Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les orchidées du Népal forment l’un des trésors botaniques les plus riches de l’Himalaya. Accrochées aux troncs des forêts de moyenne montagne, cachées dans les sous-bois ou poussant jusqu’aux prairies d’altitude, elles sont plusieurs centaines d’espèces, dont certaines n’existent nulle part ailleurs. Encore faut-il savoir où et quand les chercher : la plupart fleurissent pendant la mousson, quand peu de voyageurs sont sur place. Voici les chiffres clés, les saisons, les meilleurs sites, et les règles à respecter, car le commerce des orchidées sauvages est une vraie menace. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
La liste de référence la plus complète, publiée en 2013 dans le Nordic Journal of Botany par Maan Bahadur Rokaya et ses collègues, recense 458 taxons répartis en 104 genres, dont 437 espèces, 16 variétés, 3 sous-espèces et 2 formes. Elle compte 18 espèces endémiques du Népal. Les orchidées y poussent de 60 à 5 200 m d’altitude, des forêts de plaine du Teraï aux pelouses alpines. Les décomptes plus récents tendent vers le haut : Mongabay, en décembre 2022, parle d’environ 500 espèces dans les forêts et les champs du pays, sur quelque 30 000 dans le monde.
On distingue deux grandes familles de formes. Les orchidées épiphytes vivent sur les arbres sans les parasiter, en puisant l’humidité de l’air : une revue publiée dans la revue forestière népalaise Banko Janakari en recense 207 espèces. Les orchidées terrestres poussent dans le sol, comme les Dactylorhiza des prairies d’altitude ou les Habenaria des sous-bois. La vallée de Katmandou est réputée pour la richesse de ses épiphytes.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Nombre de taxons | 458, dont 437 espèces (Rokaya et al., 2013) ; environ 500 espèces selon Mongabay (2022) |
| Endémiques | 18 espèces selon Rokaya et al. (2013) |
| Altitude | De 60 à 5 200 m |
| Pic de floraison | Juin à août, maximum en juillet |
| Près de Katmandou | Plus de 80 espèces dans le paysage de Godavari et du Phulchowki |
| Statut | Une espèce à l’annexe I de la CITES, presque toutes les autres à l’annexe II |
La liste de Rokaya et ses collègues situe la saison de floraison principale entre juin et août, avec le plus grand nombre d’espèces en fleur en juillet. Pour les épiphytes, la revue de Banko Janakari va dans le même sens : sur les espèces dont la floraison est connue, 64 fleurissent en été (de mai à août), contre 13 au printemps, 12 en automne et 6 en hiver, beaucoup fleurissant sur plusieurs saisons. La mousson, qui s’installe normalement vers la mi-juin et se retire début octobre selon le service météorologique népalais, est donc la grande saison des orchidées.
Que faire si vous venez en octobre ou en novembre, la saison la plus courue ? Vous verrez surtout des plantes sans fleurs sur les troncs, et quelques espèces de fin de saison. Le printemps (mars-avril) est un bon compromis : quelques orchidées fleurissent, comme à Salahesh Fulbari, et les rhododendrons, fleur nationale du Népal, sont en pleine floraison (voyez notre page sur les rhododendrons du Népal).
Au sud de la vallée de Katmandou, le paysage de Godavari et du Phulchowki abrite plus de 80 espèces d’orchidées, selon un reportage du Nepali Times de mars 2025 ; le Living Mountain Lab de l’ICIMOD, sur ces pentes, en a recensé 54 à lui seul. On y croise notamment Coelogyne nitida, aux pétales blancs et au cœur doré, l’une des plus communes du Phulchowki, mais aussi Dendrobium bicameratum, Habenaria intermedia, Phalaenopsis taenialis, Rhynchostylis retusa ou Coelogyne cristata. Un botaniste y a même trouvé Lecanorchis japonica, une orchidée sans feuilles qui vit sous terre et ne fleurit que quelques jours, connue jusque-là en Chine, au Japon et en Corée.
Le jardin botanique national de Godavari est la porte d’entrée idéale : sa collection d’orchidées permet de voir des espèces étiquetées, même hors saison, avant de partir sur les sentiers. Au-dessus, la randonnée du Phulchowki traverse les forêts de chênes et de rhododendrons où poussent les épiphytes. Le même reportage rappelle la fragilité du site : cueillette illégale, routes et chantiers ont fait disparaître des arbres couverts d’orchidées, comme ceux abattus pour agrandir le parking des bus de pique-niqueurs de Godavari.
