Vaccins pour le Népal : le guide complet avant votre voyage

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Aucun vaccin n’est exigé à l’entrée au Népal, sauf la fièvre jaune si vous arrivez d’un pays à risque (dès 9 mois, y compris après un transit de plus de 12 h).
  • Recommandés pour presque tous : vaccins de routine à jour (rougeole surtout), hépatite A, hépatite B et typhoïde.
  • Selon le séjour : rage (trek, zones isolées, contact avec les animaux), encéphalite japonaise (zones rurales, séjours longs, Teraï de juin à octobre), choléra (selon les zones visitées).
  • Paludisme : pas de transmission à Katmandou, à Pokhara ni sur les treks himalayens classiques ; le risque se concentre sous 2 000 m dans l’ouest du pays (provinces de Sudurpashchim et de Karnali) selon les CDC.
  • Consultez une clinique santé-voyage idéalement six semaines avant le départ.
Séance de vaccination au bureau de santé du district, à Pokhara
Séance de vaccination au bureau de santé du district, à Pokhara. Photo : Department of Foreign Affairs and Trade, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Quels vaccins pour le Népal faut-il faire ? La réponse courte : mettez à jour vos vaccins de routine, ajoutez l’hépatite A, l’hépatite B et la typhoïde, puis discutez avec un professionnel de la rage et de l’encéphalite japonaise selon votre itinéraire. Aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer au pays, sauf la fièvre jaune pour les voyageurs qui arrivent d’un pays où elle circule. Ce guide synthétise les recommandations officielles du gouvernement du Canada, du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Institut Pasteur et des CDC américains. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Ce texte ne remplace pas une consultation : seul un médecin ou une clinique santé-voyage peut adapter les vaccins à votre âge, à votre état de santé, à vos vaccins antérieurs et à la durée de votre séjour. Pour une vue d’ensemble de la préparation, voyez aussi notre guide du voyage au Népal.

Les vaccins pour le Népal en un coup d’œil

VaccinPour quiCe qu’en disent les autorités
Vaccins de routine (rougeole, diphtérie, tétanos, polio, coqueluche)Tous les voyageursÀ mettre à jour avant tout départ ; le Canada a un avis de santé en vigueur sur la rougeole.
Hépatite ATous les voyageurs, dès 1 anRecommandée systématiquement (Canada, Institut Pasteur, CDC).
Hépatite BTous les voyageurs (CDC : non vaccinés de moins de 60 ans)Recommandée par le Canada pour tous les voyageurs.
TyphoïdeLa plupart des voyageursRecommandée par le Canada et les CDC ; l’Institut Pasteur la réserve aux séjours longs ou en hygiène précaire.
RageTreks, zones isolées, séjours longs, contact avec les animaux, jeunes enfantsDécision à prendre avec un professionnel.
Encéphalite japonaiseSéjours ruraux, longs ou répétés, notamment au Teraï en saison des pluiesRisque très faible pour la plupart des voyageurs (Canada) ; pic de juin à octobre (CDC).
CholéraSéjours dans des zones de transmission activeRisque très faible pour la plupart des voyageurs (Canada) ; vaccin à envisager selon les zones (CDC).
Fièvre jauneSeulement si vous venez d’un pays à risqueCertificat exigé dès 9 mois, y compris après un transit de plus de 12 h.

Les vaccins de routine : la rougeole d’abord

Avant d’ajouter des vaccins « exotiques », vérifiez votre carnet. Le ministère français rappelle l’importance d’être à jour pour la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, mais aussi pour la rougeole. Le gouvernement du Canada maintient un avis de santé aux voyageurs sur la rougeole et indique que la vaccination est le meilleur moyen de se protéger et de protéger les autres. Les CDC recommandent que tous les voyageurs internationaux soient complètement vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. En l’absence de preuve d’immunité, le Canada recommande une dose de vaccin aux personnes nées avant 1970 et deux doses à celles nées en 1970 ou après.

Si vous ne retrouvez pas votre carnet, dites-le au professionnel de santé : il saura vous proposer une conduite à tenir.

Hépatite A et typhoïde : les deux maladies de l’eau et des aliments

L’hépatite A est le vaccin le plus consensuel pour le Népal. L’Institut Pasteur la classe parmi les vaccins « systématiques » : une injection environ 15 jours avant le départ, puis un rappel un à trois ans plus tard (jusqu’à cinq ans), et ce dès l’âge de 1 an. Le Canada et les CDC la recommandent eux aussi à tous les voyageurs.

La typhoïde se transmet par l’eau et les aliments contaminés. Le Canada indique qu’un vaccin est recommandé pour la plupart des voyageurs à destination du Népal, tout comme les CDC. L’Institut Pasteur la conseille surtout pour les séjours prolongés ou dans des conditions d’hygiène précaires (une injection 15 jours avant le départ, dès 2 ans). Les CDC précisent que ce vaccin n’est pas efficace à 100 % : les précautions alimentaires restent indispensables. Nos guides sur l’eau potable au Népal et sur la turista au Népal détaillent ces gestes.

Hépatite B : un vaccin à long terme

Le gouvernement du Canada recommande la vaccination contre l’hépatite B à tous les voyageurs. Les CDC la recommandent aux voyageurs non vaccinés de moins de 60 ans, et l’envisagent au-delà. Cette maladie se transmet par le sang et les liquides biologiques : soins médicaux, tatouages, piercings, relations sexuelles non protégées. Le schéma demande plusieurs doses étalées : c’est une raison de plus pour consulter tôt.

La rage : le vaccin à discuter si vous partez en trek

La rage est présente au Népal. Selon le Canada, elle est portée notamment par les chiens et les chauves-souris ; les CDC précisent que les chiens enragés y sont fréquents. Le ministère français rappelle que la maladie est presque toujours mortelle une fois les symptômes déclarés.

Le point clé pour un voyageur au Népal est l’accès aux soins : les CDC signalent que les vaccins après exposition peuvent n’être disponibles que dans les grands établissements urbains. En trek, vous pouvez être à plusieurs jours de marche d’un hôpital. L’Institut Pasteur conseille la vaccination préventive pour les séjours prolongés ou aventureux, en cas d’isolement géographique et pour les jeunes enfants dès qu’ils marchent, avec un schéma de deux injections (J0 et J7).

Même vacciné, après toute morsure, griffure ou léchage sur une plaie : lavez immédiatement la plaie à l’eau et au savon pendant environ 15 minutes, comme le recommande le Canada, puis consultez sans attendre. Ne caressez pas les chiens errants ni les singes des temples, comme ceux du Monkey Temple de Katmandou.

Encéphalite japonaise : surtout pour le Teraï et les longs séjours

L’encéphalite japonaise est transmise par des moustiques qui se reproduisent dans les zones rurales, en particulier les rizières. Le Canada juge le risque très faible pour la plupart des voyageurs ; les personnes plus exposées peuvent envisager le vaccin : longs séjours, séjours en zone rurale, forte exposition aux moustiques. Les CDC le recommandent pour un séjour d’un mois ou plus en zone touchée et l’envisagent pour des séjours plus courts à risque (zones rurales, randonnée, camping, hébergement sans moustiquaire) ; ils ne le recommandent pas pour un court séjour urbain.

Le ministère français mentionne particulièrement la saison des pluies dans le Teraï, la plaine du sud où se trouve le parc national de Chitwan. Selon les CDC, la transmission culmine de juin à octobre, les taux les plus élevés sont relevés dans le Teraï, et le vaccin n’est pas recommandé d’office pour les treks en haute altitude. L’Institut Pasteur indique un schéma de deux injections espacées de 7 à 28 jours. Si vous prévoyez un safari en novembre ou un circuit Katmandou–Pokhara, la question se pose rarement ; un séjour de bénévolat de plusieurs mois en village, c’est autre chose.

Paludisme et dengue : pas de vaccin magique, mais une bonne protection

Bonne nouvelle pour la majorité des voyageurs : selon les CDC, il n’y a pas de transmission du paludisme à Katmandou, à Pokhara ni sur les treks himalayens classiques. Le risque concerne surtout les provinces de Sudurpashchim et de Karnali sous 2 000 m d’altitude, avec de rares cas ailleurs sous 2 000 m. Un traitement préventif peut être prescrit pour ces deux provinces : seul un médecin peut en juger. Ailleurs, les CDC ne prévoient pas de traitement préventif, seulement la protection contre les piqûres ; le ministère français cite, lui, en particulier le Teraï.

La dengue, elle, est bien présente au Népal. Le Canada précise qu’aucun vaccin ni médicament préventif n’est disponible au Canada ; l’Institut Pasteur mentionne un vaccin en France pour des cas très précis (à partir de 6 ans, épidémie avérée ou séjour de plus d’un mois en zone d’endémie). La protection repose donc sur les répulsifs, les vêtements longs et la moustiquaire. Notre page sur la dengue et le paludisme au Népal détaille les zones et les saisons.

Fièvre jaune et choléra : les cas particuliers

Il n’y a pas de fièvre jaune au Népal. Le certificat n’est exigé que si vous arrivez d’un pays à risque, ou si vous y avez transité plus de 12 heures, à partir de l’âge de 9 mois (Institut Pasteur, CDC). Un voyageur qui arrive directement du Canada, de France, de Belgique ou de Suisse n’est pas concerné.

Le choléra circule au Népal. Les CDC y décrivent une transmission active répandue et indiquent qu’un vaccin peut être envisagé pour les enfants et les adultes qui se rendent dans les zones touchées ; le Canada estime de son côté que la plupart des voyageurs courent un risque très faible. Fin août 2025, l’OMS appuyait la riposte à une flambée à Birgunj, ville frontalière de l’Inde, où plus de 600 cas de diarrhée aiguë avaient été recensés en une semaine. La vraie protection reste l’hygiène de l’eau et des aliments.

Calendrier : quand consulter et quoi prévoir

  1. Six semaines avant le départ : rendez-vous dans une clinique santé-voyage ou chez votre médecin. Le Canada conseille de consulter idéalement six semaines avant pour le paludisme ; c’est aussi le délai confortable pour les vaccins à plusieurs doses (hépatite B, rage, encéphalite japonaise).
  2. Apportez votre carnet et votre itinéraire précis : trek en altitude, Teraï, durée, saison.
  3. Deux semaines avant : idéalement, les injections d’hépatite A et de typhoïde sont faites (environ 15 jours avant selon l’Institut Pasteur).
  4. Dans le sac : copie du carnet de vaccination, trousse de premiers soins, répulsif, et une assurance voyage qui couvre le trek et l’évacuation.

En France, les vaccins faits uniquement pour un voyage ne sont en général pas remboursés par l’Assurance maladie, mais certaines complémentaires santé les prennent en charge : renseignez-vous auprès de la vôtre. Au Québec, votre CLSC ou Info-Santé 811 vous donne les coordonnées des cliniques santé-voyage ; ailleurs au Canada, vérifiez la prise en charge auprès de votre province et de votre assurance privée.

Les erreurs à éviter

  • Attendre la dernière semaine : certains schémas exigent plusieurs doses espacées.
  • Croire que le vaccin dispense des précautions : typhoïde, choléra et turista se préviennent surtout par l’eau traitée et la nourriture bien cuite.
  • Négliger une morsure de singe ou de chien : c’est une urgence médicale, même si vous êtes vacciné.
  • Oublier l’altitude : aucun vaccin ne protège du mal des montagnes. Lisez notre guide sur l’acclimatation en altitude et nos conseils avant le départ.

En résumé, les vaccins pour le Népal tiennent en une formule : routine à jour, hépatites A et B, typhoïde, puis rage et encéphalite japonaise selon votre voyage. Consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage pour un avis personnalisé : les recommandations ci-dessus sont celles en vigueur au 14 octobre 2026.

Questions fréquentes

Quels vaccins sont obligatoires pour aller au Népal ?

Aucun pour un voyageur arrivant directement d’Europe ou du Canada. Seul le certificat de fièvre jaune est exigé, dès 9 mois, si vous arrivez d’un pays à risque ou y avez transité plus de 12 heures.

Quels vaccins sont recommandés pour le Népal ?

Les vaccins de routine à jour (notamment la rougeole), l’hépatite A, l’hépatite B et la typhoïde. La rage et l’encéphalite japonaise se discutent selon le trek, la durée et les zones visitées.

Faut-il un traitement contre le paludisme pour le Népal ?

Pas pour Katmandou, Pokhara ou les treks himalayens classiques, où il n’y a pas de transmission selon les CDC. Un traitement peut être prescrit pour les zones situées sous 2 000 m des provinces de Sudurpashchim et de Karnali, dans l’ouest du pays : seul un médecin peut en décider.

Le vaccin contre la rage est-il utile pour un trek au Népal ?

Il est souvent conseillé pour les treks et les séjours isolés, car les vaccins après morsure ne sont parfois disponibles que dans les grandes villes. La décision se prend avec un professionnel de santé.

Combien de temps avant le départ faut-il se faire vacciner ?

Idéalement six semaines avant, pour laisser le temps aux vaccins à plusieurs doses. L’hépatite A et la typhoïde se font environ 15 jours avant le départ.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées