Trek Barpak Laprak : deux villages gurung au pied du Manaslu, sans permis ni guide imposé

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le trek Barpak Laprak relie en une journée de marche (4 h 30 à 6 h selon les sources) deux villages gurung et ghale du nord du Gorkha, en passant par une épaule boisée vers 2 800 m, Boshu Khang.
  • Altitudes : Barpak vers 1 900 m, Laprak entre 2 100 et 2 300 m selon les sources ; aucun risque notable de mal des montagnes.
  • Barpak est l’épicentre du séisme du 25 avril 2015 (magnitude 7,8 selon l’USGS) ; Laprak a reçu un village de relogement, Gupsipakha, resté en grande partie vide.
  • Hors de l’aire de conservation du Manaslu et hors zone réglementée : aucune obligation de guide ni de carte TIMS connue au 4 novembre 2026.
  • Accès : route de 46 km depuis Bahrakilo, sur la route Abu Khaireni-Gorkha, longue et poussiéreuse ; meilleures saisons : octobre-novembre et mars-mai.
Barpak et ses maisons de pierre, dans le district de Gorkha
Barpak et ses maisons de pierre, dans le district de Gorkha. Photo : Krish Dulal, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le trek Barpak Laprak est l’une des plus belles petites randonnées de village du Népal central : trois à cinq jours au départ de Katmandou ou de Pokhara, deux bourgs gurung perchés face au massif du Manaslu, une montée en forêt de rhododendrons jusque vers 2 800 m et des nuits chez l’habitant. Le niveau est modéré, l’altitude maximale reste sous 3 000 m et, parce que l’itinéraire se trouve hors de toute aire protégée et de toute zone réglementée, un voyageur autonome peut l’organiser lui-même. C’est aussi un voyage de mémoire : Barpak est l’épicentre du séisme de 2015. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

Fiche technique du trek Barpak Laprak

RubriqueInformation
Durée totale3 à 5 jours depuis Katmandou ou Pokhara, dont 1 à 3 jours de marche
Distance de marcheAucune source fiable ne donne de kilométrage
Altitude maximaleBoshu Khang, vers 2 800 m (deux agences concordent)
HébergementHomestays et petits lodges tenus par des villageois
PermisAucun permis de trek connu pour Barpak et Laprak
Guide obligatoireNon (hors aire protégée), mais conseillé
En autonomieOui
Nombre minimum de trekkeursAucun
Meilleure saisonOctobre-novembre, mars-mai
AccèsRoute Katmandou ou Pokhara, Abu Khaireni, Bahrakilo, Barpak ; Katmandou-Barpak : 176 à 177 km selon deux sources
NiveauModéré : une journée de 4 h 30 à 6 h avec environ 900 m de montée

Barpak et Laprak, deux villages marqués par 2015

Barpak s’étage vers 1 900 m (1 900 à 1 950 m selon les sources) dans la municipalité rurale de Barpak Sulikot, au nord du district de Gorkha. Le Kathmandu Post le présente comme l’épicentre du séisme du 25 avril 2015, que l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) a mesuré à une magnitude de 7,8. Le village, peuplé surtout de Ghale et de Gurung, était connu pour ses maisons de pierre aux toits de lauzes : la plupart ont été remplacées par du béton lors de la reconstruction, et le ministre en chef de la province de Gandaki reconnaissait en avril 2025 que le bourg avait perdu une partie de son charme. Barpak garde pourtant une forte identité : c’est le village natal du capitaine Gaje Ghale, titulaire de la Croix de Victoria, et des générations d’habitants ont servi dans les régiments gurkhas britanniques et indiens, selon Nepal Traveller (mai 2026).

Laprak, à une journée de marche, est un grand village gurung entre 2 100 et 2 300 m selon les sources. Après le séisme, des géologues ont jugé l’ancien site inhabitable, et un village de relogement a été construit plus haut, à Gupsipakha (municipalité rurale de Dharche, quartier 4) : 603 maisons au total, remises aux familles en 2020. Selon le Kathmandu Post de juin 2025, environ 60 ménages seulement y vivent en permanence, car les champs restent près de l’ancien village, à environ une heure de marche. Le sentier passe à côté de ce « village fantôme » : un témoignage saisissant de la reconstruction. Pour le contexte, lisez notre page sur le séisme de 2015 au Népal.

