Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les vautours du Népal sont l’une des grandes histoires de la conservation en Asie du Sud. Presque anéantis en vingt ans par un médicament vétérinaire, ils reviennent lentement grâce à l’interdiction de ce produit, à des « restaurants » où ils trouvent une nourriture saine et à la vigilance des villageois. Pour le voyageur, c’est aussi un spectacle : neuf espèces, des colonies de nidification dans les plaines et, en montagne, le grand vol du gypaète au-dessus des vallées. Voici ce qu’il faut savoir pour les voir, où, quand et comment se comporter. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
Le Népal accueille neuf espèces de vautours : six résidentes et trois migratrices, selon un entretien publié par Mongabay en 2024. Quatre sont classées en danger critique d’extinction sur la liste rouge mondiale de l’UICN : le vautour chaugoun (ou vautour à dos blanc), le vautour à long bec, le vautour royal (à tête rouge) et le vautour indien, rappelle le Kathmandu Post. Certains articles de 2026 n’en citent que trois (chaugoun, indien, à long bec) parce qu’ils omettent le vautour royal, pourtant lui aussi en danger critique. On les rencontre des plaines du Teraï aux vallées himalayennes.
| Espèce | Statut au Népal | Où la chercher |
|---|---|---|
| Vautour chaugoun (à dos blanc) | Résident, en danger critique | Teraï et vallées basses : Nawalpur, Rupandehi, Kapilvastu, vallée de Pokhara |
| Vautour à long bec | Résident, en danger critique | Plaines et collines basses, en petit nombre ; niche dans la vallée de Pokhara |
| Vautour royal (à tête rouge) | Résident, en danger critique | Teraï, en petit nombre |
| Vautour indien | Rare, en danger critique | Très occasionnel ; absent du recensement de 2021 |
| Vautour de l’Himalaya | Résident | Collines et montagnes, vallées de trek |
| Percnoptère d’Égypte | Résident | Collines, villages, abords des villes |
| Gypaète barbu | Résident | Haute montagne : Mustang, Everest, Annapurnas |
| Vautour moine | Visiteur d’hiver | Plaines et vallées, en hiver |
| Vautour fauve | Migrateur | Passages saisonniers |
Pour donner un ordre de grandeur, le recensement national organisé par Bird Conservation Nepal en septembre 2021 avait compté 2 312 vautours de sept espèces, dont 1 293 vautours chaugouns, 484 vautours de l’Himalaya, 392 percnoptères, 60 vautours royaux, 43 gypaètes, 33 vautours à long bec et 7 vautours moines (Onlinekhabar). Ce comptage d’un jour ne mesure pas toute la population : le Kathmandu Post et Ratopati citaient en 2026 une estimation d’environ 20 000 vautours toutes espèces confondues dans le pays.
Dans les années 1990, les populations de vautours du Népal, de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh ont chuté de 20 à 50 % par an, rappelle BirdLife Nepal. La cause a été identifiée au début des années 2000 : le diclofénac, un anti-inflammatoire donné au bétail. Un vautour qui mange la carcasse d’un animal traité meurt d’insuffisance rénale. Or, dans une région où l’on ne mange pas la viande de vache, les carcasses de bovins sont précisément la nourriture des vautours.
Le Népal a interdit le diclofénac vétérinaire en 2006, et le produit avait disparu du marché vétérinaire en 2012, selon BirdLife Nepal. D’autres anti-inflammatoires se sont révélés aussi toxiques. Le 29 avril 2026, le Kathmandu Post a annoncé que le Département de l’administration des médicaments interdisait trois d’entre eux pour l’usage animal, le nimésulide, l’acéclofénac et le kétoprofène, avec une période de six mois pendant laquelle les vétérinaires peuvent écouler leurs stocks ; les quantités invendues doivent ensuite être rendues aux fabricants. Le méloxicam est l’alternative sûre recommandée par les défenseurs des vautours (Ratopati, février 2026). Autre menace signalée en février 2026 à Nawalparasi : les pesticides utilisés pour empoisonner des animaux, qui ont tué une trentaine de vautours ayant mangé de la viande contaminée, 20 dans la municipalité de Kawasoti et 11 à Bardaghat-Susta-Est (Ratopati).
Les efforts paient pour le vautour chaugoun. Selon une étude publiée dans la revue Ibis et relayée par BirdLife Nepal le 20 août 2026, sa population népalaise augmente de 12,7 % par an depuis 2012 ; 6 410 nids ont été suivis de 2007 à 2025, avec un succès de nidification moyen d’environ 69 %. Les auteurs rappellent que les effectifs restent très inférieurs à ceux d’avant 1990 et que de nouveaux médicaments vétérinaires restent une menace.
Le Népal a créé la première « zone sûre pour les vautours » d’Asie du Sud, où les élevages renoncent aux médicaments toxiques. Pour situer ces oiseaux dans l’ensemble de la faune du pays, lisez notre page sur la faune du Népal.
Un « restaurant pour vautours », appelé Jatayu au Népal du nom de l’oiseau mythique du Ramayana, est un site d’alimentation où une communauté villageoise rachète des bovins âgés ou malades non traités aux médicaments toxiques, les garde jusqu’à leur mort naturelle et dépose les carcasses pour les vautours. Les oiseaux disposent ainsi d’une nourriture saine, et le site devient un lieu d’observation.
Le premier restaurant géré par une communauté a ouvert en 2006 à Pithauli, dans la municipalité de Kawasoti (district de Nawalpur, ex-Nawalparasi), dans la zone tampon du parc national de Chitwan. Selon Onlinekhabar (décembre 2023), 77 vautours de sept espèces fréquentaient les lieux à l’ouverture ; le dernier comptage cité en recensait 517, de huit espèces, avec une centaine de nids aux alentours. C’est le site le plus simple à combiner avec un séjour au parc national de Chitwan.
Peut-on le visiter ? Oui, mais pas n’importe quel jour. Selon Nepal Traveller (avril 2023), les vautours y sont nourris deux fois par semaine, un de ces jours étant réservé aux étudiants et aux chercheurs, et c’est le jour de nourrissage qu’on observe le mieux les oiseaux ; le comité prévoyait d’ouvrir davantage le site aux visiteurs, contre un droit d’entrée. Nous n’avons pas trouvé de source plus récente sur les jours d’ouverture ni sur le tarif : faites-les confirmer par votre hébergement ou votre guide avant de vous déplacer.
Dans le district de Kaski, un restaurant pour vautours fonctionne aussi à Ghachok, au nord de Pokhara ; Global Voices rapporte qu’on peut y voir cinq à six espèces chaque jour. La vallée de Pokhara accueille les neuf espèces de vautours d’Asie du Sud, et les vautours à long bec et chaugouns nichent depuis des années vers Nirmal Pokhari et Bharat Pokhari. Les parapentistes de Sarangkot partagent d’ailleurs les ascendances avec eux.
Le succès de Pithauli a inspiré d’autres restaurants : Global Voices, reprenant le Nepali Times, en comptait en 2021 plus d’une demi-douzaine dans plusieurs districts. Ils sont gérés localement : l’accueil des visiteurs varie d’un site à l’autre, et aucun n’a d’horaires publiés.
| Région | Ce que vous verrez | À combiner avec |
|---|---|---|
| Nawalpur (Pithauli) | Vautours chaugouns, à long bec, royaux, percnoptères autour des carcasses et des nids | Chitwan, route Chitwan–Lumbini |
| Vallée de Pokhara (Ghachok, Sarangkot) | Vautours de l’Himalaya, chaugouns, percnoptères en vol | Séjour à Pokhara, parapente |
| Rupandehi et Kapilvastu | Colonies de nidification des plaines | Lumbini, réservoir de Jagdishpur |
| Haute montagne | Gypaète barbu et vautour de l’Himalaya | Treks de l’Everest, du Mustang et des Annapurnas |
La saison sèche, d’octobre à mai, est la plus favorable : ciel dégagé et ascendances régulières, alors que la mousson rend les sites boueux et les oiseaux moins visibles. Ratopati a fait état de 145 nids observés en début d’année 2026 dans la seule zone de Bardaghat-Susta-Est (Nawalpur), et de 174 nids dans le district de Kapilvastu sur les données 2024-2025. Venez le matin, quand les oiseaux quittent les dortoirs, ou en fin de matinée, quand les ascendances se forment. Le recensement national de 2021 avait été organisé lors de la Journée internationale de sensibilisation aux vautours, célébrée le premier samedi de septembre.
Pour les oiseaux en général, consultez notre page sur l’observation des oiseaux au Népal et, pour la région de Kapilvastu, celle du réservoir de Jagdishpur. En montagne, les gypaètes accompagnent souvent les marcheurs du trek du Haut-Mustang.
Les restaurants pour vautours se trouvent souvent à l’écart des circuits : renseignez-vous auprès de votre hébergement à Chitwan ou à Pokhara, ou d’un guide naturaliste, qui connaîtra le jour où une carcasse a été déposée. Prévoyez des jumelles, un chapeau et de l’eau ; la chaleur monte vite dans le Teraï à partir de mars. Une matinée suffit pour un site. Dans les zones tampons des parcs, suivez les règles du parc et les indications de votre guide.
Pour la vue d’ensemble des aires protégées, consultez notre page sur les parcs nationaux du Népal ; pour Pokhara et ses environs, notre page sur Pokhara ; et pour préparer l’ensemble de votre séjour, notre page pilier voyage au Népal.
Neuf espèces de vautours sont recensées au Népal, six résidentes et trois migratrices. Quatre sont en danger critique d’extinction selon l’UICN : le vautour chaugoun, le vautour à long bec, le vautour royal et le vautour indien.
Ils ont été empoisonnés par le diclofénac, un anti-inflammatoire donné au bétail : les vautours qui mangent une carcasse traitée meurent d’insuffisance rénale. Leurs populations ont chuté de 20 à 50 % par an dans les années 1990, avant l’interdiction du produit en 2006.
Le diclofénac vétérinaire est interdit depuis 2006. En avril 2026, le Népal a interdit pour l’usage animal le nimésulide, l’acéclofénac et le kétoprofène, avec six mois pour écouler les stocks ; le méloxicam reste l’alternative sans danger.
C’est un site géré par une communauté où l’on dépose les carcasses de bovins non traités aux médicaments toxiques, pour offrir aux vautours une nourriture saine. Le premier a ouvert en 2006 à Pithauli, dans la zone tampon du parc de Chitwan ; on y voit le mieux les vautours les jours de nourrissage, à faire confirmer sur place.
La vallée de Pokhara accueille les neuf espèces de vautours d’Asie du Sud ; un restaurant pour vautours fonctionne à Ghachok, au nord de la ville, et les vautours planent souvent au-dessus de Sarangkot.
La saison sèche, d’octobre à mai, est la plus favorable : ciel dégagé et ascendances régulières. Venez le matin et restez à distance des nids.
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