Dans l’est du Teraï, le jardin de Salahesh Fulbari, dans la municipalité de Lahan (district de Siraha), attire chaque année des foules venues du Népal et d’Inde. On vient y voir fleurir une orchidée que le Département des ressources végétales du Népal a identifiée comme Dendrobium aphyllum, accrochée à un arbre appelé haram (Bischofia javanica). Selon la croyance locale, elle s’épanouit à l’aube du 1er Baisakh, le Nouvel An népalais, et fane le soir ; les botanistes notent que la floraison commence en fait autour de la mi-avril, parfois avant le Nouvel An (Onlinekhabar). La légende y voit le symbole de l’amour du héros populaire Salahesh et de sa bien-aimée, une jardinière, et de jeunes couples viennent y chercher une bénédiction.
Le Nouvel An 2084 du calendrier népalais (1er Baisakh) devrait tomber le 14 avril 2027 selon les calendriers bikram sambat ; la liste officielle des jours fériés de 2084 n’est pas encore publiée au 4 novembre 2026, la date reste donc à confirmer. Attendez-vous à une foule très dense : en 2026, l’affluence avait déjà grimpé deux jours avant la fête, et l’orchidée commençait tout juste à s’ouvrir sur le haram, devant le temple (Ratopati, 13 avril 2026). Laissez la priorité aux fidèles, demandez avant de photographier et ne touchez pas aux fleurs.
Partout où subsistent des forêts humides de moyenne altitude, les troncs portent des orchidées. Le parc national de Shivapuri-Nagarjun, au nord de Katmandou, est facile d’accès (voyez notre page du parc national de Shivapuri). En trek, les forêts de chênes et de rhododendrons des collines, entre les rizières et les alpages, sont les plus riches ; en altitude, les prairies d’été abritent des orchidées terrestres comme Dactylorhiza hatagirea. Pour replacer les orchidées dans l’ensemble de la végétation, lisez notre page sur la flore du Népal.
| Lieu | Période conseillée | Ce qui vous attend |
|---|---|---|
| Jardin botanique de Godavari | Toute l’année | Collection d’orchidées, espèces identifiées |
| Forêts du Phulchowki | Juin à août, et printemps | Plus de 80 espèces dans le paysage, épiphytes sur les chênes |
| Salahesh Fulbari (Siraha) | Mi-avril, autour du Nouvel An népalais | Dendrobium aphyllum, grand pèlerinage |
| Forêts de Shivapuri-Nagarjun | Mousson et printemps | Épiphytes des forêts de la vallée |
| Prairies d’altitude en trek | Été | Orchidées terrestres comme Dactylorhiza |
Les orchidées sauvages du Népal sont menacées par la récolte et le trafic, surtout pour la médecine ayurvédique et la médecine traditionnelle chinoise, qui utilisent tiges, racines, fleurs, bulbes et tubercules. Selon Mongabay (décembre 2022), une seule espèce népalaise, Paphiopedilum venustum, figure à l’annexe I de la CITES, et presque toutes les autres à l’annexe II. Le Népal n’ayant pas encore établi les plans nationaux de gestion exigés, leur commerce y est illégal en pratique. L’écart des chiffres en dit long : la Chine a déclaré 36 187 kg d’orchidées importées du Népal entre 2008 et 2016, contre 1 897 kg selon les autorités népalaises. Une saisie de 75 kg de Dactylorhiza hatagirea séché, dans le district de Gorkha, a été estimée à 22,07 millions de roupies.
Plusieurs plantes médicinales de l’Himalaya posent la même question ; voyez notre page sur les plantes médicinales de l’Himalaya.
Les orchidées du Népal récompensent les voyageurs qui osent la mousson ou prennent le temps d’une matinée à Godavari. Elles se combinent naturellement avec les papillons du Népal, qui fréquentent les mêmes forêts. Pour préparer l’ensemble de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal.
La liste de référence de Rokaya et ses collègues (2013) recense 458 taxons, dont 437 espèces et 18 endémiques. Mongabay parlait en 2022 d’environ 500 espèces.
La floraison culmine de juin à août, avec un maximum en juillet, pendant la mousson. En octobre-novembre, on voit surtout des plantes sans fleurs, sauf au jardin botanique.
Au jardin botanique national de Godavari, qui possède une collection d’orchidées, et dans les forêts du Phulchowki voisin, où plus de 80 espèces ont été recensées selon le Nepali Times (mars 2025).
C’est un jardin sacré du district de Siraha, dans l’est du Teraï, où des foules viennent voir fleurir l’orchidée Dendrobium aphyllum autour du Nouvel An népalais, attendu le 14 avril 2027 (date à confirmer).
Non. Presque toutes les orchidées du Népal sont inscrites à l’annexe II de la CITES et leur commerce y est illégal en pratique, faute de plans de gestion. N’achetez ni plante, ni bulbe, ni poudre.
C’est le rhododendron, et non une orchidée. Il fleurit au printemps, en mars et avril, dans les mêmes forêts de moyenne montagne que de nombreuses orchidées.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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