Les rivières du Népal : Koshi, Gandaki et Karnali, de l’Himalaya à la plaine

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le Népal compte quelque 6 000 rivières, nourries par la neige ou par la pluie ; quatre grands cours d’eau permanents descendent de l’Himalaya : la Mahakali, la Karnali, la Narayani (système de la Gandaki) et la Koshi.
  • À l’est, la Koshi réunit la Tamor, l’Arun et la Sun Koshi ; au centre, la Kali Gandaki et la Trishuli s’unissent à Devghat pour former la Narayani ; à l’ouest, la Karnali est la plus grande et la plus longue rivière du pays.
  • Rafting : d’une journée sur la Trishuli à huit jours sur la Karnali ou la Sun Koshi ; haute saison de mi-octobre à novembre, puis mars-avril.
  • Crues de 2026 : la Bhote Koshi du Rasuwa et la Trishuli le 26 août (plus de 1 400 morts), la Budhi Gandaki le 11 octobre (sentier du Manaslu coupé entre Philim et Jagat).
  • Lieux sacrés au bord de l’eau : Pashupatinath sur la Bagmati, à Katmandou, et le confluent de Devghat, près de Narayanghat, où l’on se baigne à Makar Sankranti.
La Seti Gandaki
La Seti Gandaki. Photo : श्रेष्ठ भूपेन्द्र, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les rivières du Népal descendent de l’Himalaya vers les plaines du sud en creusant des vallées profondes : ce sont elles que longent les routes, que franchissent les ponts suspendus des treks et que descendent les rafts. Pour le voyageur, les connaître aide à lire la carte du pays, à choisir une descente en eaux vives, à visiter des lieux sacrés et à mesurer les risques de la mousson. Voici les trois grands bassins, la Koshi, la Gandaki et la Karnali, les activités possibles, la meilleure saison et l’état des rivières après les crues de 2026. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Les rivières du Népal en bref

Selon l’Office du tourisme du Népal (NTB), le pays compte quelque 6 000 rivières, alimentées soit par la fonte des neiges, soit par les pluies. Quatre grands cours d’eau permanents prennent naissance dans l’Himalaya : la Mahakali, la Karnali, la Narayani, qui rassemble les eaux de la Gandaki, et la Koshi. Tous coulent du nord vers le sud, vers les plaines de l’Inde. Le tableau résume ce qu’il faut retenir pour voyager.

BassinRivières principalesOù les croiserPour le voyageur
Koshi (est)Tamor, Arun, Sun Koshi et ses affluents : Dudh Koshi, Likhu, Tamakoshi, Bhote Koshi, IndravatiEst du pays, de Dolalghat à Chatara, réserve de Koshi TappuRafting sur la Sun Koshi, la Bhote Koshi ou la Tamor ; observation des oiseaux
Gandaki ou Narayani (centre)Kali Gandaki, Trishuli, Seti, Budhi Gandaki, MadiRoute Katmandou–Pokhara, vallée de la Kali Gandaki, ChitwanRafting sur la Trishuli, la Seti, la Kali Gandaki ; pèlerinage à Devghat
Karnali (ouest)Karnali et ses affluentsExtrême ouest, parc national de BardiaExpéditions de rafting de huit jours
Mahakali (extrême ouest)MahakaliConfins occidentaux du pays—

La Koshi, le grand bassin de l’est

La Koshi draine tout l’est du pays. Ses trois grandes branches, la Tamor, l’Arun, née au Tibet, et la Sun Koshi, se rejoignent à Triveni ; la rivière franchit ensuite la gorge de Chatara avant de déboucher dans la plaine. La Sun Koshi reçoit elle-même, d’est en ouest, la Dudh Koshi, la Likhu, la Tamakoshi, la Bhote Koshi et l’Indravati. Plus bas, un barrage construit de 1959 à 1963 à Bhimnagar, à cheval sur la frontière indienne, régule son cours.

Pour le voyageur, la Koshi, c’est d’abord :

  • la Sun Koshi, que Rough Guides présente comme l’une des dix plus belles descentes en raft du monde : huit jours de Dolalghat, à trois heures à l’est de Katmandou, jusqu’à Chatara ;
  • la Bhote Koshi du Sindhupalchok, cours supérieur de la Sun Koshi, qui descend du Tibet : sans doute la rivière la plus raide et la plus difficile descendue commercialement en raft au Népal selon Rough Guides, avec une pente de 15 m par kilomètre selon Wikipédia. On y pratique aussi le saut à l’élastique : renseignez-vous sur l’état de la route d’accès avant d’y aller ;
  • la réserve de Koshi Tappu, 175 km² de plaine inondable dans le Teraï oriental, site Ramsar depuis 1987, où l’on a recensé 485 espèces d’oiseaux et la dernière population sauvage de buffles d’eau du Népal. Voir notre page sur la réserve de Koshi Tappu.

Attention aux homonymes : le cours supérieur de la Trishuli, dans le district de Rasuwa, s’appelle aussi Bhote Koshi. C’est cette rivière-là, et non celle du Sindhupalchok, qui a connu la crue catastrophique d’août 2026, décrite plus bas.

La Gandaki ou Narayani, le bassin du centre

Au centre du pays, la Kali Gandaki, venue du Mustang, et la Trishuli s’unissent à Devghat, à environ 5 km au nord-ouest de Narayanghat, pour former la Narayani, selon l’Office du tourisme. La Seti, la Budhi Gandaki et la Madi comptent parmi leurs affluents. La Kali Gandaki traverse la chaîne himalayenne entre le Dhaulagiri et l’Annapurna, dans une gorge que nous décrivons sur notre page gorges de la Kali Gandaki.

  • La Trishuli borde la grande route : selon Rough Guides, la route principale vers Katmandou la longe sur tout le parcours. Elle se descend en raft en deux ou trois jours le plus souvent, avec les plus beaux rapides en amont de Mugling, et l’on y partage la rivière avec d’autres groupes en octobre et novembre. Voir notre page rafting sur la Trishuli.
  • La Seti se descend en deux ou trois jours de Damauli jusqu’aux environs de Narayanghat ; son eau, très chaude selon Rough Guides, la rend agréable même en hiver.
  • La Kali Gandaki offre une partie haute plus sportive et une partie basse, de classe 2, au départ de Ramdi Ghat, sur la route Siddhartha.
  • Devghat est un lieu de pèlerinage : temples, ashrams et maisons de retraite y bordent le confluent, et une grande foire religieuse s’y tient à Makar Sankranti, en janvier, quand les fidèles du Népal et de l’Inde voisine viennent s’y baigner. Minibus et tempos y montent régulièrement depuis Narayanghat.

La Karnali, la plus grande rivière du pays

Dans l’extrême ouest, la Karnali est, selon Rough Guides, la plus grande et la plus longue rivière du Népal. Elle offre peut-être la meilleure expédition de rafting de ce type au monde : huit jours le plus souvent, avec de gros rapides, de superbes canyons et une nature préservée. On peut descendre la rivière jusque dans le parc national de Bardia, où éléphants sauvages, tigres, crocodiles et rhinocéros s’aperçoivent parfois depuis l’eau. L’accès est long : une longue route en bus vers Birendranagar, ou un vol vers Nepalgunj pour de nombreux groupes. Rough Guides la conseille particulièrement en mars et avril, à niveau bas ou moyen ; la Bheri, voisine, offre une alternative plus courte et plus facile. Pour visiter le parc, voyez notre page sur le parc national de Bardia.

Rafting et kayak : quelle rivière choisir ?

Le tableau reprend les classes de difficulté et les durées sur l’eau publiées par Rough Guides. Les classes ne sont qu’indicatives : la difficulté change beaucoup avec le niveau d’eau.

RivièreClasseJours sur l’eauPour qui
Basse Kali Gandaki24Débutants
Seti3-2 à 3Première descente, eau chaude
Haute Sun Koshi31Sortie d’une journée
Trishuli3+1 à 4Accès facile, très fréquentée en automne
Bheri3+6 à 8Alternative plus facile à la Karnali
Haute Kali Gandaki4-3Pagayeurs ayant déjà de l’expérience
Sun Koshi4-6 à 8Grande expédition
Karnali48Grande expédition en milieu sauvage
Tamor46Expédition dans l’est du pays
Marsyangdi4+4Équipes expérimentées
Bhote Koshi du Sindhupalchok4+1 à 2Rivière la plus raide, pour les plus aguerris

Quand partir ? Selon Rough Guides, la haute saison va de mi-octobre à novembre, avec une eau encore vive mais maîtrisable. En hiver, de décembre à février, beaucoup de prestataires s’arrêtent, mais la plupart des tronçons praticables coulent sous 500 m d’altitude, et la Seti reste chaude. De mars à mai, les niveaux remontent ; mars et avril offrent de longues journées douces. Pendant la mousson, de juillet à mi-septembre, le débit est dix fois plus fort ou davantage qu’en février-mars, et les grandes rivières sont réservées aux experts. Des barrages hydroélectriques ont aussi raccourci certains parcours, sur la Marsyangdi ou la Haute Kali Gandaki, et Rough Guides signale un barrage en construction près de la frontière tibétaine qui pourrait mettre fin au rafting sur la Bhote Koshi : faites préciser le tronçon exact.

Choisir son prestataire. Rough Guides recommande de ne réserver qu’auprès d’un membre de la Nepal Association of Rafting Agents, qui fixe des normes de sécurité et traite les plaintes, d’exiger au moins deux rafts par groupe et des kayakistes de sécurité au-delà de la classe 2, des guides formés aux premiers secours, des gilets et des casques en bon état. Avant de signer, demandez aussi comment le tronçon choisi a évolué après les crues de 2026. Pour aller plus loin, lisez nos pages rafting au Népal et expéditions sur la Kali Gandaki, la Sun Kosi et la Karnali.

Les rivières sacrées

Au Népal, les rivières sont aussi des lieux de prière. À Katmandou, le temple de Pashupatinath, le plus vénéré du pays selon l’Office du tourisme, se dresse sur les rives de la Bagmati, rivière sacrée. Le temple principal est réservé aux hindous : les visiteurs non hindous observent le site depuis les terrasses de la rive est. Voyez notre page sur le temple de Pashupatinath avant d’y aller.

Plus au sud, le confluent de Devghat attire les pèlerins, surtout à Makar Sankranti, et la Kali Gandaki livre les shaligrams, fossiles vénérés par les hindous. Au bord de l’eau, gardez une attitude discrète : on s’y baigne pour des rites et l’on y prie. Demandez toujours avant de photographier une personne.

Crues de 2026 : ce qui a changé

La mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre selon le service météorologique népalais. L’année 2026 a rappelé la violence des crues himalayennes :

  • 26 août 2026, Bhote Koshi du Rasuwa et Trishuli : des crues déclenchées par l’effondrement d’un glacier ont fait plus de 1 400 morts et des milliers de disparus, selon Al Jazeera (2 octobre 2026). Le gouvernement du Canada déconseille les voyages non essentiels dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot. Avant de réserver une descente de la Trishuli, demandez au prestataire quels tronçons sont rouverts et comment les berges ont changé.
  • 11 octobre 2026, Budhi Gandaki : selon le Kathmandu Post, la crue a emporté cinq ponts, dont quatre passerelles, dans le nord du district de Gorkha, la région du tour du Manaslu, et il ne reste plus de sentier entre Philim et Jagat. Sur 97 touristes enregistrés à Jagat, 12 ont pu faire demi-tour et les autres sont restés bloqués trois jours ; 19 étrangers ont été évacués par hélicoptère. Voyez notre page sur le tour du Manaslu.

Les glissements de terrain et les vidanges brutales de lacs glaciaires restent des risques réels : nos pages sur la mousson, les glissements de terrain et les inondations et sur les crues de lacs glaciaires expliquent comment s’en protéger.

Nos conseils au bord des rivières

  • Écoutez la rivière : si vous entendez un grondement sourd venant de l’amont, gagnez immédiatement un terrain élevé, conseille Rough Guides.
  • Ne vous baignez pas n’importe où : les courants sont puissants, surtout pendant la mousson, quand le débit peut décupler.
  • Prévoyez de la marge : une route qui longe une rivière peut être coupée après de fortes pluies ; gardez un jour de réserve avant un vol international.
  • Assurez-vous : vérifiez par écrit que votre contrat couvre le rafting, le kayak et l’évacuation par hélicoptère.

Pour préparer le reste de votre séjour, partez de notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Combien de rivières compte le Népal ?

Quelque 6 000 selon l’Office du tourisme du Népal, alimentées par la neige ou par la pluie. Quatre grands cours d’eau permanents naissent dans l’Himalaya : la Mahakali, la Karnali, la Narayani et la Koshi.

Quelle est la plus longue rivière du Népal ?

La Karnali, dans l’extrême ouest, présentée par Rough Guides comme la plus grande et la plus longue rivière du pays. On la descend en raft en huit jours environ, jusqu’au parc national de Bardia.

Quelle rivière choisir pour un premier rafting ?

La Trishuli (classe 3+) pour une sortie d’une à quatre journées, ou la Seti (classe 3-), aux eaux chaudes, en deux ou trois jours. La Basse Kali Gandaki (classe 2) convient aux débutants sur quatre jours.

Quelle est la meilleure saison pour le rafting au Népal ?

De mi-octobre à novembre, puis en mars-avril. Pendant la mousson, le débit est dix fois plus fort ou davantage qu’en février-mars et les grandes rivières sont réservées aux experts.

Peut-on faire du rafting sur la Trishuli en octobre 2026 ?

Renseignez-vous avant de réserver : la crue du 26 août 2026 a frappé la Bhote Koshi du Rasuwa et la Trishuli, et le Canada déconseille les voyages non essentiels dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot. Demandez au prestataire quels tronçons sont rouverts.

Où se trouve le confluent sacré de Devghat ?

À environ 5 km au nord-ouest de Narayanghat, là où la Kali Gandaki et la Trishuli forment la Narayani. Une grande foire religieuse s’y tient à Makar Sankranti, en janvier.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées