Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le réservoir de Jagdishpur (Jagadishpur Tal) est la plus belle étape ornithologique de l’ouest du Teraï et un secret bien gardé des voyageurs qui visitent Lumbini. À quelques kilomètres des vestiges de l’ancienne Kapilavastu, ce lac artificiel couvert de lotus accueille chaque hiver des milliers de canards, de foulques et d’oies venus d’Asie centrale. Voici son histoire, les oiseaux que vous y verrez, la meilleure saison, l’accès et les précautions à prendre. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Situation | Municipalité de Kapilvastu (quartiers 9 et 10), district de Kapilvastu, province de Lumbini |
| Distance | Environ 11 km au nord de Taulihawa, le chef-lieu du district |
| Statut | Site Ramsar n° 1315 depuis le 13 août 2003 ; sanctuaire d’oiseaux depuis juillet 2022 |
| Superficie | 225 ha de périmètre Ramsar (fiche Ramsar ; The Himalayan Times parle de 225 ha de surface en 2018) ; 157 ha pour le lac selon The Kathmandu Post (2026) |
| Altitude | 197 m |
| Profondeur | 2 à 7 m selon la saison d’irrigation |
| Meilleure saison | Novembre à février |
| Droit d’entrée | Aucun tarif publié au 4 novembre 2026 |
Sources : fiche Ramsar du DNPWC et du WWF ; The Himalayan Times (28 février 2018) pour la distance de Taulihawa et la profondeur ; The Kathmandu Post (2022, 2025 et 2026). Selon la saison d’irrigation, la surface réellement en eau varie : ne vous étonnez pas de trouver des chiffres différents d’une source à l’autre.
Selon la fiche Ramsar établie par le Département des parcs nationaux (DNPWC) et le WWF, le réservoir a été construit au début des années 1970 sur l’ancien lac de Jakhira et des terres agricoles, pour l’irrigation ; une digue a été ajoutée au début des années 1980. Il est alimenté par le lac et la rivière Banganga, qui descendent des collines de Churia. Une digue de terre le coupe du nord au sud : la partie est, peu profonde, est envahie de végétation, tandis que la partie ouest, plus profonde, reste en eau libre. Le réservoir irrigue environ 6 000 hectares de cultures alentour (6 200 ha selon la fiche, 6 070 ha selon une étude de 2016 citée par Thagunna et al.).
Les limons apportés par la rivière ont favorisé une végétation dense : lotus en vastes tapis, riz sauvage, potamots, massettes et liserons d’eau. C’est cette mosaïque d’eau libre, de roselières et de vasières qui attire les oiseaux. La fiche signale aussi deux petits lacs voisins, Sagarhawa et Niglihawa, qui servent de relais aux oiseaux. Le site a été inscrit sur la liste de Ramsar le 13 août 2003, le même jour que Beeshazar et Ghodaghodi ; pour situer ces sites, voyez notre page sur les zones humides Ramsar du Népal.
En juillet 2022, Jagdishpur a été déclaré deuxième sanctuaire d’oiseaux du Népal (The Kathmandu Post, janvier 2025), après le lac de Ghodaghodi, déclaré premier sanctuaire en mars 2022 selon The Rising Nepal. Voir aussi notre page sur le lac de Ghodaghodi.
Selon The Kathmandu Post, le lac accueille chaque hiver 15 000 à 20 000 oiseaux migrateurs, venus de Sibérie, de Chine, de Mongolie ou d’Asie centrale, qui restent jusqu’en février. Le recensement de 2022 donne une idée des espèces dominantes :
| Espèce | Nom anglais | Effectif compté en 2022 |
|---|---|---|
| Foulque macroule | Common Coot | 4 230 |
| Nette rousse | Red-crested Pochard | 2 090 |
| Sarcelle d’hiver | Common Teal | 1 085 |
| Dendrocygne siffleur | Lesser Whistling Duck | 980 |
| Fuligule milouin | Common Pochard | 204 |
| Vanneau à tête grise | Grey-headed Lapwing | 75 |
| Sarcelle d’été | Garganey | 55 |
| Canard pilet | Northern Pintail | 50 |
Source : recensement de Wetlands International rapporté par The Kathmandu Post (19 janvier 2022). Le même article cite parmi les espèces rares la grue antigone, plus grand oiseau volant du monde et espèce menacée, et le marabout chevelu. Au recensement de janvier 2025, les ornithologues ont noté trois couples d’oies à tête barrée, une oie cendrée, une oie des moissons et, pour la première fois au lac, un canard à bosse. La fiche Ramsar mentionne aussi les grèbes, cormorans, hérons, aigrettes, cigognes, sternes, jacanas et martins-pêcheurs.
Le recensement national mené du 3 au 18 janvier 2026 a été mauvais pour Jagdishpur. Selon The Kathmandu Post (2 février 2026), le lac a compté 10 282 oiseaux d’eau de 41 espèces, contre environ 23 000 oiseaux en 2018, soit une baisse de 55 % en huit ans ; un an plus tôt, en 2025, on avait encore compté 12 832 oiseaux de 48 espèces. Les dendrocygnes ont perdu environ 2 000 individus en un an, pour tomber à quelque 200 (surtout vus dans les champs voisins plutôt que sur le lac), la nette rousse a perdu près d’un millier d’individus, et l’anserelle de Coromandel, comptée à 72 oiseaux en 2025, n’a pas été vue du tout.
