Glissements de terrain et inondations au Népal : voyager pendant la mousson

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • La mousson arrive en moyenne vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre ; en 2025, elle a duré du 29 mai au 10 octobre.
  • Glissements de terrain et crues coupent régulièrement les routes de montagne : la France signale que routes, téléphone et Internet peuvent être coupés plusieurs jours.
  • Catastrophes récentes : fin septembre 2024 (250 morts), Ilam en octobre 2025 (37 morts), crue de la Bhote Koshi le 26 août 2026 (1 457 morts et 4 720 disparus au 10 octobre 2026 selon la police népalaise), crue de la Budhi Gandaki le 11 octobre 2026 sur le circuit du Manaslu.
  • Au 14 octobre 2026, le Canada déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et Nuwakot.
  • Évitez les routes de nuit, gardez des jours de marge et suivez les alertes locales.
Un glissement de terrain à Tuin Khola
Un glissement de terrain à Tuin Khola. Photo : Gunjan Raj Giri, Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Les glissements de terrain au Népal sont le risque naturel le plus fréquent pour les voyageurs. Chaque été, la mousson déverse des pluies torrentielles sur des pentes raides, souvent déboisées ou entaillées par de nouvelles routes : les versants cèdent, les rivières débordent et des axes entiers sont coupés. Les dernières saisons ont été particulièrement meurtrières. Ce guide explique quand et où le risque est le plus élevé, ce qui s’est passé de 2024 à 2026, et comment organiser un voyage sûr. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

La mousson au Népal : dates et intensité

Selon les normales du service météorologique népalais, la mousson arrive vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre. Ces dates varient d’une année à l’autre : en 2025, elle s’est installée dès le 29 mai et ne s’est retirée que le 10 octobre, la plus longue saison jamais mesurée. Le gouvernement du Canada situe la saison des pluies de juin à septembre et la France de juin à octobre. Pendant cette période, les pluies fortes provoquent inondations et glissements de terrain, rendent les sentiers boueux et glissants, et peuvent couper routes, téléphone et Internet pendant plusieurs jours.

Attention : le danger ne s’arrête pas net au retrait officiel de la mousson. Des pluies tardives très intenses ont frappé le pays fin septembre 2024 et début octobre 2025. Le 11 octobre 2026, en pleine saison des treks, un glissement de terrain a barré la Budhi Gandaki dans le district de Gorkha : la crue qui a suivi a emporté le sentier entre Jagat et Salleri, sur le circuit du Manaslu, et plus de 100 trekkeurs étrangers se sont retrouvés bloqués, selon Reuters et le Kathmandu Post. La France a aussitôt appelé les randonneurs de la zone à une extrême prudence. Pour un panorama du climat mois par mois, lisez notre page sur la mousson au Népal et celle sur le climat et la meilleure période pour voyager.

Les grandes catastrophes de 2024 à 2026

DateLieuÉvénementBilan
12 juillet 2024Simaltal, route Narayanghat–MuglingGlissement de terrain emportant deux bus dans la Trishuli vers 3 h 30 du matinAu moins 54 personnes portées disparues ; 3 rescapés
26–28 septembre 2024Vallée de Katmandou et centre-est du paysTrois jours de pluies continues, inondations et glissements de terrain250 morts, 18 disparus et 178 blessés selon les Nations unies
27 septembre 2024Jhyaple Khola (Dhading), route d’accès à KatmandouCoulée ensevelissant un bus et des minibusAu moins 30 morts
4–5 octobre 2025District d’Ilam (Est)Glissements de terrain après des pluies continues37 morts à Ilam
26 août 2026Vallée de la Bhote Koshi–Trishuli (Rasuwa jusqu’au Teraï)Crue et lave torrentielle après un effondrement de glace et de roches1 457 morts et 4 720 disparus au 10 octobre 2026 selon la police népalaise
11 octobre 2026Budhi Gandaki (Gorkha), circuit du ManasluCrue après un glissement de terrain qui avait barré la rivièreAucun mort signalé au 12 octobre, 5 villageois injoignables, plus de 100 trekkeurs étrangers bloqués

Fin septembre 2024, la province de Bagmati, celle de Katmandou, a été la plus touchée selon le bilan des Nations unies, avec 4 334 foyers entièrement sinistrés et 6 593 partiellement : la preuve que le risque ne se limite pas aux routes de montagne.

La crue du 26 août 2026 compte parmi les pires catastrophes naturelles de l’histoire récente du Népal. Selon l’Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe (NDRRMA), une avalanche de glace et de roches partie du versant nord du Langtang Lirung a provoqué une crue de la Lhende Khola, qui rejoint la Bhote Koshi à Rasuwagadhi, à la frontière chinoise. La vague a dévalé la Trishuli à travers huit districts, de Rasuwa à Nawalparasi. Au 10 octobre 2026, la police népalaise comptait 1 457 morts et 4 720 disparus ; début septembre, les disparus comprenaient 589 touristes étrangers, et les treks du Langtang, de Gosainkunda, d’Helambu et du Tamang Heritage Trail étaient fermés ou restreints, selon le Kathmandu Post. Nous détaillons ce phénomène sur notre page consacrée aux crues de lacs glaciaires au Népal.

Les routes les plus exposées

Au Népal, presque toutes les routes de montagne peuvent être coupées pendant la mousson. Certaines sections reviennent pourtant chaque année dans l’actualité :

  • Les accès à Katmandou : la route de Prithvi (Katmandou–Mugling–Pokhara) et le tronçon de Jhyaple Khola, dans le district de Dhading, ont été bloqués en 2024.
  • Narayanghat–Mugling, le long de la Trishuli, où se trouve Simaltal : c’est l’un des axes reliant Katmandou à Chitwan.
  • La vallée de la Trishuli et de la Bhote Koshi (Rasuwa, Nuwakot) : routes et ponts détruits en août 2026.
  • Beni–Jomsom, dans la vallée de la Kali Gandaki : fin septembre 2026, trois jours de fortes pluies ont emporté la route d’accès au pont de Pokharebagar et coupé par la route le nord du Myagdi et tout le Mustang.
  • Le circuit du Manaslu, dans la vallée de la Budhi Gandaki : la crue du 11 octobre 2026 a emporté des sentiers et des ponts en pleine saison des treks.
  • Les routes des collines de l’Est, autour d’Ilam, où les glissements de terrain d’octobre 2025 ont fait 37 morts.

Pour vos trajets entre les grandes villes, consultez notre page sur le transport vers Pokhara en bus et en avion : pendant la mousson, un vol intérieur peut éviter des heures de route exposée, même si la météo provoque aussi des annulations.

Faut-il éviter le Népal pendant la mousson ?

Pas forcément, mais il faut adapter son voyage. La mousson a des atouts : paysages verts, rizières, moins de monde et des prix plus doux. Les villes de la vallée de Katmandou, Pokhara et Lumbini restent visitables. En revanche, les longs trajets routiers en montagne et la plupart des treks deviennent plus risqués : sentiers glissants, sangsues, ponts emportés, vues souvent bouchées. Quelques régions situées dans « l’ombre pluviométrique » de l’Himalaya, comme le haut Mustang, reçoivent beaucoup moins de pluie, mais leur accès routier, lui, reste exposé, comme l’a montré la coupure de la route de Beni à Jomsom en septembre 2026.

La saison idéale pour un circuit complet reste l’automne, d’octobre à novembre, une fois les pluies retirées. C’est pour cette raison que notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy, a lieu en novembre, quand les routes vers Pokhara, Bandipur et Chitwan sont les plus sûres.

Nos conseils pour voyager sûr pendant la mousson

  1. Consultez les avis officiels avant et pendant le voyage : voyage.gc.ca pour les Canadiens, diplomatie.gouv.fr pour les Français. Au 14 octobre 2026, le Canada déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et Nuwakot, en raison du risque de nouvelles crues et coulées de boue.
  2. Évitez de rouler de nuit : la catastrophe de Simaltal s’est produite vers 3 h 30 du matin. De jour, les glissements se voient mieux et les secours arrivent plus vite.
  3. Gardez des jours de marge, surtout avant un vol international : une route coupée peut vous immobiliser plusieurs jours.
  4. Écoutez les chauffeurs et les habitants : s’ils refusent de passer, ne les poussez pas.
  5. Ne vous arrêtez pas sous une pente instable ni au bord d’une rivière en crue, et ne traversez jamais un cours d’eau gonflé.
  6. Prévoyez une assurance qui couvre l’évacuation et les frais liés aux catastrophes naturelles : voir notre guide de l’assurance voyage pour le Népal.
  7. Gardez de quoi tenir : eau, en-cas, batterie externe, lampe frontale, argent liquide et médicaments personnels.

Que faire si vous êtes bloqué ou pris dans une inondation ?

Si la route est coupée, restez avec votre véhicule ou dans le village le plus proche plutôt que de tenter un contournement à pied sur une pente fragilisée. Si l’eau monte, gagnez immédiatement les hauteurs, sans attendre d’ordre et sans revenir chercher vos affaires. Appelez la police (100) ou la police touristique (1144) et prévenez votre ambassade et votre assureur. Notez nos numéros d’urgence au Népal avant de partir, car le réseau peut tomber.

En trek pendant la mousson

En montagne, les glissements de terrain, les crues soudaines et la boue rendent la marche plus dangereuse, et les vols vers les régions isolées sont souvent annulés. Si vous partez malgré tout, choisissez un itinéraire court et bien fréquenté, marchez avec un guide licencié, obligatoire depuis le 1er avril 2023 dans la plupart des parcs nationaux et aires de conservation, et renseignez-vous chaque matin sur l’état des sentiers. Même en automne, vérifiez l’accès auprès de votre agence : mi-octobre 2026, selon le projet de l’aire de conservation du Manaslu cité par le Kathmandu Post, il ne restait plus de sentier entre Philim et Jagat. Notre page sur la sécurité en trek au Népal et notre liste des treks au Népal vous aideront à choisir. Pour une vue d’ensemble des risques, voyez aussi notre point le Népal est-il sûr en 2026 ? et notre guide complet du voyage au Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Questions fréquentes

Quand a lieu la mousson au Népal ?

Selon les normales du service météorologique népalais, la mousson arrive vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre. En 2025, elle a duré du 29 mai au 10 octobre, la plus longue jamais mesurée.

Les glissements de terrain sont-ils fréquents au Népal ?

Oui, surtout pendant la mousson. Ils coupent régulièrement les routes de montagne et ont causé plusieurs catastrophes récentes, comme à Jhyaple Khola en septembre 2024 (au moins 30 morts) et à Ilam en octobre 2025 (37 morts).

Qu’est-il arrivé dans le district de Rasuwa en août 2026 ?

Le 26 août 2026, une avalanche de glace et de roches sur le Langtang Lirung a provoqué une crue de la Lhende Khola et de la Bhote Koshi. Au 10 octobre 2026, la police népalaise comptait 1 457 morts et 4 720 disparus, et le Canada déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et Nuwakot.

Peut-on voyager au Népal pendant la mousson ?

Oui, en adaptant l’itinéraire : les villes restent visitables, mais les routes de montagne et les treks sont plus risqués. Évitez les trajets de nuit, gardez des jours de marge et suivez les avis officiels.

Quelle est la meilleure saison pour éviter les inondations au Népal ?

L’automne, d’octobre à novembre, après le retrait de la mousson, puis l’hiver et le printemps. Des crues tardives restent possibles en octobre, comme celle de la Budhi Gandaki le 11 octobre 2026.

Que s’est-il passé sur le circuit du Manaslu en octobre 2026 ?

Le 11 octobre 2026, un glissement de terrain a barré la Budhi Gandaki dans le district de Gorkha ; la crue qui a suivi a emporté le sentier entre Jagat et Salleri et bloqué plus de 100 trekkeurs étrangers. Avant un trek au Manaslu ou dans la vallée de Tsum, vérifiez l’état des sentiers auprès de votre agence.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées