Rage au Népal : éviter les morsures et réagir vite

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • La rage est présente au Népal ; les chiens sont en cause dans plus de 96 % des cas selon la clinique CIWEC, mais singes et chauves-souris peuvent aussi la transmettre.
  • La moitié des expositions de voyageurs ont lieu près de Swayambhunath, le « temple des singes » de Katmandou, selon le Yellow Book des CDC.
  • Après une morsure, une griffure ou un léchage sur une plaie : lavez à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes, puis consultez le jour même.
  • Les cliniques de Katmandou qui soignent les voyageurs disposent presque toujours du traitement complet, immunoglobulines comprises.
  • Vaccin préventif : 2 injections à J0 et J7 (Institut Pasteur) ; il ne dispense pas de consulter après une exposition. Décision à prendre avec un professionnel de santé.
Un chien des rues à Katmandou
Un chien des rues à Katmandou. Photo : Alexkom000, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

La rage au Népal est une réalité que tout voyageur doit connaître : selon le gouvernement du Canada, elle est présente dans le pays et transmise par les chiens et certains animaux sauvages, dont les chauves-souris. Une fois les symptômes déclarés, la maladie est mortelle dans 100 % des cas, rappelle l’OMS. La bonne nouvelle, c’est qu’elle se prévient très bien : en évitant les contacts avec les animaux, en lavant immédiatement toute plaie et en recevant à temps le traitement après exposition, disponible dans les cliniques de Katmandou. Voici où se situe le risque, les gestes à faire et la question du vaccin préventif. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Ce guide ne remplace pas un avis médical : pour la vaccination comme pour toute exposition, consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage. Pour l’ensemble de votre préparation, voyez notre guide du voyage au Népal.

La rage au Népal en quelques faits

La clinique CIWEC, à Katmandou, qui suit des voyageurs depuis 1982, résume la situation dans une note de novembre 2024 : le Népal est un pays d’endémie rabique, et les chiens sont responsables de plus de 96 % des cas. Les singes et d’autres animaux, dont les chauves-souris, peuvent aussi transmettre le virus à l’humain. Le Yellow Book des CDC américains, dans son chapitre consacré au Népal, ajoute que la rage est très répandue chez les chiens du pays, même si Katmandou compte moins de chiens errants ces dernières années.

Le virus se transmet par la salive d’un animal infecté, lors d’une morsure, d’une griffure ou d’un contact avec une muqueuse ou une plaie. L’incubation dure en général deux à trois mois, mais peut aller d’une semaine à un an, selon l’OMS. C’est pourquoi la CIWEC insiste : il n’est jamais trop tard pour consulter après une exposition possible, même si plusieurs semaines ont passé.

Chiens, singes, chauves-souris : où se situe le risque ?

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas en trek que le voyageur court le plus de risques, mais en ville. Selon la CIWEC, la plupart des expositions de voyageurs au Népal se produisent à Katmandou, et les morsures ou griffures de singe représentaient 43 % des expositions de touristes dans une étude menée à la clinique. Les CDC précisent que la moitié des expositions de voyageurs à un animal possiblement enragé ont lieu près de Swayambhunath, le sanctuaire perché sur sa colline que l’on surnomme le temple des singes.

AnimalOù le croiserCe qu’il faut savoir
SingesSwayambhunath et les abords du temple de Pashupatinath, selon la CIWECIls peuvent devenir agressifs si on les approche et sauter sur le dos d’une personne s’ils sentent de la nourriture dans son sac (CDC). Après une morsure, il faut aussi évaluer le risque de virus B, présent chez les macaques d’Asie.
ChiensPartout, en ville comme dans les villages et sur les sentiersResponsables de plus de 96 % des cas au Népal (CIWEC). Méfiez-vous des chiots et des chiens qui gardent une maison ou un temple.
Chauves-sourisGrottes (le Canada cite les spéléologues parmi les voyageurs plus exposés), bâtimentsLeurs dents très fines peuvent ne laisser aucune marque visible, et le contact passe souvent pour anodin (CDC) : après tout contact avec une chauve-souris, consultez sans attendre.
Autres mammifèresPartoutMême règle : pas de contact, et consultation après toute morsure ou griffure.

Avant de visiter le Monkey Temple de Katmandou ou le temple de Pashupatinath, rangez toute nourriture dans un sac fermé, et ne laissez pas dépasser une bouteille ou un paquet de biscuits.

Comment éviter morsures et griffures

La CIWEC donne une liste de règles simples, que nous complétons avec celles du gouvernement du Canada :

  • ne caressez pas les chiots et ne les prenez pas dans vos bras ;
  • n’adoptez pas un chien errant, même pour la durée d’un trek ;
  • ne transportez pas de nourriture visible quand vous visitez un temple ;
  • ne vous approchez pas des bébés singes ;
  • n’entrez pas sans prévenir dans une maison ou un temple gardé par des chiens ;
  • évitez tout contact avec les animaux, y compris les chiens qui circulent librement, et surveillez de près les enfants (Canada).

Le Canada compte les enfants parmi les voyageurs plus exposés, et l’Institut Pasteur recommande la vaccination préventive des jeunes enfants dès qu’ils marchent. Expliquez-leur la règle avant le départ, gardez-les près de vous dans les temples et demandez-leur de vous signaler la moindre griffure. Notre page Népal en famille réunit d’autres conseils pour voyager avec eux.

Après une morsure ou une griffure : les gestes immédiats

  1. Lavez la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes, comme le recommandent l’OMS et le Canada ; les CDC conseillent même 20 minutes sous l’eau courante. Le but est d’éliminer la salive.
  2. Appliquez un antiseptique, comme le conseille la CIWEC (désinfectant de votre trousse).
  3. Consultez le jour même, même si la plaie paraît minime et même si vous êtes vacciné : France Diplomatie demande de consulter immédiatement un médecin après toute exposition à risque, vaccination à jour ou non.
  4. Si c’est un singe, signalez-le : les CDC recommandent d’évaluer aussi le besoin d’un traitement préventif contre le virus B, présent chez les macaques d’Asie.
  5. Prévenez votre assureur et gardez une trace écrite de tout ce que vous recevez.

L’OMS classe les contacts en trois catégories. Toucher ou nourrir un animal, ou un léchage sur une peau intacte, n’est pas une exposition. Un mordillement de la peau nue ou une petite griffure sans saignement impose le lavage et la vaccination immédiate. Une morsure ou une griffure qui traverse la peau, un léchage sur une peau lésée ou un contact avec une chauve-souris imposent en plus des immunoglobulines (ou des anticorps monoclonaux) si elles sont indiquées.

Le traitement après exposition au Népal

Le Canada indique que le traitement antirabique est souvent disponible au Népal. Les CDC précisent que les cliniques de Katmandou qui soignent les voyageurs disposent presque toujours du traitement complet, immunoglobulines humaines comprises ; ailleurs, le vaccin peut n’être disponible que dans les grands établissements urbains. La CIWEC indique avoir toujours tenu à disposition des immunoglobulines humaines (HRIG) et équines (ERIG).

Votre situationTraitement après exposition (CIWEC)
Vaccination préventive complète avant le voyageDeux injections de rappel, à trois jours d’intervalle ; pas d’immunoglobulines
Pas de vaccination préventiveImmunoglobulines injectées dans toutes les plaies, puis quatre injections de vaccin à J0, J3, J7 et J14 (cinq pour les personnes immunodéprimées) ; un schéma plus court par voie intradermique existe aussi

Les anticorps se forment sept à dix jours après le début de la vaccination ; les immunoglobulines protègent pendant ce délai. Au-delà de sept jours après la première dose de vaccin, elles ne doivent plus être administrées, explique la CIWEC. Les différents vaccins de culture cellulaire peuvent être utilisés l’un après l’autre si nécessaire.

En trek, les CDC notent que, grâce aux compagnies d’hélicoptères privées, la plupart des trekkeurs peuvent rejoindre Katmandou en un ou deux jours, et que, même sans hélicoptère, les trekkeurs mordus en montagne ont mis en moyenne cinq jours pour y revenir. D’où l’intérêt d’une assurance qui couvre l’évacuation. Demandez enfin, comme le conseille le Canada, un document écrit indiquant les dates, les noms des produits et les numéros de lot, photographiez les emballages et montrez le tout à un professionnel de santé à votre retour.

Faut-il se faire vacciner avant de partir ?

La décision se prend avec un professionnel de santé, selon votre voyage. Les repères des autorités :

  • Institut Pasteur : vaccination conseillée pour les séjours prolongés ou aventureux avec risque de contact animal, ou dans des zones isolées sans accès rapide aux soins, et pour les jeunes enfants dès qu’ils marchent ; schéma de deux injections à J0 et J7 (trois chez les personnes immunodéprimées).
  • Gouvernement du Canada : vaccination préventive possiblement recommandée pour les personnes plus exposées, comme les vétérinaires, les personnes qui travaillent avec la faune, les enfants, les voyageurs d’aventure et les spéléologues.
  • CDC : en discuter avant le départ si vos activités augmentent le risque ou si vous risquez d’avoir du mal à obtenir rapidement un traitement.
  • CIWEC : recommande que la plupart des voyageurs soient vaccinés avant le départ, car les immunoglobulines humaines sont très chères et difficiles à obtenir dans beaucoup de pays ; un rappel entre trois semaines et trois ans après la primovaccination donne une protection à long terme.

Le vaccin préventif ne dispense jamais de consulter après une exposition, mais il simplifie le traitement : deux injections au lieu d’immunoglobulines et de quatre doses. Faites le point sur l’ensemble de vos vaccins pour le Népal lors de la même consultation.

Nos conseils pratiques

  • Notez avant le départ l’adresse d’une clinique pour voyageurs à Katmandou et à Pokhara : notre page sur les hôpitaux et cliniques au Népal les recense.
  • Gardez du savon et un antiseptique dans votre trousse à pharmacie, y compris en ville.
  • En trek, demandez à votre guide d’écarter les chiens des villages et ne partagez pas votre repas avec eux.
  • Enregistrez les numéros d’urgence au Népal et celui de votre assureur dans votre téléphone.

En résumé, la rage au Népal se prévient par trois réflexes : aucun contact avec les animaux, un lavage de quinze minutes au moindre incident, et une consultation le jour même. Le vaccin préventif, à discuter avec votre médecin, rend le traitement plus simple si l’accident arrive. Recommandations à jour au 14 octobre 2026.

Questions fréquentes

Y a-t-il la rage au Népal ?

Oui. Le Népal est un pays d’endémie rabique : les chiens sont responsables de plus de 96 % des cas selon la clinique CIWEC, et les singes et les chauves-souris peuvent aussi transmettre le virus.

Que faire après une morsure de chien ou de singe au Népal ?

Lavez la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes, appliquez un antiseptique et consultez le jour même dans une clinique pour voyageurs, même si vous êtes vacciné. Pour un singe, signalez-le : un traitement contre le virus B peut aussi être envisagé.

Où trouver le traitement contre la rage au Népal ?

Les cliniques de Katmandou qui soignent les voyageurs disposent presque toujours du traitement complet, immunoglobulines comprises, selon les CDC. Ailleurs, le vaccin peut n’être disponible que dans les grands établissements urbains.

Le vaccin contre la rage est-il obligatoire pour le Népal ?

Non. Il est conseillé selon le séjour : séjours longs ou isolés, contacts avec les animaux, jeunes enfants. Le schéma préventif compte deux injections à J0 et J7 ; la décision se prend avec un professionnel de santé.

Les singes de Swayambhunath sont-ils dangereux ?

Ils peuvent mordre ou griffer, surtout s’ils sentent de la nourriture. Selon les CDC, la moitié des expositions de voyageurs à un animal possiblement enragé au Népal ont lieu près de Swayambhunath : gardez vos distances et rangez toute nourriture.

Peut-on encore se faire traiter plusieurs semaines après une morsure ?

Oui. L’incubation de la rage dure en général deux à trois mois, et la clinique CIWEC rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour consulter après une exposition possible.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées