Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
La pêche au Népal est une activité confidentielle, loin des circuits classiques, mais elle offre l’un des grands défis de la pêche sportive en eau douce : le mahseer doré, un poisson puissant des rivières himalayennes, que l’on pêche au lancer dans des vallées sauvages de l’ouest du pays. À côté de lui, les « truites » népalaises recouvrent deux réalités très différentes : des espèces indigènes menacées et une truite arc-en-ciel d’élevage. Voici les espèces, les rivières, les saisons, les règles et les bonnes pratiques pour pêcher de façon responsable. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
| Question | Réponse |
|---|---|
| Poisson phare | Mahseer doré (Tor putitora), espèce classée en danger |
| Autres poissons recherchés | Goonch (grand poisson-chat), truites des neiges indigènes |
| Meilleures rivières | Karnali, Babai (parc de Bardia), Seti du Far West, Bheri |
| Période à éviter | La mousson, de juin à septembre : frai du mahseer et eaux troubles |
| Dans les parcs | Autorisation du parc obligatoire ; pêche interdite dans le lac Rara |
| Méthodes interdites | Électricité, explosifs, poisons |
| Bonne pratique | No-kill : photographier, mesurer, relâcher |
Le mahseer doré, appelé « sahar » en népali, est un grand poisson migrateur des rivières himalayennes. Selon le Kathmandu Post, deux espèces de mahseer vivent au Népal, Tor putitora et Tor tor ; la première est classée en danger sur la Liste rouge de l’UICN, et des études citées par le journal montrent un déclin de plus de 50 % dans les rivières. Ses causes : la dégradation des habitats, les prélèvements d’eau pour l’irrigation et l’hydroélectricité, les espèces invasives, la surpêche et les méthodes destructrices.
Les pêcheurs le recherchent pour sa puissance : selon un article de The Annapurna Express, un mahseer ferré peut tirer 100 à 200 yards de ligne, soit environ 90 à 180 m, et briser cannes et hameçons. Le même auteur cite les rivières où il vit : le système de la Sapta Koshi (Sun Koshi, Tamor, Dudh Koshi, Bhote Koshi, Arun, Likhu), la Karnali, la Seti, la Mahakali, la Bheri et la Narayani.
Son cycle commande la saison de pêche. Le mahseer remonte les rivières pour frayer pendant les crues de la mousson, de juin à septembre selon The Annapurna Express, puis redescend. C’est à cette période qu’il est le plus vulnérable, et c’est aussi celle où les rivières, hautes et chargées, rendent la pêche au leurre difficile.
Les meilleurs secteurs se trouvent dans l’ouest du pays, loin des grandes routes touristiques :
Pour l’ouest, l’accès se fait le plus souvent par avion jusqu’à Nepalgunj, puis par la route : le parc de Bardia est à environ deux heures de route de Nepalgunj selon l’Office du tourisme. Voir notre page Nepalgunj, et pour la géographie des grands bassins, notre page rivières du Népal.
Signe que la pêche devient une activité touristique à part entière, le premier Seti–Karnali International Mahseer Angling Challenge s’est tenu du 22 mars au 2 avril 2026, de la Seti à Dipayal, dans le district de Doti, jusqu’à la Karnali à Thuligaad, dans le Kailali, selon Nepal Traveller. Organisé par la municipalité rurale de Bogtan Fudsil, avec le soutien du ministère de l’Industrie, du Tourisme, des Forêts et de l’Environnement de la province de Sudurpashchim et la promotion de l’Office du tourisme du Népal, il a réuni 23 pêcheurs étrangers et trois stagiaires népalais, selon le principe du no-kill. Le plus grand mahseer doré mesurait 117 cm, et le plus grand goonch 108 cm.
Ce qu’il faut en retenir pour votre voyage : la fin mars et le début avril sont une période propice, et les autorités locales misent sur une pêche qui relâche le poisson. Au 4 novembre 2026, nous n’avons trouvé aucune date annoncée pour une prochaine édition.
Les truites des neiges, appelées « asala », sont des poissons indigènes des rivières froides de montagne, du genre Schizothorax. Elles ne sont pas des truites au sens européen, mais des cyprinidés. Plusieurs sont menacées : le Kathmandu Post signalait en 2023 que la tikhe asala (Schizothoraichthys nepalensis) est classée en danger critique par l’UICN, et que la pêche à l’électricité et à l’explosif a vidé de nombreuses rivières du Sankhuwasabha ; une municipalité y a fermé 1 km de la Sabha Khola pour protéger le frai, avec une amende de 20 000 NPR. Dans l’ouest, le lac Rara abrite trois sortes d’asala, noire, blanche et à tête plate, selon Kantipur (novembre 2025), qui les dit de plus en plus rares.
La truite arc-en-ciel, elle, est une espèce introduite. Selon un article publié par la FAO, une première introduction a échoué faute de savoir-faire, et l’espèce a été réintroduite depuis le Japon en 1988 ; les stations de recherche piscicole de Godawari et de Trishuli, rattachées au Conseil népalais de la recherche agricole (NARC), ont mis au point son élevage. C’est donc avant tout un poisson de pisciculture : dans les collines, vous la trouverez au menu de restaurants proches des élevages, plutôt qu’au bout de votre ligne.
Les méthodes interdites. La loi sur la protection des animaux aquatiques (Aquatic Animal Protection Act de 2017 du calendrier népalais, soit 1960) interdit d’utiliser le courant électrique, les explosifs ou les poisons pour capturer ou tuer des animaux aquatiques, selon le Kathmandu Post, qui souligne que son application reste faible. Ne participez jamais à une « pêche » de ce type, même proposée comme une curiosité locale.
Dans les parcs nationaux. La pêche y est encadrée par chaque parc, qui protège aussi les poissons dont se nourrissent gavials et crocodiles : ne pêchez jamais dans un parc sans autorisation écrite. À Bardia, la pêche sportive est possible sur la Karnali et la Babai selon l’Office du tourisme, mais nous n’avons trouvé aucun barème officiel récent du droit de pêche : demandez l’autorisation et son prix au siège du parc, à Thakurdwara, ou au DNPWC. Il s’ajoute au droit d’entrée, de 1 500 NPR pour un étranger, 750 NPR pour un ressortissant de l’ASACR et 100 NPR pour un Népalais selon Kantipur (avril 2026). Dans le parc national de Rara, la pêche est interdite dans le lac depuis 2070 du calendrier népalais (2013-2014), selon Kantipur ; voir nos pages parc national de Rara et trek du lac Rara.
Hors des parcs. Nous n’avons trouvé aucune source officielle décrivant un permis national de pêche de loisir pour les étrangers. Les règles peuvent être fixées localement, comme dans le Sankhuwasabha : renseignez-vous auprès de la municipalité ou de l’agence qui organise votre sortie, et faites-vous confirmer par écrit que la pêche est autorisée à l’endroit prévu.
À l’export. Ne rapportez aucun poisson ni produit issu d’une espèce menacée : le mahseer doré est classé en danger, et la pêche responsable se pratique en no-kill.
| Période | Conditions | Notre avis |
|---|---|---|
| Mars à mai | Eaux encore claires avant la mousson ; concours international de 2026 tenu du 22 mars au 2 avril | La période la plus recherchée pour le mahseer |
| Juin à septembre | Mousson : frai du mahseer, rivières hautes et boueuses, routes coupées | À éviter |
| Octobre-novembre | Décrue après la mousson, temps stable ; rivières encore hautes en début de saison | Possible, en vérifiant le niveau des eaux |
| Mi-novembre à mi-mars | Principale saison de pêche des truites des neiges dans les rivières froides, selon le Kathmandu Post | Respectez les zones de frai protégées |
Selon le service météorologique népalais, la mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre. En début d’automne, les rivières restent donc souvent hautes : demandez à l’organisateur le niveau des eaux avant de partir.
Pour voir la faune aquatique sans canne, la réserve de Koshi Tappu et le parc de Chitwan, présenté sur notre page Sauraha et Chitwan, sont de bons choix. Notre page sur les lacs du Népal présente les grands plans d’eau du pays, et notre page pilier voyage au Népal réunit tous nos dossiers pour préparer le séjour.
Le mahseer doré (Tor putitora), appelé « sahar » en népali, est le grand poisson sportif du pays ; on recherche aussi le goonch, un grand poisson-chat. Le mahseer est classé en danger : il se pêche en no-kill.
Surtout dans l’ouest : la Karnali, que Rough Guides tient pour la première rivière de pêche du pays, la Babai dans le parc national de Bardia, la Seti du Far West et la Bheri. Le mahseer vit aussi dans la Sun Koshi, l’Arun et la Tamor, à l’est.
Le printemps avant la mousson, en mars-avril notamment, et l’automne après la décrue. Évitez la mousson, de juin à septembre, quand le mahseer fraie et que les rivières sont hautes et boueuses.
Dans un parc national, il faut l’autorisation du parc : à Bardia, demandez-la au siège de Thakurdwara ou au DNPWC, en plus du droit d’entrée de 1 500 NPR pour un étranger (Kantipur, avril 2026). La pêche est interdite dans le lac Rara depuis 2013-2014. Hors des parcs, renseignez-vous auprès des autorités locales.
Les truites des neiges indigènes (asala) sont menacées et protégées par endroits ; la truite arc-en-ciel, réintroduite depuis le Japon en 1988, est surtout un poisson d’élevage. Mieux vaut la goûter qu’essayer de la pêcher.
La loi sur la protection des animaux aquatiques interdit la pêche au courant électrique, aux explosifs et au poison. Ne participez jamais à ce type de pêche, même présentée comme une tradition locale.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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