Les zones humides Ramsar du Népal : les dix sites et comment les visiter

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le Népal compte 10 zones humides Ramsar (« zones humides d’importance internationale »), qui couvrent 60 561 hectares au total, selon le Nepal Tourism Board et le Département des parcs nationaux (DNPWC).
  • Quatre sites sont dans la plaine du Teraï (Koshi Tappu, Beeshazar, Ghodaghodi, Jagdishpur), deux dans les collines moyennes (Mai Pokhari, lacs de Pokhara) et quatre en haute montagne (Gokyo, Gosainkunda, Phoksundo, Rara).
  • Le premier, Koshi Tappu, a été inscrit en décembre 1987 ; le dernier, l’ensemble des neuf lacs de la vallée de Pokhara, en février 2016. Aucun nouveau site n’a été annoncé depuis.
  • Pour les oiseaux d’eau, venez de novembre à février ; au recensement de janvier 2026, les effectifs ont baissé dans la plupart des grandes zones humides, sauf à Pokhara.
  • Le label Ramsar ne crée pas de billet : on paie l’entrée du parc ou de la réserve quand le site en fait partie, par exemple 3 000 NPR pour un étranger aux parcs de Rara ou de Shey-Phoksundo.
Le lac de Beeshazar (Bish Hazari Tal), site Ramsar près de Chitwan
Le lac de Beeshazar (Bish Hazari Tal), site Ramsar près de Chitwan. Photo : Nischal Tiwari, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Les zones humides Ramsar du Népal sont dix lacs, marais et réservoirs que le pays a inscrits sur la liste de la Convention de Ramsar, le traité international sur les zones humides. On y trouve aussi bien un réservoir d’irrigation du Teraï couvert de lotus qu’un lac turquoise à 3 600 m au Dolpo. Pour le voyageur, cette liste est surtout une excellente carte des meilleurs sites d’observation des oiseaux et de quelques-uns des plus beaux lacs du pays. Voici les dix sites, ce qu’on y voit, comment y aller, ce que l’on paie et à quelle saison venir. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

Le Népal et la Convention de Ramsar

Le Népal a adhéré à la Convention de Ramsar en 1988. Selon le Nepal Tourism Board (NTB), le pays compte 242 zones humides, qui couvrent près de 5 % de son territoire, et dix d’entre elles sont inscrites comme sites Ramsar, pour une superficie totale de 60 561 hectares. Ce total est confirmé par la revue de Thagunna et ses coauteurs (Journal of Forest and Natural Resource Management, 2022), qui reprend les données du DNPWC, et la page du NTB consultée le 4 novembre 2026 donne toujours dix sites. Nous n’avons trouvé aucune annonce de onzième site au 4 novembre 2026.

Être inscrit sur la liste de Ramsar ne fait pas d’un lieu une aire protégée : certains sites sont dans des parcs nationaux (Rara, Phoksundo, Gokyo, Gosainkunda), d’autres dans une réserve (Koshi Tappu) ou une zone tampon (Beeshazar), d’autres encore hors de tout parc (Jagdishpur, Mai Pokhari). C’est ce statut qui détermine les règles et les droits d’entrée.

Les dix sites Ramsar en un tableau

SiteDistrictInscriptionSuperficieAltitude
Koshi TappuSunsari17 décembre 198717 500 ha75 à 81 m
Beeshazar et lacs associésChitwan13 août 20033 200 ha286 m
GhodaghodiKailali13 août 20032 563 ha205 m
Réservoir de JagdishpurKapilvastu13 août 2003225 ha197 m
Gokyo et lacs associésSolukhumbu23 septembre 20077 770 ha4 700 à 5 000 m
Gosainkunda et lacs associésRasuwa23 septembre 20071 030 ha4 000 à 4 700 m
Lac PhoksundoDolpa23 septembre 2007494 ha3 611 m
Lac RaraMugu23 septembre 20071 583 ha2 990 m
Mai PokhariIlamoctobre 200890 ha2 100 m
Lacs de la vallée de PokharaKaski2 février 201626 106 ha827 m

Source : tableau du DNPWC (2016) repris par Thagunna et al. (2022). Les dix superficies additionnées donnent bien 60 561 ha, et Koshi Tappu plus les trois sites de 2003 totalisaient 23 488 ha selon l’annonce du secrétariat de Ramsar de 2003 ; les fiches du registre officiel (rsis.ramsar.org) donnent les mêmes valeurs pour Koshi Tappu (17 500 ha, 17 décembre 1987) et Jagdishpur (225 ha). Les superficies sont celles du périmètre Ramsar, qui englobe forêts, berges et rizières : le lac lui-même est souvent plus petit (157 ha pour Jagdishpur selon The Kathmandu Post en 2026).

Les zones humides du Teraï : le paradis des oiseaux d’eau

Koshi Tappu, la plus ancienne

Dans la plaine de la Saptakoshi, à l’est, la réserve de Koshi Tappu est le premier site Ramsar du pays. La revue de Thagunna et al. y recense 485 espèces d’oiseaux, ce qui en fait l’un des hauts lieux de l’ornithologie au Népal ; la réserve protège aussi le buffle d’eau sauvage. Accès, saison et droits d’entrée sont détaillés sur notre page consacrée à la réserve de Koshi Tappu.

Beeshazar, dans la zone tampon de Chitwan

Beeshazar Tal, le « lac des vingt mille », est un vaste système de bras morts dans la zone tampon du parc national de Chitwan. La même revue y compte 273 espèces d’oiseaux, et le site sert de point d’eau et de corridor au rhinocéros, au tigre et au gavial. Selon Onlinekhabar (2016), on y accède depuis Narayanghat en descendant la route Mahendra sur environ 8 km jusqu’à Tikauli, puis par une piste d’environ 7 km jusqu’à l’entrée, où l’on acquittait alors un petit droit d’entrée. Nous n’avons trouvé aucun tarif publié et récent pour Beeshazar au 4 novembre 2026 : prévoyez quelques centaines de roupies en liquide et demandez le montant au guichet ou au comité de la zone tampon. Des crocodiles des marais y ont été réintroduits : restez à distance de la berge et venez avec un guide naturaliste. C’est une sortie facile depuis Bharatpur ou Sauraha.

Ghodaghodi, dans l’extrême ouest

Au Kailali, le long de la route Est-Ouest, le complexe de Ghodaghodi réunit plusieurs lacs séparés par des marais, avec un temple très fréquenté par les Tharus. Thagunna et al. y recensent environ 140 espèces d’oiseaux. The Rising Nepal (octobre 2024) y signale sentiers, promenades en barque et une forte affluence de visiteurs népalais pendant Dashain. Voir notre page sur le lac de Ghodaghodi.

Jagdishpur, au pays du Bouddha

Le réservoir de Jagdishpur, à environ 11 km au nord de Taulihawa (Kapilvastu), est un lac d’irrigation construit au début des années 1970 et devenu un site d’hivernage majeur. Il se combine facilement avec Lumbini et Tilaurakot : tout est expliqué sur notre page sur le réservoir de Jagdishpur.

Les sites des collines : Pokhara et Mai Pokhari

Le plus récent et le plus vaste des sites Ramsar est aussi le plus facile à visiter : l’ensemble des lacs de la vallée de Pokhara, inscrit le 2 février 2016. Il réunit neuf lacs du district de Kaski, dont le Phewa, le Begnas et le Rupa, ainsi que Dipang, Maidi, Khaste, Neureni, Gunde et Kamal Pokhari (Travel Biz News, 2016). Pas de billet pour se promener au bord des lacs : il suffit d’une barque sur le lac Phewa ou d’une matinée au calme autour du lac Begnas. Au recensement de janvier 2026, la vallée de Pokhara a été la seule grande zone humide où le nombre d’oiseaux d’eau a augmenté, avec environ 37 000 oiseaux (The Kathmandu Post, 2 février 2026).

À l’est, dans les collines à thé, Mai Pokhari est un petit lac sacré à 2 100 m, inscrit en octobre 2008, où la revue de Thagunna et al. signale environ 300 espèces d’oiseaux et des orchidées épiphytes. Hindous et bouddhistes y vénèrent la déesse Bhagwati. Voir notre page Mai Pokhari.

Les sites de haute montagne : des lacs au bout d’un trek

Les quatre sites inscrits le 23 septembre 2007 sont des lacs d’altitude qu’on rejoint à pied, avec un permis de parc national. Notre page sur les lacs du Népal les compare en détail ; voici l’essentiel pour les visiter.

  • Gokyo (parc national de Sagarmatha) : un chapelet de lacs entre 4 700 et 5 000 m, face au Cho Oyu. Comptez 3 000 NPR pour le parc et 3 000 NPR pour le permis local de Khumbu Pasang Lhamu. La municipalité n’applique pas l’obligation de guide, mais la page TIMS du NTB liste encore les itinéraires de l’Everest : faites confirmer la règle par écrit avant de partir seul. Voir le trek des lacs de Gokyo.
  • Gosainkunda (parc national de Langtang, 3 000 NPR) : lacs sacrés entre 4 000 et 4 700 m, lieu de pèlerinage à Janai Purnima. Le site est dans le district de Rasuwa, frappé par la crue de la Bhote Koshi du 26 août 2026 (plus de 1 400 morts et des milliers de disparus) ; selon Onlinekhabar (7 septembre 2026), les sentiers du Langtang et de Gosainkunda ont été gravement endommagés. Le Canada déconseille tout voyage non essentiel le long de la Trishuli, dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot (avis du 3 novembre 2026).
  • Phoksundo (parc national de Shey-Phoksundo) : lac turquoise à 3 611 m selon The Kathmandu Post, au Dolpo. Selon The Kathmandu Post (octobre 2025), l’entrée du parc coûte 3 000 NPR pour un étranger et 1 500 NPR pour un ressortissant de l’ASACR ; le parc a reçu 1 825 visiteurs étrangers en cinq ans. Il faut aussi le permis de zone réglementée du Bas-Dolpo.
  • Rara (parc national de Rara) : le plus grand lac du pays, à 2 990 m, dans les forêts du Mugu ; la brochure du DNPWC (2019) indique 3 000 NPR par entrée pour un étranger.

Dans les parcs nationaux et les aires de conservation, la règle du 1er avril 2023 impose aux trekkeurs étrangers un guide licencié et la carte TIMS (2 000 NPR), obtenus par une agence enregistrée. Notre page sur le guide francophone de trek au Népal explique comment s’organiser.

Quand visiter les zones humides du Népal ?

PériodeTeraï (Koshi Tappu, Beeshazar, Ghodaghodi, Jagdishpur)Haute montagne (Gokyo, Gosainkunda, Phoksundo, Rara)
Novembre à févrierLa meilleure saison : oiseaux d’eau migrateurs, recensement national en janvierFroid intense, neige possible sur les sentiers
Mars à maiChaleur croissante, migrateurs repartisBonne saison de trek (printemps)
Juin à septembreMousson : pistes boueuses, routes coupéesPluies, glissements de terrain, sentiers risqués
OctobreFin des pluies, oiseaux migrateurs qui arriventLa meilleure saison de trek (automne)

Selon The Kathmandu Post, les oiseaux migrateurs restent à Jagdishpur jusqu’en février. Le recensement de janvier 2026, mené du 3 au 18 janvier sur 78 sites de 18 grandes zones humides, a montré une baisse dans la plupart d’entre elles : par rapport à 2025, de 10 000 à 6 000 oiseaux sur la Koshi et de 1 250 à 1 000 à Ghodaghodi ; à Jagdishpur, 10 282 oiseaux seulement, contre environ 23 000 en 2018. Les ornithologues mettent en cause l’empiétement sur les berges, les barques, les pique-niques bruyants, la pêche illégale et les pesticides. Pour choisir la saison et le matériel, voyez notre page sur l’observation des oiseaux au Népal.

Visiter une zone humide sans la déranger

  • Venez tôt : l’aube est le meilleur moment pour les oiseaux, et le site est plus calme avant l’arrivée des pique-niqueurs.
  • Gardez vos distances : pas de barque au milieu des groupes d’oiseaux, pas de cris ni de musique. Une paire de jumelles remplace avantageusement l’approche.
  • Prudence au bord de l’eau : crocodiles à Beeshazar, faune sauvage dans les zones tampons ; marchez avec un guide naturaliste dans les secteurs forestiers.
  • Ne rapportez rien : ni plumes, ni œufs, ni plantes aquatiques, et n’achetez aucun produit issu d’une espèce protégée.
  • Remportez vos déchets, surtout le plastique, qui finit dans les lacs.
  • Respectez les lieux sacrés : Gosainkunda, Mai Pokhari et Ghodaghodi sont des sites de pèlerinage ; tenue correcte et sens de circulation autour des temples.

Combiner les sites Ramsar dans un voyage

Quelques combinaisons naturelles : Beeshazar avec un safari dans le parc national de Chitwan (2 000 NPR par jour pour un étranger) ; Jagdishpur avec Lumbini et Kapilvastu ; les lacs de Pokhara avec un trek dans les Annapurnas ; Koshi Tappu et Mai Pokhari dans un circuit de l’est. Les lacs d’altitude demandent, eux, un trek complet et une bonne acclimatation : consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant de monter au-delà de 3 500 m. Pour situer ces zones humides parmi les parcs du pays, consultez notre page sur les parcs nationaux du Népal, et pour préparer l’ensemble du séjour, notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Combien le Népal compte-t-il de sites Ramsar ?

Dix, qui couvrent 60 561 hectares au total selon le Nepal Tourism Board. Le premier, Koshi Tappu, a été inscrit en 1987 et le dernier, l’ensemble des lacs de la vallée de Pokhara, en 2016 ; aucun nouveau site n’a été annoncé au 4 novembre 2026.

Quel est le plus grand site Ramsar du Népal ?

L’ensemble des lacs de la vallée de Pokhara, avec 26 106 hectares, devant Koshi Tappu (17 500 ha), selon les données du DNPWC. Le plus petit est Mai Pokhari, dans l’Ilam, avec 90 hectares.

Faut-il payer pour visiter un site Ramsar au Népal ?

Le label Ramsar ne crée pas de billet. On paie l’entrée de l’aire protégée quand le site en fait partie : 3 000 NPR pour un étranger aux parcs de Rara ou de Shey-Phoksundo, 3 000 NPR au parc de Sagarmatha pour Gokyo. Les lacs de Pokhara se visitent librement.

Quand observer les oiseaux dans les zones humides du Népal ?

De novembre à février, quand les oiseaux d’eau migrateurs hivernent dans le Teraï et à Pokhara. Le recensement national a lieu en janvier ; venez à l’aube, le moment le plus calme.

Peut-on aller à Gosainkunda en novembre 2026 ?

Prudence : les sentiers du Langtang et de Gosainkunda ont été gravement endommagés par la crue du 26 août 2026, et le Canada déconseille tout voyage non essentiel le long de la Trishuli, dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot. Faites confirmer l’état des sentiers par une agence avant tout projet.

Quel site Ramsar visiter sans trek ?

Les lacs de la vallée de Pokhara, Beeshazar près de Bharatpur, Jagdishpur près de Lumbini, Ghodaghodi au bord de la route Est-Ouest et Koshi Tappu dans l’est se visitent sans marche d’approche. Les quatre sites de haute montagne demandent un trek.

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Sources consultées