Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les zones humides Ramsar du Népal sont dix lacs, marais et réservoirs que le pays a inscrits sur la liste de la Convention de Ramsar, le traité international sur les zones humides. On y trouve aussi bien un réservoir d’irrigation du Teraï couvert de lotus qu’un lac turquoise à 3 600 m au Dolpo. Pour le voyageur, cette liste est surtout une excellente carte des meilleurs sites d’observation des oiseaux et de quelques-uns des plus beaux lacs du pays. Voici les dix sites, ce qu’on y voit, comment y aller, ce que l’on paie et à quelle saison venir. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
Le Népal a adhéré à la Convention de Ramsar en 1988. Selon le Nepal Tourism Board (NTB), le pays compte 242 zones humides, qui couvrent près de 5 % de son territoire, et dix d’entre elles sont inscrites comme sites Ramsar, pour une superficie totale de 60 561 hectares. Ce total est confirmé par la revue de Thagunna et ses coauteurs (Journal of Forest and Natural Resource Management, 2022), qui reprend les données du DNPWC, et la page du NTB consultée le 4 novembre 2026 donne toujours dix sites. Nous n’avons trouvé aucune annonce de onzième site au 4 novembre 2026.
Être inscrit sur la liste de Ramsar ne fait pas d’un lieu une aire protégée : certains sites sont dans des parcs nationaux (Rara, Phoksundo, Gokyo, Gosainkunda), d’autres dans une réserve (Koshi Tappu) ou une zone tampon (Beeshazar), d’autres encore hors de tout parc (Jagdishpur, Mai Pokhari). C’est ce statut qui détermine les règles et les droits d’entrée.
| Site | District | Inscription | Superficie | Altitude |
|---|---|---|---|---|
| Koshi Tappu | Sunsari | 17 décembre 1987 | 17 500 ha | 75 à 81 m |
| Beeshazar et lacs associés | Chitwan | 13 août 2003 | 3 200 ha | 286 m |
| Ghodaghodi | Kailali | 13 août 2003 | 2 563 ha | 205 m |
| Réservoir de Jagdishpur | Kapilvastu | 13 août 2003 | 225 ha | 197 m |
| Gokyo et lacs associés | Solukhumbu | 23 septembre 2007 | 7 770 ha | 4 700 à 5 000 m |
| Gosainkunda et lacs associés | Rasuwa | 23 septembre 2007 | 1 030 ha | 4 000 à 4 700 m |
| Lac Phoksundo | Dolpa | 23 septembre 2007 | 494 ha | 3 611 m |
| Lac Rara | Mugu | 23 septembre 2007 | 1 583 ha | 2 990 m |
| Mai Pokhari | Ilam | octobre 2008 | 90 ha | 2 100 m |
| Lacs de la vallée de Pokhara | Kaski | 2 février 2016 | 26 106 ha | 827 m |
Source : tableau du DNPWC (2016) repris par Thagunna et al. (2022). Les dix superficies additionnées donnent bien 60 561 ha, et Koshi Tappu plus les trois sites de 2003 totalisaient 23 488 ha selon l’annonce du secrétariat de Ramsar de 2003 ; les fiches du registre officiel (rsis.ramsar.org) donnent les mêmes valeurs pour Koshi Tappu (17 500 ha, 17 décembre 1987) et Jagdishpur (225 ha). Les superficies sont celles du périmètre Ramsar, qui englobe forêts, berges et rizières : le lac lui-même est souvent plus petit (157 ha pour Jagdishpur selon The Kathmandu Post en 2026).
Dans la plaine de la Saptakoshi, à l’est, la réserve de Koshi Tappu est le premier site Ramsar du pays. La revue de Thagunna et al. y recense 485 espèces d’oiseaux, ce qui en fait l’un des hauts lieux de l’ornithologie au Népal ; la réserve protège aussi le buffle d’eau sauvage. Accès, saison et droits d’entrée sont détaillés sur notre page consacrée à la réserve de Koshi Tappu.
Beeshazar Tal, le « lac des vingt mille », est un vaste système de bras morts dans la zone tampon du parc national de Chitwan. La même revue y compte 273 espèces d’oiseaux, et le site sert de point d’eau et de corridor au rhinocéros, au tigre et au gavial. Selon Onlinekhabar (2016), on y accède depuis Narayanghat en descendant la route Mahendra sur environ 8 km jusqu’à Tikauli, puis par une piste d’environ 7 km jusqu’à l’entrée, où l’on acquittait alors un petit droit d’entrée. Nous n’avons trouvé aucun tarif publié et récent pour Beeshazar au 4 novembre 2026 : prévoyez quelques centaines de roupies en liquide et demandez le montant au guichet ou au comité de la zone tampon. Des crocodiles des marais y ont été réintroduits : restez à distance de la berge et venez avec un guide naturaliste. C’est une sortie facile depuis Bharatpur ou Sauraha.
Au Kailali, le long de la route Est-Ouest, le complexe de Ghodaghodi réunit plusieurs lacs séparés par des marais, avec un temple très fréquenté par les Tharus. Thagunna et al. y recensent environ 140 espèces d’oiseaux. The Rising Nepal (octobre 2024) y signale sentiers, promenades en barque et une forte affluence de visiteurs népalais pendant Dashain. Voir notre page sur le lac de Ghodaghodi.
Le réservoir de Jagdishpur, à environ 11 km au nord de Taulihawa (Kapilvastu), est un lac d’irrigation construit au début des années 1970 et devenu un site d’hivernage majeur. Il se combine facilement avec Lumbini et Tilaurakot : tout est expliqué sur notre page sur le réservoir de Jagdishpur.
Le plus récent et le plus vaste des sites Ramsar est aussi le plus facile à visiter : l’ensemble des lacs de la vallée de Pokhara, inscrit le 2 février 2016. Il réunit neuf lacs du district de Kaski, dont le Phewa, le Begnas et le Rupa, ainsi que Dipang, Maidi, Khaste, Neureni, Gunde et Kamal Pokhari (Travel Biz News, 2016). Pas de billet pour se promener au bord des lacs : il suffit d’une barque sur le lac Phewa ou d’une matinée au calme autour du lac Begnas. Au recensement de janvier 2026, la vallée de Pokhara a été la seule grande zone humide où le nombre d’oiseaux d’eau a augmenté, avec environ 37 000 oiseaux (The Kathmandu Post, 2 février 2026).
À l’est, dans les collines à thé, Mai Pokhari est un petit lac sacré à 2 100 m, inscrit en octobre 2008, où la revue de Thagunna et al. signale environ 300 espèces d’oiseaux et des orchidées épiphytes. Hindous et bouddhistes y vénèrent la déesse Bhagwati. Voir notre page Mai Pokhari.
Les quatre sites inscrits le 23 septembre 2007 sont des lacs d’altitude qu’on rejoint à pied, avec un permis de parc national. Notre page sur les lacs du Népal les compare en détail ; voici l’essentiel pour les visiter.
Dans les parcs nationaux et les aires de conservation, la règle du 1er avril 2023 impose aux trekkeurs étrangers un guide licencié et la carte TIMS (2 000 NPR), obtenus par une agence enregistrée. Notre page sur le guide francophone de trek au Népal explique comment s’organiser.
| Période | Teraï (Koshi Tappu, Beeshazar, Ghodaghodi, Jagdishpur) | Haute montagne (Gokyo, Gosainkunda, Phoksundo, Rara) |
|---|---|---|
| Novembre à février | La meilleure saison : oiseaux d’eau migrateurs, recensement national en janvier | Froid intense, neige possible sur les sentiers |
| Mars à mai | Chaleur croissante, migrateurs repartis | Bonne saison de trek (printemps) |
| Juin à septembre | Mousson : pistes boueuses, routes coupées | Pluies, glissements de terrain, sentiers risqués |
| Octobre | Fin des pluies, oiseaux migrateurs qui arrivent | La meilleure saison de trek (automne) |
Selon The Kathmandu Post, les oiseaux migrateurs restent à Jagdishpur jusqu’en février. Le recensement de janvier 2026, mené du 3 au 18 janvier sur 78 sites de 18 grandes zones humides, a montré une baisse dans la plupart d’entre elles : par rapport à 2025, de 10 000 à 6 000 oiseaux sur la Koshi et de 1 250 à 1 000 à Ghodaghodi ; à Jagdishpur, 10 282 oiseaux seulement, contre environ 23 000 en 2018. Les ornithologues mettent en cause l’empiétement sur les berges, les barques, les pique-niques bruyants, la pêche illégale et les pesticides. Pour choisir la saison et le matériel, voyez notre page sur l’observation des oiseaux au Népal.
Quelques combinaisons naturelles : Beeshazar avec un safari dans le parc national de Chitwan (2 000 NPR par jour pour un étranger) ; Jagdishpur avec Lumbini et Kapilvastu ; les lacs de Pokhara avec un trek dans les Annapurnas ; Koshi Tappu et Mai Pokhari dans un circuit de l’est. Les lacs d’altitude demandent, eux, un trek complet et une bonne acclimatation : consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant de monter au-delà de 3 500 m. Pour situer ces zones humides parmi les parcs du pays, consultez notre page sur les parcs nationaux du Népal, et pour préparer l’ensemble du séjour, notre page pilier voyage au Népal.
Dix, qui couvrent 60 561 hectares au total selon le Nepal Tourism Board. Le premier, Koshi Tappu, a été inscrit en 1987 et le dernier, l’ensemble des lacs de la vallée de Pokhara, en 2016 ; aucun nouveau site n’a été annoncé au 4 novembre 2026.
L’ensemble des lacs de la vallée de Pokhara, avec 26 106 hectares, devant Koshi Tappu (17 500 ha), selon les données du DNPWC. Le plus petit est Mai Pokhari, dans l’Ilam, avec 90 hectares.
Le label Ramsar ne crée pas de billet. On paie l’entrée de l’aire protégée quand le site en fait partie : 3 000 NPR pour un étranger aux parcs de Rara ou de Shey-Phoksundo, 3 000 NPR au parc de Sagarmatha pour Gokyo. Les lacs de Pokhara se visitent librement.
De novembre à février, quand les oiseaux d’eau migrateurs hivernent dans le Teraï et à Pokhara. Le recensement national a lieu en janvier ; venez à l’aube, le moment le plus calme.
Prudence : les sentiers du Langtang et de Gosainkunda ont été gravement endommagés par la crue du 26 août 2026, et le Canada déconseille tout voyage non essentiel le long de la Trishuli, dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot. Faites confirmer l’état des sentiers par une agence avant tout projet.
Les lacs de la vallée de Pokhara, Beeshazar près de Bharatpur, Jagdishpur près de Lumbini, Ghodaghodi au bord de la route Est-Ouest et Koshi Tappu dans l’est se visitent sans marche d’approche. Les quatre sites de haute montagne demandent un trek.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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