Trek des lacs de Gokyo : itinéraire, Gokyo Ri et conseils pratiques

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Les lacs de Gokyo forment un chapelet de 19 lacs glaciaires entre 4 710 et 4 950 m, dans le parc national de Sagarmatha, classé site Ramsar depuis 2007 (7 770 ha).
  • Le sommet du Gokyo Ri (5 357 m) offre l’un des plus beaux panoramas de la région sur l’Everest (8 849 m), le Cho Oyu et le glacier de Ngozumpa.
  • Comptez 10 à 11 jours de marche de Lukla à Lukla selon les programmes d’agence consultés (14 jours depuis Katmandou), sans les jours de marge pour la météo.
  • Permis au 4 novembre 2026 : parc national de Sagarmatha 3 000 NPR et permis local de Khumbu Pasang Lhamu 3 000 NPR ; pas de TIMS ; guide non imposé par la municipalité mais recommandé, règle à faire confirmer par écrit.
  • Meilleures saisons : octobre-novembre et mars-mai ; possibilité de rejoindre le camp de base de l’Everest par le col du Cho La (5 420 m).
Le lac de Gokyo depuis le sommet du Gokyo Ri
Le lac de Gokyo depuis le sommet du Gokyo Ri. Photo : Vyacheslav Argenberg, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Le trek des lacs de Gokyo est l’une des plus belles alternatives à la route classique du camp de base de l’Everest. Plus calme, il remonte la vallée de la Dudh Koshi jusqu’à une série de lacs turquoise posés entre 4 710 et 4 950 mètres, au pied du Cho Oyu, puis culmine au Gokyo Ri (5 357 m), d’où l’on voit l’Everest, le Lhotse, le Makalu et le Cho Oyu. Ce guide présente l’itinéraire, les altitudes vérifiées, la durée, les permis, la meilleure saison, la façon de l’organiser en autonomie et les erreurs à éviter. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

Les lacs de Gokyo en quelques chiffres

Les lacs de Gokyo se trouvent dans le parc national de Sagarmatha (Solukhumbu), inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979. Le complexe « Gokyo et lacs associés » a été désigné zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar en septembre 2007. Selon la fiche Ramsar, il couvre 7 770 hectares, dont 196,2 hectares de plans d’eau répartis en 19 lacs. Les lacs sont alimentés notamment par les infiltrations du glacier de Ngozumpa, qui longe la vallée.

LieuAltitude ou donnée cléRemarque
Lukla (aéroport)2 846 mDébut du trek
Namche Bazaar3 440 mJournée d’acclimatation conseillée
Lacs de Gokyo4 710 à 4 950 m19 lacs, 196,2 ha d’eau
Thonak Cho65 haLe plus grand et le plus profond des lacs
Gokyo Cho (Dudh Pokhari)42,9 haLe lac au bord duquel se trouve le village de Gokyo
Village de Gokyo4 750 mDe 4 700 à 4 790 m selon les sources ; lodges
Gokyo Ri5 357 mPoint de vue sur l’Everest et le Cho Oyu
Cho La (col)5 420 mPassage vers la vallée du camp de base
Renjo La (col)5 360 mPassage vers Lungden et Thame
En autonomieOuiGuide non imposé par la municipalité, mais recommandé ; règle à faire confirmer par écrit

Les altitudes des cols varient légèrement selon les cartes (de quelques dizaines de mètres) ; nous retenons les valeurs les plus couramment publiées.

Itinéraire du trek des lacs de Gokyo

L’itinéraire classique suit la même route que le trek de l’Everest jusqu’à Namche Bazaar, puis bifurque vers le nord-ouest, dans la vallée de la Dudh Koshi supérieure, au lieu de partir vers Tengboche. Les durées de marche indiquées sont celles d’un programme d’agence consulté : elles varient selon votre rythme.

  1. Lukla – Phakding, dans la vallée de la Dudh Koshi : première journée courte (3 à 4 h), en descente puis en faux plat le long de la rivière.
  2. Montée à Namche Bazaar (3 440 m) : entrée dans le parc national à Monjo, contrôle des permis, puis longue montée (5 à 6 h).
  3. Acclimatation à Namche : randonnée vers les hauteurs du village ou vers Khumjung, retour dormir à Namche. Voir notre page sur Namche Bazaar.
  4. Namche – Dole (4 200 m) : le sentier quitte la grande route de l’Everest ; comptez 6 à 7 h de marche. Avec environ 760 m de plus qu’à Namche, cette nuit dépasse les 500 m par nuit conseillés par les CDC : surveillez les symptômes du mal des montagnes.
  5. Dole – Machhermo (4 400 à 4 470 m selon les agences) : étape de 5 à 6 h. Les programmes consultés n’y prévoient pas de journée de repos, mais en ajouter une à Dole ou à Machhermo respecte mieux la règle des CDC d’une nuit supplémentaire tous les 1 000 m.
  6. Machhermo – Gokyo (4 700 à 4 790 m selon les sources) : 5 à 6 h de marche ; on longe les premiers lacs avant d’atteindre le village, au bord du lac Gokyo Cho.
  7. Ascension du Gokyo Ri (5 357 m) : départ avant l’aube pour profiter du lever du soleil sur l’Everest, puis exploration des lacs supérieurs (quatrième et cinquième lacs) pour les plus en forme.
  8. Retour : redescente vers Lukla en trois jours par Dole et Namche, ou en quatre jours par le Renjo La, Lungden et Thame, selon les programmes consultés ; les plus aguerris poursuivent par le Cho La vers le camp de base de l’Everest.

Au total, les deux programmes d’agence consultés comptent 10 à 11 jours de marche de Lukla à Lukla, soit 14 jours depuis Katmandou, sans les journées de marge pour la météo. La combinaison avec le camp de base de l’Everest par le Cho La rallonge nettement le trek : comptez plusieurs jours de plus (voir la dernière partie de ce guide).

Faire ce trek en autonomie

Le trek de Gokyo s’organise sans agence : les permis s’achètent soi-même, les lodges jalonnent toute la vallée et l’aller-retour par Dole et Machhermo ne présente aucun passage technique. Les points de vigilance sont la règle du guide, l’altitude et, pour qui veut boucler par un col, le Cho La.

Peut-on y aller sans guide ?

Oui, dans la pratique actuelle, mais faites-le confirmer. Les lacs se trouvent dans le parc national de Sagarmatha, où la règle nationale du 1er avril 2023 impose en principe guide licencié et carte TIMS. La municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu refuse de l’appliquer et admet les trekkeurs solitaires, contrôlés grâce à sa carte locale, selon le Kathmandu Post. Au 4 novembre 2026, la page TIMS du Nepal Tourism Board range pourtant toujours le trek de Gokyo, la variante du Renjo La et le Cho La parmi les itinéraires à guide obligatoire ; des agences annoncent un durcissement en 2026 sans avis officiel, et l’amendement parlementaire qui rendrait le guide obligatoire sur des itinéraires himalayens désignés n’était pas adopté à notre connaissance. Faites confirmer la règle par écrit auprès de la municipalité, du bureau du parc à Monjo ou du Nepal Tourism Board avant de partir seul.

  • Recruter son guide soi-même : passez par une agence locale enregistrée ou par les membres de l’association des agences de trek (TAAN) ; demandez à voir la carte de licence de guide de trek et vérifiez que le guide et le porteur sont assurés. Minimum de référence TAAN : 3 100 NPR par jour pour un guide, 2 400 NPR pour un porteur (marché : 25 à 30 USD et 20 à 25 USD). Si vous engagez un porteur, assurez-vous qu’il est bien équipé. Voir notre page guide de trek au Népal.
  • Aller au départ et revenir : vol pour Lukla, réservé directement auprès d’une compagnie ; en automne, la plupart des vols partent de Manthali (Ramechhap), qu’il faut rejoindre par la route. Sans avion, une piste relie Salleri à Surkhe, juste sous Lukla, depuis janvier 2025 selon le Kathmandu Post.
  • Acheter ses permis : droit du parc au bureau du Nepal Tourism Board de Bhrikutimandap, à Katmandou, ou à l’entrée du parc à Monjo ; permis local à Lukla. Passeport en main, paiement en roupies.
  • Argent : aucune source fiable ne signale de distributeur au-dessus de Namche ; retirez à Katmandou et emportez assez de roupies en espèces pour toute la boucle.
  • Dormir et manger sans réserver : lodges à Dole, Machhermo et Gokyo, où l’on trouve en général un lit en arrivant ; en octobre-novembre, arrivez à l’étape en début d’après-midi.
  • S’orienter : le sentier de la vallée est facile à suivre par beau temps. Emportez une carte papier et une carte hors ligne (OpenStreetMap). Les passages où l’on se perd sont la traversée du glacier de Ngozumpa, entre Gokyo et Thangnak, et les cols du Cho La et du Renjo La, surtout dans le brouillard ou sous la neige.
  • Réseau, secours, assurance : ne comptez pas sur le réseau mobile dans les hauteurs ; un téléphone satellite ou une balise reste le moyen le plus sûr. L’assurance doit couvrir 5 400 m et l’évacuation en hélicoptère. Notez les numéros de notre page numéros d’urgence au Népal.
  • Quand ne pas partir seul : pour franchir le Cho La ou le Renjo La, en hiver, après une chute de neige, ou si c’est votre premier trek au-dessus de 4 500 m. Le marcheur qui ne sait pas encore comment son corps réagit à l’altitude a tout intérêt à marcher accompagné.

Apprendre quelques mots de népali facilite les échanges dans les lodges et avec les porteurs.

Le lac de Gokyo et les cairns du Gokyo Ri
Le lac de Gokyo et les cairns du Gokyo Ri. Photo : Vyacheslav Argenberg, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Gokyo Ri : le panorama qui fait la réputation du trek

Le Gokyo Ri domine le village de Gokyo, sur la rive ouest du glacier de Ngozumpa. Sa montée, raide et sans difficulté technique, prend deux à quatre heures pour environ 600 mètres de dénivelé, selon le Routard, à près de 5 000 mètres d’altitude : elle exige une bonne acclimatation. Au sommet, le regard embrasse quatre des six plus hauts sommets du monde, dont l’Everest, et le long ruban de débris du glacier de Ngozumpa. Le col du Renjo La offre une vue comparable : l’Everest, le Lhotse, le Makalu et le Cho Oyu, avec les lacs de Gokyo en contrebas.

Combien de temps et quel niveau ?

Le trek de Gokyo ne présente aucun passage technique tant que l’on revient par le même chemin. La difficulté tient à l’altitude : on dort au-dessus de 4 700 mètres et l’on monte à plus de 5 300 mètres. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) recommandent, au-dessus de 3 000 mètres, de ne pas augmenter son altitude de couchage de plus de 500 mètres par nuit et d’ajouter une nuit d’acclimatation tous les 1 000 mètres gagnés. C’est pourquoi l’itinéraire progresse par petites étapes. Une bonne condition physique, l’habitude des journées de cinq à sept heures de marche et une préparation de quelques mois sont recommandées. Lisez nos conseils sur l’acclimatation en altitude et consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant de partir.

Permis pour le trek de Gokyo au 4 novembre 2026

  • Parc national de Sagarmatha : 3 000 NPR par étranger.
  • Permis local de Khumbu Pasang Lhamu : 3 000 NPR.
  • Carte TIMS : non exigée dans cette municipalité rurale.
  • Guide : non imposé par la municipalité de Khumbu Pasang Lhamu, contrairement aux Annapurnas ou au Langtang, mais fortement recommandé, surtout si vous comptez franchir le Cho La ; le Nepal Tourism Board liste pourtant ce trek parmi ceux à guide obligatoire (voir la partie sur le trek en autonomie).

Détails et lieux d’achat : voir notre page sur le permis Everest (Sagarmatha et Khumbu) et notre tableau des coûts des permis par région.

Vue aérienne du glacier de Ngozumpa et des lacs de Gokyo
Vue aérienne du glacier de Ngozumpa et des lacs de Gokyo. Photo : Original: Megaurab09 Derivative work: UnpetitproleX, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Quand faire le trek des lacs de Gokyo ?

  • Octobre et novembre : ciel le plus souvent dégagé après la mousson, lacs d’un bleu intense, nuits froides. C’est la saison la plus fréquentée.
  • Mars à mai : températures plus douces, rhododendrons en fleurs dans les vallées basses, mais plus de brume l’après-midi.
  • Décembre à février : saison de la neige selon l’Office du tourisme du Népal, avec des journées autour de 5 °C dans le parc de Sagarmatha et des nuits bien plus froides à Gokyo ; le Cho La peut devenir dangereux sous la neige.
  • Juin à septembre : mousson, nuages, vols pour Lukla souvent annulés. La région du Khumbu est alors presque déserte.

Lors de la fête de Janai Purnima, qui tombe généralement en août, des pèlerins hindous viennent se baigner dans les lacs, considérés comme sacrés par les hindous comme par les bouddhistes : respectez les lieux de baignade rituelle et ne jetez rien dans l’eau.

Risques à connaître

Le premier risque est le mal aigu des montagnes : au moindre symptôme sérieux, redescendez. Le deuxième est la météo : une chute de neige peut fermer le Cho La ou rendre la traversée du glacier de Ngozumpa délicate. Les lacs eux-mêmes sont situés dans une zone glaciaire jugée fragile, et une vidange brutale de lac glaciaire reste une menace dans le Khumbu : le 16 août 2024, une crue liée à une vidange de lacs glaciaires a ravagé le village de Thame, sur la route du Renjo La, selon le Kathmandu Post. Pour en savoir plus, lisez notre page sur les crues de lacs glaciaires au Népal et nos conseils de sécurité en trek.

Conseils pratiques et erreurs à éviter

  1. Ne pas aller trop vite entre Namche et Gokyo : c’est l’erreur classique de ce trek, car la vallée invite à avancer.
  2. Prévoir deux ou trois jours de marge pour les vols de Lukla, souvent annulés par le brouillard. Voir notre guide des vols pour Lukla.
  3. Emporter de quoi purifier l’eau plutôt que d’acheter des bouteilles en plastique.
  4. Vérifier son assurance : elle doit couvrir le trek jusqu’à 5 500 mètres et l’évacuation en hélicoptère.
  5. Bien équiper son porteur si vous en engagez un : vêtements chauds, chaussures adaptées, hébergement correct et charge raisonnable.

Gokyo, camp de base ou trois cols : que choisir ?

Si c’est votre premier trek en haute altitude, le trek du camp de base de l’Everest reste le plus encadré et le mieux équipé. Gokyo séduit ceux qui veulent davantage de calme et de paysages lacustres. Les marcheurs aguerris peuvent relier les deux par le Cho La, voire enchaîner les trois cols : tous les détails sont dans notre guide du trek des trois cols. Pour préparer l’ensemble de votre séjour, partez de notre guide du voyage au Népal.

Questions fréquentes

À quelle altitude sont les lacs de Gokyo ?

Les 19 lacs de Gokyo s’étagent entre 4 710 et 4 950 mètres d’altitude, dans le parc national de Sagarmatha, selon la fiche Ramsar du site.

Quelle est l’altitude du Gokyo Ri ?

Le Gokyo Ri culmine à 5 357 mètres. Son sommet offre une vue sur l’Everest, le Lhotse, le Makalu et le Cho Oyu.

Combien de jours faut-il pour le trek des lacs de Gokyo ?

Les programmes d’agence consultés comptent 10 à 11 jours de marche de Lukla à Lukla, soit 14 jours depuis Katmandou. Ajoutez deux ou trois jours de marge pour la météo et les vols, voire une journée d’acclimatation à Dole ou à Machhermo.

Peut-on combiner Gokyo et le camp de base de l’Everest ?

Oui, par le col du Cho La (5 420 m), qui relie Gokyo à la vallée du camp de base. Ce passage glaciaire demande une bonne acclimatation et, idéalement, un guide.

Faut-il un guide pour le trek de Gokyo ?

La municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu ne l’impose pas, mais le Nepal Tourism Board range encore Gokyo parmi les treks à guide obligatoire : au 4 novembre 2026, faites confirmer la règle par écrit avant de partir seul. Les permis requis sont celui du parc de Sagarmatha (3 000 NPR) et le permis local (3 000 NPR).

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Sources consultées