjunga et l’Everest.

Comment aller de Katmandou à Dharan ?

Le plus rapide est de voler jusqu’à Biratnagar, en 35 minutes environ, puis de rejoindre Dharan par la route via Itahari. En bus, comptez environ 400 km et 10 heures par Sindhuli et Bardibas.

Que faire autour de Dharan ?

Visiter les temples de Dantakali, Pindeshwor et Budhasubba, monter à Bhedetar, aller au sanctuaire de Baraha Kshetra, puis suivre la Koshi Highway vers Dhankuta et Hile, et la route de Basantapur.

Quand visiter Dharan ?

D’octobre à mars pour le confort et la visibilité, mars-avril pour les rhododendrons des crêtes, avec un pic en avril. Évitez la mousson, de mi-juin à début octobre, à cause des glissements de terrain.

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Sources consultées