Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Dhorpatan est l’un des secrets les mieux gardés du Népal : une large vallée d’altitude, vers 2 900 m, entourée de forêts et de hauts pâturages, au cœur de la seule réserve de chasse du pays. On y vient pour marcher vers les prairies de Bukipatan, croiser des troupeaux en estive, visiter de petits temples et un ancien établissement tibétain, loin de toute foule étrangère. Le trek le plus simple se fait en six jours depuis Pokhara, dont deux de jeep ; il ne présente aucune difficulté technique, mais il demande de l’autonomie, car les hébergements sont rares au-dessus de la vallée. Il s’adresse aux voyageurs qui ont déjà goûté aux grands treks et cherchent un Népal authentique. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
Selon le Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune (DNPWC), la réserve a été créée en 1987 et couvre 1 325 km² sur les districts de Rukum (aujourd’hui Rukum Est), Baglung et Myagdi. Elle compte 32 espèces de mammifères et 164 espèces d’oiseaux, dont le danphe (lophophore resplendissant, l’oiseau national du Népal) et le faisan chir. La chasse sportive y est autorisée, sur permis écrit, dans sept blocs délimités, pendant des périodes fixées et pour des espèces désignées : surtout le bharal (mouton bleu) et le tahr de l’Himalaya, selon des quotas annuels attribués par mise en concurrence.
Le lieu a aussi une histoire humaine. Au début des années 1960, Dhorpatan fut l’un des sites choisis pour installer des réfugiés tibétains ; une petite communauté y vit toujours, au milieu d’une population surtout magar et chantyal. Pendant la guerre civile (1996-2006), les insurgés maoïstes ont fait de la réserve un sanctuaire. Aujourd’hui, la vallée attire surtout des touristes népalais : 37 520 visiteurs sur l’exercice 2082/83, dont 37 270 Népalais, selon le bureau de la réserve cité par l’agence RSS.
| Élément | Détail au 4 novembre 2026 |
|---|---|
| Durée totale | 6 jours depuis Pokhara (2 jours de jeep, 4 jours sur place) |
| Distance de marche | — (aucune source fiable ne publie de kilométrage) |
| Altitude maximale | Tikadhara, vers 4 190 m, en bordure des pâturages de Bukipatan |
| Hébergement | Hôtels et homestays dans la vallée ; abri de bergers ou camping au-dessus |
| Permis | Droit d’entrée de la réserve ; carte TIMS à faire confirmer par l’agence |
| Guide obligatoire | Aucune obligation publiée (Dhorpatan absent de la liste du Nepal Tourism Board) ; à faire confirmer, guide fortement recommandé |
| Nombre minimum de trekkeurs | Aucun (zone non réglementée) |
| En autonomie | Oui, sous réserve de confirmation écrite de la règle ; guide fortement conseillé au-dessus de la vallée |
| Meilleure saison | Mars à mai, septembre à novembre |
| Accès | Jeep Pokhara – Baglung – Burtibang – Dhorpatan |
| Niveau | Modéré : pas de difficulté technique, mais une journée au-dessus de 4 000 m et un grand isolement |
Les durées sont celles publiées par Infor Nepal, qui recoupe les informations des guides locaux ; aucune source fiable ne donne de distances de marche, d’où les « — ».
| Jour | Étape | Distance (km) | Durée | Altitude d’arrivée | Hébergement |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Jeep Pokhara – Baglung – Burtibang – Dhorpatan | Environ 230 km de route | 7 à 9 h | Vallée de Dhorpatan (2 850 à 2 900 m) | Hôtel ou homestay |
| 2 | Journée dans la vallée : temples de Nisheldhor et de Dhorbarah, établissement tibétain, acclimatation | — | Balades | Dhorpatan | Hôtel ou homestay |
| 3 | Dhorpatan – abri de bergers par Sanghure Gauda, Chepte Dhunga et Garpacheda | — | 4 à 5 h | Environ 700 m au-dessus de la vallée | Abri ou tente |
| 4 | Montée à Tikadhara par les pâturages de Bukipatan, retour à l’abri | — | 5 à 6 h jusqu’à Tikadhara | Tikadhara (vers 4 190 m) | Abri ou tente |
| 5 | Descente vers Dhorpatan | — | — | Dhorpatan | Hôtel ou homestay |
| 6 | Jeep Dhorpatan – Pokhara | Environ 230 km | 7 à 9 h | Pokhara | Hôtel |
Le premier jour de marche gagne environ 700 m en 4 à 5 heures, jusqu’à un abri de pierre de bergers. Les CDC recommandent, au-dessus de 3 000 m, de ne pas monter son altitude de couchage de plus de 500 m par jour : ce gain dépasse légèrement la règle, d’où l’importance de la journée passée dans la vallée et d’un rythme lent. La journée de Tikadhara est la plus haute : partez tôt, redescendez dormir plus bas et faites demi-tour au moindre symptôme sérieux. Consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant le départ.
Peut-on y aller sans guide ? Oui, selon les règles publiées, mais sous réserve. L’obligation de guide licencié et de carte TIMS en vigueur depuis le 1er avril 2023 vise les parcs nationaux et les aires de conservation ; la liste des itinéraires concernés publiée par le Nepal Tourism Board, consultée le 4 novembre 2026, ne cite pas Dhorpatan, et le Département de l’immigration ne classe pas la réserve en zone réglementée. Aucune obligation de guide n’est donc connue. Mais Dhorpatan reste une aire protégée, gérée par le DNPWC : faites confirmer la règle par écrit au bureau de la réserve ou par une agence avant de partir sans guide. Dans la vallée, un voyageur autonome se débrouille sans difficulté ; au-dessus, vers Bukipatan, le balisage est rare et un guide local reste le meilleur choix.
| Permis | Coût | Durée | Où l’obtenir |
|---|---|---|---|
| Droit d’entrée de la réserve de chasse de Dhorpatan | 3 000 NPR (étranger) ; 1 500 NPR (ASACR) ; 100 NPR (Népalais) ; gratuit pour les moins de 10 ans | Par personne et par entrée | Centre de service touristique de Katmandou (Bhrikutimandap) ou à l’entrée |
| Carte TIMS | 2 000 NPR | Pour le trek, si l’agence la juge requise sur votre itinéraire | Par une agence enregistrée |
| Permis de chasse | Sur quota du DNPWC | Saison fixée | Uniquement pour les chasseurs, via appel d’offres |
L’obligation de guide licencié et de carte TIMS en vigueur depuis le 1er avril 2023 vise les parcs nationaux et les aires de conservation ; la liste des régions concernées publiée par le Nepal Tourism Board cite de grands massifs, dont le Dhaulagiri, sans détailler Dhorpatan. Or Dhorpatan est une réserve de chasse, une catégorie différente, et Infor Nepal indiquait en 2026 qu’aucune règle de zone réglementée n’y impose de guide, contrairement au Haut-Mustang. Faites confirmer la règle par votre agence et prenez de toute façon un guide, car le balisage est rare au-dessus de la vallée. Voir notre page guide obligatoire au Népal et notre page carte TIMS.
Environ deux douzaines d’hôtels et de homestays accueillent les visiteurs dans la vallée de Dhorpatan, selon le responsable du homestay communautaire local, cité par Infor Nepal en 2026. Au-dessus, il n’y a pas de réseau de lodges : l’abri de pierre des bergers ou une tente prennent le relais, et il faut monter sa nourriture. Aucune source récente fiable ne publie de prix ; prévoyez assez d’argent liquide depuis Pokhara. Les homestays permettent de partager la vie des familles de la vallée : demandez avant de photographier les habitants et les autels, et respectez les usages des temples.
| Poste | Montant de référence | Commentaire |
|---|---|---|
| Droit d’entrée | 3 000 NPR | Environ 20 USD au taux du 13 octobre 2026 |
| Carte TIMS | 2 000 NPR | Via l’agence, si elle est requise |
| Guide | Minimum TAAN 3 100 NPR par jour ; marché 25 à 30 USD par jour | Pour 6 jours, transport compris à négocier |
| Porteur | Minimum TAAN 2 400 NPR par jour ; marché 20 à 25 USD par jour | Utile pour le matériel de camping |
| Jeep Pokhara – Dhorpatan | Sans montant sourcé | 4x4 indispensable pour la piste depuis Burtibang |
| Hébergement et repas | Sans montant sourcé | Homestays dans la vallée |
Le Nepal Tourism Board conseille mars-avril et octobre-novembre ; l’hiver (décembre à février) est froid, venteux et enneigé, et la neige peut couper l’accès aux hauts pâturages. Le printemps (mars à mai) et l’automne (septembre à novembre) restent les périodes les plus recommandées par les guides. La mousson (juillet à septembre selon le NTB) n’est pas à exclure : selon Infor Nepal, c’est la grande saison des fleurs sauvages à Bukipatan, où plus de 2 500 moutons montent en estive depuis les districts voisins. Mais les routes de montagne deviennent alors plus aléatoires. Voir notre page sur le climat du Népal.
De Pokhara, une route de 72 km mène à Baglung. De Baglung, il reste 158 km jusqu’à Dhorpatan (126 km goudronnés et 32 km de piste), soit 5 à 6 heures ; la dernière section, de Burtibang à Dhorpatan, se fait en 4x4 en deux heures environ. Au total, Pokhara – Dhorpatan représente environ 230 km et 7 à 9 heures de jeep ; depuis Katmandou, ajoutez le trajet jusqu’à Pokhara et prévoyez-y une nuit avant de repartir à l’aube. Une autre route, Saljhandi – Sandhikharka – Dhorpatan (197 km), est en construction depuis 2008-2009 et n’était avancée qu’à environ 45 % en 2026.
Dhorpatan n’est pas un trek « clé en main » : peu d’infrastructures au-dessus de la vallée, une longue route d’accès et des règles à faire confirmer. Mais c’est l’une des rares régions où l’on marche encore presque sans croiser d’étrangers, au milieu des éleveurs et de la faune sauvage. Karma Trek, agence partenaire de himalaya-nepal.com, peut organiser ce trek. Pour d’autres idées, voyez notre liste des treks au Népal et notre page voyage au Népal.
Dans l’ouest du Népal, sur les districts de Rukum Est, Baglung et Myagdi. Créée en 1987, elle couvre 1 325 km² selon le DNPWC ; son quartier général est à Dhorpatan, dans une vallée vers 2 850 à 2 900 m.
Par la route : environ 230 km par Baglung et Burtibang, soit 7 à 9 heures de jeep, dont 32 km de piste entre Burtibang et Dhorpatan.
Au 4 novembre 2026, 3 000 NPR par personne et par entrée pour un étranger, 1 500 NPR pour un ressortissant de l’ASACR et 100 NPR pour un Népalais ; gratuit pour les moins de 10 ans. Ajoutez la carte TIMS (2 000 NPR) si votre agence la juge requise.
Le plus accessible monte aux pâturages de Bukipatan et à Tikadhara (vers 4 190 m) en deux jours depuis la vallée. Le Guerrilla Trek, plus long, relie Beni à Rolpa en passant par Dhorpatan.
Oui, environ deux douzaines d’hôtels et de homestays accueillent les visiteurs dans la vallée. Au-dessus, il faut compter sur un abri de bergers ou une tente.
Au printemps (mars à mai) ou en automne (septembre à novembre). L’été est la saison des fleurs à Bukipatan, mais les routes sont plus incertaines ; l’hiver est froid et enneigé.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal