Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les papillons du Népal sont l’un des secrets les mieux gardés du pays. Entre la plaine du Teraï et les hautes vallées himalayennes, le pays rassemble de 650 à près de 700 espèces selon les décomptes, dont plusieurs qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Bonne nouvelle pour le voyageur : les meilleurs sites sont à moins d’une heure de Katmandou, dans les forêts qui ceinturent la vallée. Voici combien d’espèces vous pouvez espérer, quand venir, où aller, comment vous comporter et ce qu’il faut savoir sur les espèces rares. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
Les chiffres varient selon les auteurs et l’année du décompte. Le Nepal Tourism Board avance 651 espèces, soit environ 3,7 % des papillons du monde. Un article publié en 2025 dans le Journal of Threatened Taxa retient 678 espèces, le décompte le plus récent selon ses auteurs, établi à partir des travaux de Colin Smith (2010), qui en comptait 660, et de Subedi et ses collègues (2021). Le chercheur népalais Sanej Suwal, interrogé par Mongabay en novembre 2024, parle de 692 espèces identifiées, dont plus de deux douzaines d’espèces et de sous-espèces endémiques. À titre de comparaison, l’Inde, environ 22 fois plus vaste, en compte autour de 1 500 selon le même entretien.
Le Nepal Tourism Board résume bien la répartition : environ 90 % des espèces sont d’origine orientale (tropicale et subtropicale) et vivent dans les basses et moyennes altitudes, tandis qu’environ 10 % sont des espèces paléarctiques, adaptées au froid, qu’on rencontre au-dessus de 3 000 m. Pour le voyageur, cela veut dire que la plus grande diversité se trouve dans les collines boisées et les vallées, pas en haute montagne. Pour l’ensemble de la faune, voyez notre page sur la faune du Népal.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Nombre d’espèces | 651 (Nepal Tourism Board), 678 (Journal of Threatened Taxa, 2025), 692 (Sanej Suwal, 2024) |
| Endémiques | Plus de deux douzaines d’espèces et de sous-espèces |
| Répartition | Environ 90 % d’espèces orientales en basse et moyenne altitude, 10 % paléarctiques au-dessus de 3 000 m |
| Meilleures périodes | Fin mars-avril, mi-mai à mi-juin, fin août-septembre |
| Sites phares | Godavari et Phulchowki, Shivapuri-Nagarjun, collines de la vallée de Katmandou |
| Règle | Capture interdite : observation et photographie seulement |
Le Nepal Tourism Board retient trois fenêtres : fin mars et avril, de la mi-mai à la mi-juin, puis de la fin août à septembre. La vallée de Katmandou a l’avantage d’offrir des papillons toute l’année, avec des journées autour de 18 °C même au cœur de l’hiver, selon le même organisme. Lors du grand comptage participatif de mai 2025, les observateurs rappelaient que papillons et espèces rares se voient surtout en forêt en mars, avril, juin et juillet (Kantipur).
La mousson, qui s’installe normalement vers la mi-juin et se retire début octobre selon le service météorologique népalais, n’est pas une saison morte, bien au contraire : une étude menée en 2021 et 2022 dans la vallée de Dhorpatan, en altitude, a décrit la saison d’avant la mousson comme généralement sèche et jugé la mousson, de juin à juillet, optimale pour suivre la diversité des papillons de haute altitude. La contrepartie, ce sont les sentiers glissants et les sangsues dans les forêts humides. En octobre, saison préférée des voyageurs, Sanej Suwal souligne un ciel clair et des températures favorables : vous ne verrez pas le pic d’abondance, mais de bonnes conditions d’observation.
Au sud de la vallée de Katmandou, le secteur qui monte de Godavari, vers 1 360 m, jusqu’au sommet du Phulchowki est le plus riche du pays pour les papillons forestiers. Plus de 150 espèces y ont été recensées, pour la plupart des espèces de forêt, rapportent Khanal, Chalise et Solanki (Journal of Threatened Taxa, 2013), d’après un inventaire de Smith (1989). Sanej Suwal le dit sans détour : Godavari est à ses yeux l’habitat le plus important du pays pour les papillons, un point chaud d’espèces menacées et endémiques.
Le jardin botanique national de Godavari, au pied de la montagne, est le point de départ idéal : allées fleuries, ruisseaux et lisières attirent les papillons, et la forêt commence juste au-dessus. Billet, horaires et accès sont détaillés sur notre page du jardin botanique de Godavari. Les marcheurs poursuivront par la randonnée du Phulchowki, point culminant du pourtour de la vallée, à travers des forêts de chênes et de rhododendrons.
Ces forêts n’ont pas le statut d’aire protégée, soulignent les mêmes chercheurs. Les carrières de marbre ont asséché des ruisseaux et détruit une partie de l’habitat d’espèces rares ; routes, pique-niques et cueillette les fragilisent aussi. Une sous-espèce endémique, Phaedyma aspasia kathmandia, ne vit que sur une petite zone de la forêt de Godavari, entre 1 600 et 1 800 m : des relevés en 2011 et 2012 n’en ont trouvé que 11 individus (Journal of Natural History Museum, 2013). Restez sur les sentiers et ne laissez aucun déchet.
Au nord de Katmandou, le parc national de Shivapuri-Nagarjun abrite 102 espèces de papillons, 177 espèces d’oiseaux et 19 de mammifères selon le Nepal Tourism Board. On y accède par Budhanilkantha, à 11 km du centre. Le parc a l’avantage d’être une aire protégée, avec des forêts continues. Un droit d’entrée se paie à la porte : la fiche du Nepal Tourism Board affiche 250 NPR par personne et par entrée pour les étrangers comme pour les ressortissants de l’ASACR, mais des guides récents citent des montants plus élevés et nous n’avons pas trouvé de barème à jour publié par le DNPWC, ni la mention de la TVA : vérifiez le tarif à l’entrée. Sentiers et accès sont présentés sur notre page du parc national de Shivapuri ; pour une journée complète, voyez la randonnée au sommet du Shivapuri.
Le Nepal Tourism Board cite d’autres sites de la vallée, chacun avec son caractère :
| Type de milieu | Sites cités par le Nepal Tourism Board | Ce que vous y verrez |
|---|---|---|
| Pied des collines et ruisseaux forestiers | Swayambhu, Godavari, Nagarjun, Budhanilkantha, Sundarijal | Surtout des espèces orientales |
| Sommets boisés | Phulchowki, Jamachowk (Nagarjun), Shivapuri | Espèces forestières plus rares |
| Broussailles ouvertes | Nagarkot, Suryavinayak, Chandragiri | Espèces de milieux ouverts |
| Campagne ouverte | Gorge de Chobar | Peu d’activité, espèces orientales très communes |
Hors de la vallée, les grands parcs de plaine comme Chitwan et les vallées de montagne réservent aussi de belles rencontres, en particulier pendant les treks de printemps. Notre page sur les parcs nationaux du Népal vous aidera à choisir.
Le plus célèbre des papillons népalais est le Kaiser-i-Hind (Teinopalpus imperialis), un grand porte-queue vert. Une étude de 2014 publiée par le Journal of Natural History Museum de Katmandou le décrit comme menacé, inscrit à l’annexe II de la CITES, et ne vivant qu’entre 2 180 et 3 000 m environ, dans les forêts de feuillus persistants et de chênes. Il ne vole que peu de temps chaque année, de mai à la première semaine de juillet. Les chercheurs en ont relevé 21 populations au Phulchowki et 8 individus dans la forêt de Nagarjun, mais aucun à Nagarkot, où l’habitat est trop dégradé.
Parmi les endémiques, on cite notamment des espèces de haute altitude comme Polyommatus nepalensis, un petit azuré relevé dans la vallée de Dhorpatan (Journal of Threatened Taxa, 2025). Ces espèces discrètes demandent de la patience, de bonnes jumelles à mise au point rapprochée et, idéalement, un naturaliste local.
Le Nepal Tourism Board rappelle que la collecte de papillons, pratiquée autrefois par les naturalistes britanniques, est interdite au Népal. Concrètement :
Le Népal a ses comptages participatifs. Lors de la campagne « Big Butterfly » de 2025, le groupe Butterfly Watchers Nepal a relevé 335 papillons de 129 espèces sur 25 sites de 13 districts (Kantipur, mai 2025). Un autre comptage national, rattaché à l’Asia Nature Challenge, se tient en octobre et novembre, pendant la saison des fêtes, et utilise la plateforme iNaturalist ; plus de 100 membres s’y étaient inscrits en 2024 (Mongabay, novembre 2024). Si vous voyagez à cette période, vous pouvez y contribuer : photographiez, notez le lieu et la date, et versez vos observations sur iNaturalist. C’est une façon simple d’aider la science népalaise, qui manque encore de données.
Les papillons du Népal ne demandent ni permis spécial ni long trek : quelques heures dans les forêts de Godavari ou de Shivapuri, au bon moment de l’année, suffisent pour une première rencontre mémorable. Pour bâtir l’ensemble de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal.
Les décomptes vont de 651 espèces (Nepal Tourism Board) à 678 (Journal of Threatened Taxa, 2025) et 692 (Sanej Suwal, 2024). Plus de deux douzaines d’espèces et de sous-espèces sont endémiques.
Le Nepal Tourism Board retient fin mars-avril, la mi-mai à la mi-juin et la fin août-septembre. La vallée de Katmandou offre des papillons toute l’année, et octobre donne de bonnes conditions d’observation.
Les forêts de Godavari et du Phulchowki, au sud de la vallée, où plus de 150 espèces ont été recensées, et le parc national de Shivapuri-Nagarjun, au nord, qui en compte 102 selon le Nepal Tourism Board.
Non. La collecte de papillons est interdite au Népal, et les espèces inscrites à la CITES, comme le Kaiser-i-Hind, ne peuvent pas être commercialisées hors du pays sans permis. Contentez-vous d’observer et de photographier.
C’est un grand papillon porte-queue vert, Teinopalpus imperialis, inscrit à l’annexe II de la CITES. Au Népal, il vit entre 2 180 et 3 000 m environ et ne vole que de mai à début juillet, notamment au Phulchowki.
Ce n’est pas obligatoire autour de Katmandou, mais un naturaliste local vous fera gagner beaucoup de temps. Dans les parcs nationaux, respectez les règles d’entrée et les consignes des gardes.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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