Itinéraire jour par jour

Le programme ci-dessous est la version courte la plus fréquente. Les agences ne donnent pas de distances ; les durées et altitudes sont celles sur lesquelles au moins deux sources concordent, avec la fourchette quand elles divergent.

JourÉtapeDistance (km)Durée de marcheAltitude d’arrivéeHébergement
1Route de Katmandou ou Pokhara à Barpak, par Abu Khaireni et Bahrakilo176 à 177 km de route depuis Katmandou— (journée de route)Barpak, 1 900 à 1 950 mHomestay ou lodge
2Barpak, montée en forêt jusqu’à Boshu Khang (vers 2 800 m), descente par Gupsipakha jusqu’à Laprak—4 h 30 à 6 h selon les sourcesLaprak, 2 100 à 2 300 mHomestay ou lodge
3Journée à Laprak : village, Gupsipakha, point de vue au lever du soleil—LibreLaprakHomestay ou lodge
4Laprak à Khorla Besi par Singla, dans la vallée de la Budhi Gandaki—Environ 6 h (une agence)Khorla Besi, vers 970 mLodge
5Route de Khorla Besi vers Arughat, puis Katmandou—— (route)Katmandou—

La montée à Boshu Khang est le seul vrai effort : environ 900 m de dénivelé positif depuis Barpak, à travers une forêt de rhododendrons, avec des vues sur le Ganesh Himal et le Buddha Himal par temps clair, puis une descente raide vers Laprak. Partez tôt : les nuages montent souvent en fin de matinée.

La descente vers Khorla Besi perd plus de 1 000 m et reste éprouvante pour les genoux ; la vallée est chaude et humide. Ce tronçon rejoint la Budhi Gandaki, touchée par la crue du 11 octobre 2026 (voir la section sécurité).

Faire ce trek en autonomie

Peut-on y aller sans guide ? Oui. Barpak et Laprak se trouvent hors de l’aire de conservation du Manaslu, qui couvre uniquement les sept quartiers de la municipalité rurale de Chumnubri selon la NTNC, et hors de la zone réglementée du Manaslu, limitée à cette même municipalité selon le barème du Département de l’immigration. L’itinéraire ne figure pas non plus dans la liste des routes à guide obligatoire et carte TIMS du Nepal Tourism Board. Aucune obligation de guide n’est donc connue, et nous n’affirmons rien de plus : si vous poursuivez au-delà de Jagat, vers le tour du Manaslu, les règles changent entièrement. Le gouvernement du Canada recommande de ne jamais randonner seul.

  • Recruter un guide soi-même : un guide licencié n’est pas imposé ici, mais il facilite les échanges et l’accueil chez l’habitant. Passez par une agence locale enregistrée, membre de la TAAN, demandez à voir la carte de licence du guide et vérifiez que l’agence assure son personnel. Le salaire minimum TAAN est de 3 100 NPR par jour pour un guide et 2 400 NPR pour un porteur (référence commune). Tous les critères sont sur notre page avec ou sans guide en trek.
  • Aller au départ : la route Bahrakilo-Barpak, longue d’environ 46 km, part de Bahrakilo (quartier 11 de la municipalité de Gorkha), sur la route Abu Khaireni-Gorkha ; en février 2025, ses travaux d’amélioration restaient inachevés et le Kathmandu Post la décrivait en très mauvais état. Aucune source fiable ne publie de ligne de bus ni de jeep partagée jusqu’à Barpak, et les agences y vont en véhicule privé. La solution la plus simple en autonomie : un bus de Katmandou (gare de Gongabu) ou de Pokhara jusqu’à Gorkha Bazaar, puis un véhicule local ou une jeep réservée ; renseignez-vous sur place la veille.
  • Permis : aucun permis de trek n’est exigé à notre connaissance, et il n’y a donc rien à acheter au bureau du NTB de Katmandou ou de Pokhara ; gardez toujours votre passeport sur vous.
  • Argent : aucune source ne signale de distributeur fiable à Barpak ni à Laprak. Retirez à Katmandou, Pokhara ou Gorkha et emportez des roupies népalaises en petites coupures.
  • Dormir et manger sans réserver : les homestays de Barpak, lancés en 2010 par un groupe de femmes du village, ont été reconstruits après le séisme (Kathmandu Post, 2016) ; Laprak accueille aussi des randonneurs. En octobre-novembre, appelez la veille par votre hébergement précédent pour éviter de trouver tout complet.
  • S’orienter : le sentier Barpak-Laprak est fréquenté par les villageois mais peu balisé ; téléchargez la carte OpenStreetMap de la zone et demandez le chemin à chaque embranchement, surtout dans la forêt de Boshu Khang.
  • Réseau, secours, assurance : aucune source publiée ne décrit la couverture Ncell ou Nepal Telecom sur ce tronçon. Souscrivez une assurance qui couvre le trek et l’évacuation par hélicoptère (notre guide assurance voyage et sauvetage en hélicoptère) et notez les numéros d’urgence au Népal.
  • Quand ne pas partir seul : pendant la mousson (glissements de terrain sur les routes et les sentiers), après de fortes pluies, et si vous ne savez pas lire une carte. Quelques mots de népali changent tout chez l’habitant.