Les causes avancées sont connues : empiétement sur les berges, barques et pique-niques bruyants, pêche non autorisée, chasse, pesticides agricoles et plantes envahissantes comme la jacinthe d’eau. Pour le voyageur, cela veut dire deux choses : les effectifs que vous verrez varient beaucoup d’un hiver à l’autre, et votre comportement sur place compte.
| Période | Ce que vous verrez | Notre avis |
|---|---|---|
| Novembre à février | Canards, foulques et oies migrateurs ; recensement national en janvier | La meilleure saison |
| Mars à mai | Les migrateurs repartent ; oiseaux résidents, cigognes, hérons | Chaleur croissante dans le Teraï : venez à l’aube |
| Juin à septembre | Lotus en fleur, mais pluies de mousson | Pistes boueuses, peu d’intérêt ornithologique |
| Octobre | Premiers migrateurs | Possible, mais l’hiver est plus riche |
Le meilleur moment de la journée est le lever du soleil, quand les oiseaux se nourrissent et avant l’arrivée des visiteurs du week-end. Les grands groupes se tiennent souvent loin des berges : une paire de jumelles est indispensable, une longue-vue ou un téléobjectif sont un vrai plus. Pour organiser un voyage autour des oiseaux, consultez notre page sur l’observation des oiseaux au Népal.
Le point de départ est Taulihawa, le chef-lieu du district de Kapilvastu. Selon le Lumbini Development Trust, Taulihawa est reliée par la route à Lumbini, à Bhairahawa, à Krishnanagar et à Butwal, et des bus la desservent depuis Katmandou et les grandes villes ; sur place, on loue un e-rickshaw pour rejoindre les sites. Le réservoir se trouve à environ 11 km au nord de la ville.
| Depuis | Distance | Moyen conseillé |
|---|---|---|
| Taulihawa | Environ 11 km | Taxi ou e-rickshaw, aller-retour avec attente |
| Lumbini | Tilaurakot, à 3 km de Taulihawa, est à 26 km de Lumbini selon The Kathmandu Post (29 km selon le Lumbini Development Trust) | Voiture avec chauffeur à la journée, en combinant les sites de Kapilvastu |
| Bhairahawa (Siddharthanagar) | Ville d’arrivée de la région, avec l’aéroport Gautam Buddha | Passer par Lumbini, puis continuer vers l’ouest |
Les vols intérieurs depuis Katmandou arrivent à l’aéroport Gautam Buddha de Bhairahawa ; notre page sur Bhairahawa explique comment s’y loger et s’y déplacer. Convenez du prix du taxi et du temps d’attente avant le départ, et partez de nuit noire si vous voulez être au bord du lac à l’aube.
Le réservoir s’intègre naturellement dans une journée à Kapilvastu. Selon The Kathmandu Post (2019), le pilier d’Ashoka de Niglihawa se trouve à environ 7 km au nord de Taulihawa, et Sagarhawa, lieu associé par la tradition au massacre des Shakyas, à environ 9 km ; le Lumbini Development Trust situe Tilaurakot, l’ancienne capitale des Shakyas, à 3 km au nord-ouest de Taulihawa. Ces sites sont tous sur la route du réservoir ou à proximité.
Notre page sur les sites bouddhistes autour de Tilaurakot détaille ce circuit, et notre page sur Lumbini le lieu de naissance du Bouddha. Pour vivre le lac autrement, le Lumbini Development Trust signale aussi une expérience de séjour chez l’habitant dans un village tharu de Jagdishpur : renseignez-vous sur place ou auprès de votre hébergement à Lumbini.
Pour l’ensemble des règles de conduite, consultez notre page sur les usages et l’étiquette au Népal, et pour préparer tout votre séjour, notre page pilier voyage au Népal.
Dans la municipalité de Kapilvastu, district de Kapilvastu, dans l’ouest du Teraï, à environ 11 km au nord de Taulihawa. Il se combine facilement avec Tilaurakot, Niglihawa et Lumbini.
De novembre à février, quand les oiseaux d’eau migrateurs hivernent sur le lac ; ils repartent après février. Venez au lever du soleil, le moment le plus calme et le plus riche.
Le recensement de janvier 2026 y a compté 10 282 oiseaux d’eau de 41 espèces, contre 23 000 oiseaux en 2018. Les effectifs varient beaucoup d’un hiver à l’autre.
Nous n’avons trouvé aucun tarif d’entrée publié au 4 novembre 2026. Le site n’est pas un parc national : comptez surtout le transport depuis Taulihawa ou Lumbini.
Oui, depuis le 13 août 2003, pour un périmètre de 225 ha. Il a aussi été déclaré deuxième sanctuaire d’oiseaux du Népal en juillet 2022.
En voiture avec chauffeur ou en taxi, par Taulihawa : Tilaurakot, à 3 km de Taulihawa, est à 26 à 29 km de Lumbini selon les sources, et le réservoir à environ 11 km au nord de Taulihawa.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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