Itinéraires alternatifs

  • Aller-retour Barpak-Laprak (3 jours) : on revient à Barpak par le même chemin et l’on reprend la route ; c’est la solution la plus simple en autonomie, puisque l’on évite la vallée de la Budhi Gandaki.
  • Sortie par Gumda et Lapubesi : une agence décrit Laprak-Gumda (1 900 m) en 3 h 30, puis Gumda-Lapubesi (860 m), au bord de la Budhi Gandaki, en 6 h, avec retour en véhicule par Arughat et Dhading Besi.
  • Lower Manaslu ou Manaslu Eco Trail : des agences rallongent la boucle par Sirandanda et Gorkha Bazaar, ou par Manakamana ; voyez aussi notre page sur le trek Gorkha Manakamana.
  • Vers le col de Rupina La : depuis Barpak ou Laprak, un itinéraire en camping franchit le col de Rupina La pour rejoindre le tour du Manaslu : agence, guide et permis deviennent alors obligatoires.
  • Combinaison avec le Manaslu : de Khorla Besi, on peut monter à Jagat et entrer dans le tour du Manaslu, avec permis spécial et agence.
Laprak, village voisin de Barpak, accroché à sa pente
Laprak, village voisin de Barpak, accroché à sa pente. Photo : Suzalgurungz, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Lodges, homestays et vie au village

L’hébergement est simple : chambres chez l’habitant ou petits lodges, toilettes à la turque, douche parfois froide. On mange le dal bhat familial et les produits de la ferme. Aucune source récente ne publie de tarif pour Barpak ou Laprak : négociez le prix de la nuit et des repas à l’arrivée. Emportez un sac de couchage léger, une lampe frontale, une batterie externe (l’électricité peut manquer) et de quoi traiter l’eau. En homestay, demandez avant de photographier et laissez vos chaussures à l’entrée.

Budget indicatif au 4 novembre 2026

PosteMontantRemarque
Permis0 NPRAucun permis connu
Guide (facultatif)3 100 NPR par jour minimum TAAN ; 25 à 30 USD sur le marchéRéférence commune
Porteur (facultatif)2 400 NPR par jour minimum TAAN ; 20 à 25 USD sur le marchéRéférence commune
Transport—Bus ou jeep partagée vers Barpak, tarif non publié
Homestay et repas—Aucun tarif récent publié ; à négocier

Pour estimer le reste, consultez notre page prix d’un trek au Népal.

Meilleure saison et météo

Comme le rappelle Nepal Traveller, le printemps et l’automne offrent la meilleure visibilité sur les montagnes : octobre-novembre pour la stabilité du ciel, mars-avril pour les rhododendrons en fleurs autour de Boshu Khang. La mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre selon le service météorologique népalais (référence commune) : la route de Barpak devient alors boueuse et les glissements de terrain fréquents. En hiver, les journées sont belles mais les nuits froides à Laprak.

Altitude, difficulté et sécurité

Sous 3 000 m, le mal aigu des montagnes est peu probable ; la règle des 500 m par nuit recommandée par le CDC ne s’applique qu’au-delà de 3 000 m. La difficulté vient des pentes raides et de la chaleur en fond de vallée. Les vrais risques sont ailleurs :

  • La route : la piste Bahrakilo-Barpak est étroite et dégradée ; évitez de rouler de nuit et préférez un véhicule en bon état.
  • La Budhi Gandaki : le 11 octobre 2026, une crue a emporté des maisons, des ponts et des sentiers dans le nord du Gorkha (Kathmandu Post, 14 octobre 2026). Le jour même, la crue a notamment emporté le pont suspendu reliant Machhakhola à Kerauja et le pont routier de Soti (Onlinekhabar, 11 octobre 2026). Le 25 octobre, le Kathmandu Post indiquait que les véhicules atteignaient de nouveau Khorlabesi et que les principaux dégâts se situaient entre Khorlabesi et Salleri. Avant de sortir par la vallée, faites confirmer l’état de la route et des ponts par la police de district ou une agence.
  • Les séismes : la région est sismique, comme l’a rappelé 2015 ; repérez dans chaque maison un endroit dégagé où sortir rapidement en cas de secousse.

Pour l’ensemble des règles de prudence, voyez notre page sécurité en trek.

Accès et retour depuis Katmandou ou Pokhara

Depuis Katmandou, on suit la route Prithvi jusqu’à Abu Khaireni, puis la route de Gorkha et la piste de Barpak : 176 à 177 km au total selon deux sources, une longue journée. Depuis Pokhara, on rejoint Abu Khaireni par la même route Prithvi, vers l’est. Sur la route Prithvi, un affaissement à Galaundi (Dhading) imposait encore des fermetures de nuit à la mi-octobre 2026 selon eKantipur : vérifiez l’état du trafic avant le départ. Le retour se fait par Barpak ou, si l’état de la vallée le permet, par Khorla Besi et Arughat. Pour visiter Gorkha en chemin, lisez notre page sur la région de Gorkha.

En conclusion

Barpak et Laprak offrent un trek court, authentique et accessible sans formalités, loin des grands itinéraires, avec une leçon de résilience à chaque pas. Préparez surtout la route et l’hébergement, et gardez une marge pour la météo. Karma Trek, agence partenaire de himalaya-nepal.com, peut organiser ce trek si vous préférez être accompagné. Pour la suite de votre voyage, rendez-vous sur notre page pilier voyage au Népal et sur notre guide des permis de trek au Népal.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour le trek Barpak Laprak ?

Comptez 3 à 5 jours depuis Katmandou ou Pokhara : une journée de route jusqu’à Barpak, une journée de marche de 4 h 30 à 6 h jusqu’à Laprak, puis le retour par Barpak ou par la vallée de la Budhi Gandaki.

Faut-il un guide ou un permis pour Barpak et Laprak ?

Non, à notre connaissance au 4 novembre 2026 : l’itinéraire est hors de l’aire de conservation du Manaslu et hors zone réglementée, et ne figure pas dans la liste du Nepal Tourism Board. Un guide reste conseillé, et tout prolongement vers le Manaslu exige agence et permis.

Quelle est l’altitude maximale du trek Barpak Laprak ?

Le point haut est Boshu Khang, vers 2 800 m selon deux agences. Barpak se trouve vers 1 900 m et Laprak entre 2 100 et 2 300 m selon les sources.

Barpak est-il l’épicentre du séisme de 2015 ?

Oui, le Kathmandu Post présente Barpak comme l’épicentre du séisme du 25 avril 2015, mesuré à une magnitude de 7,8 par l’USGS. Le village a été en grande partie reconstruit en béton.

Peut-on dormir chez l’habitant à Barpak et Laprak ?

Oui, des homestays accueillent les randonneurs ; ceux de Barpak, créés en 2010, ont été reconstruits après le séisme. Aucun tarif récent n’est publié : négociez à l’arrivée et appelez la veille en haute saison.

La crue d’octobre 2026 touche-t-elle ce trek ?

Indirectement : la crue de la Budhi Gandaki du 11 octobre 2026 a frappé la vallée en contrebas de Laprak. Le 25 octobre, les véhicules atteignaient de nouveau Khorlabesi ; l’aller-retour par Barpak évite ce secteur.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées