Trek du Mardi Himal : le guide pour randonner face au Machhapuchhare

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le Mardi Himal est un trek court de 4 à 6 jours au départ de Pokhara, qui monte par une crête jusqu’au pied du Mardi Himal, vers 4 500 m.
  • Étapes types : Kande, Australian Camp, Deurali, Forest Camp (2 600 m), Low Camp (2 900 à 2 985 m), Badal Danda, High Camp (3 550 à 3 585 m selon les sources), point de vue haut et camp de base.
  • Vues de près sur le Machhapuchhare (6 993 m), l’Annapurna Sud (7 219 m) et le Hiunchuli (6 441 m).
  • Permis ACAP : 3 000 NPR ; carte TIMS : 2 000 NPR ; guide licencié obligatoire (au 4 novembre 2026).
  • Meilleures saisons : octobre-novembre et mars-mai ; évitez la mousson (mi-juin à début octobre).
Des yaks sur le trek du Mardi Himal, face au Machapuchare
Des yaks sur le trek du Mardi Himal, face au Machapuchare. Photo : Rajan Karki, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le trek du Mardi Himal est la meilleure réponse à une question fréquente : comment approcher les géants des Annapurnas en moins d’une semaine depuis Pokhara ? En quatre à six jours, on traverse des forêts de rhododendrons, on sort au-dessus de la limite des arbres et l’on suit une crête herbeuse jusqu’au pied du Mardi Himal, face au Machhapuchhare, la « queue de poisson ». Voici l’itinéraire, les altitudes, les permis, le niveau requis et la meilleure saison. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.

Fiche technique du trek du Mardi Himal

ÉlémentInformation au 4 novembre 2026
Durée totale4 à 6 jours depuis Pokhara (5 jours dans le programme type)
Distance totale de marche— (non publiée de façon concordante)
Altitude maximaleCamp de base, vers 4 500 m ; nuit la plus haute à High Camp (3 550 à 3 585 m selon les sources)
ColAucun : montée sur une crête
HébergementLodges à Forest Camp, Low Camp, Badal Danda et High Camp
PermisACAP (3 000 NPR) et carte TIMS (2 000 NPR)
Guide obligatoireOui : guide licencié et agence enregistrée, depuis le 1er avril 2023
Nombre minimum de trekkeursAucun (zone non réglementée)
En autonomieOui, avec un guide licencié recruté vous-même
Meilleure saisonOctobre-novembre et mars-mai
AccèsRoute de Pokhara à Kande ; retour par Siding et la jeep
NiveauModéré : montées raides, crête exposée, altitude

Le Mardi Himal en bref

Le Mardi Himal est un sommet secondaire de 5 587 m, selon le Kathmandu Post, situé au pied du Machhapuchhare. Les trekkeurs ne gravissent pas le sommet : ils montent à son camp de base, vers 4 500 m, ou s’arrêtent au point de vue haut (Upper View Point), un peu plus bas. Dans les itinéraires courants, la dernière nuit en altitude se passe à High Camp : la montée au camp de base se fait dans la journée, aller et retour, avec de l’eau, des encas et des couches chaudes dans le sac.

Le trek se situe dans l’aire de conservation de l’Annapurna, au nord de Pokhara, ce qui en fait une excellente option pour un premier trek au Népal ou pour un voyage où le temps est compté. Pour découvrir la ville de départ, lisez notre page Pokhara, ville du Népal.

L’itinéraire jour par jour

Plusieurs départs existent (Kande, Phedi, Dhampus) ; l’itinéraire suivi par le Kathmandu Post commence à Kande, à une heure de route de Pokhara au plus selon les agences.

JourÉtapeAltitude d’arrivée
1Route de Pokhara à Kande, marche par Australian Camp et DeuraliDeurali ou Forest Camp (2 600 m)
2Forêt dense jusqu’à Low CampLow Camp (2 900 à 2 985 m selon les sources)
3Sortie de la forêt, Badal Danda, crête jusqu’à High CampHigh Camp (3 550 à 3 585 m selon les sources)
4Départ avant l’aube vers le point de vue haut et le camp de base, retour à High Camp ou Low CampCamp de base (vers 4 500 m)
5Descente vers Siding, puis jeep jusqu’à PokharaPokhara

Ce programme en cinq jours est un rythme courant ; ajoutez un jour si vous préférez des étapes plus courtes ou si la météo bouche la vue le matin du sommet. L’aller-retour entre High Camp et le camp de base fait une longue journée. Le Kathmandu Post rapporte qu’un groupe a renoncé au camp de base en raison des avis météo et s’est contenté du point de vue haut, atteint au lever du soleil : c’est un choix fréquent et raisonnable.

Faire ce trek en autonomie

Peut-on y aller sans guide ? Non : un guide licencié est obligatoire. Le Mardi Himal se trouve dans l’aire de conservation de l’Annapurna, et le Nepal Tourism Board le cite nommément parmi les itinéraires où un guide licencié et une carte TIMS obtenue par une agence enregistrée sont exigés depuis le 1er avril 2023. Rien ne vous empêche, en revanche, de recruter ce guide vous-même et d’organiser le reste du voyage à votre façon.

  • Recruter son guide : adressez-vous à une agence locale enregistrée de Pokhara, qui déclarera le trek et demandera la carte TIMS. Exigez de voir la carte de licence du guide (nom, photo, numéro, date de validité) et demandez si le personnel est assuré. Le salaire minimum TAAN est de 3 100 NPR par jour pour un guide et 2 400 NPR pour un porteur. La règle et les solutions francophones sont expliquées sur notre page guide de trek au Népal.
  • Aller au départ et revenir : Kande se trouve à une heure de route de Pokhara au plus selon les agences ; jeep ou taxi y conduisent, de même qu’à Phedi ou Dhampus, autres départs possibles. Au retour, une jeep redescend de Siding vers Pokhara ; faites-la réserver la veille par votre lodge ou votre guide, surtout pendant les fêtes de Dashain et de Tihar.
  • Acheter ses permis : le permis ACAP s’achète en ligne sur epermit.ntnc.org.np, par carte Visa ou MasterCard (2,9 % de frais, permis envoyé par courriel), ou en espèces au comptoir du NTNC à Pokhara ou à Katmandou, sur présentation du passeport ; il coûte le double au poste de contrôle. La carte TIMS (2 000 NPR) ne s’obtient que par l’agence, qui la paie en ligne : chaque trekkeur reçoit une carte électronique à code QR, selon le Nepal Tourism Board.
  • Argent : aucune source ne signale de distributeur sur la crête ; retirez à Pokhara tout le liquide nécessaire, en roupies népalaises, car les prix montent avec l’altitude.
  • Dormir et manger sans réserver : les lodges de Forest Camp, Low Camp, Badal Danda et High Camp permettent en général de choisir en arrivant ; en octobre-novembre et en avril, arrivez tôt à l’étape ou faites réserver la veille par votre guide.
  • S’orienter : le sentier est évident en forêt ; c’est sur la crête, au-dessus de Badal Danda, et entre High Camp et le camp de base que le brouillard fait perdre la trace. Une carte hors ligne fondée sur OpenStreetMap et une carte papier complètent la présence du guide.
  • Réseau, secours, assurance : nous n’avons trouvé aucune source fiable sur la couverture de Ncell et de Nepal Telecom sur la crête ; ne comptez pas dessus. Souscrivez une assurance qui couvre la randonnée jusqu’à 4 500 m et l’évacuation par hélicoptère, et gardez sur vous les numéros d’urgence au Népal.

Quand ne pas partir seul : en hiver, quand la neige peut fermer le haut de la crête ; pendant la mousson et lors des alertes du service météorologique, comme celle des 25 au 27 septembre 2026 ; et si vous n’avez jamais dormi au-dessus de 3 000 m, car l’on gagne vite de l’altitude. Quelques mots de népali facilitent la vie dans les lodges.

Traces de pas sur la crête du camp de base du Mardi Himal
Traces de pas sur la crête du camp de base du Mardi Himal. Photo : Regmis680, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Altitudes et acclimatation

Le Mardi Himal monte vite : on passe des collines de Pokhara à près de 4 500 m en trois ou quatre jours. Le risque de mal aigu des montagnes est donc réel, même sur un « petit » trek. Le CDC recommande, au-delà de 3 000 m, de ne pas monter son lieu de nuit de plus de 500 m par jour. Sur le Mardi Himal, cela signifie concrètement :

  • dormir à Low Camp avant High Camp plutôt que de sauter une étape ; entre les deux, le gain dépasse déjà 500 m, et une nuit intermédiaire à Badal Danda, qui a aussi des lodges, adoucit la montée ;
  • monter au camp de base à la journée depuis High Camp, comme le prévoient la plupart des itinéraires ;
  • redescendre immédiatement en cas de maux de tête persistants, de nausées ou d’essoufflement au repos.

Tous les signes d’alerte sont expliqués sur notre page mal des montagnes, qui détaille aussi l’acclimatation en altitude. Les traitements préventifs se discutent avec un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant le départ.

Le panorama : ce que vous verrez

Dès Australian Camp, la chaîne des Annapurnas se dévoile. Plus haut, la crête offre des vues rapprochées sur :

  • le Machhapuchhare (6 993 m), la célèbre « queue de poisson » qui domine Pokhara ;
  • l’Annapurna Sud (7 219 m selon le Nepal Tourism Board) ;
  • le Hiunchuli (6 441 m) ;
  • le Mardi Himal lui-même.

Au printemps, les forêts entre Deurali et Low Camp se couvrent de rhododendrons en fleurs : avril est souvent cité comme le meilleur moment pour les voir sur ce sentier.

Permis, guide et budget au 4 novembre 2026

Le trek se déroule dans l’aire de conservation de l’Annapurna. Il faut :

  • le permis ACAP : 3 000 NPR par personne, le double au poste de contrôle (voir notre page permis ACAP) ;
  • la carte TIMS : 2 000 NPR, obtenue par une agence ;
  • un guide licencié, obligatoire depuis le 1er avril 2023 dans les aires de conservation, avec un permis demandé par une agence enregistrée.

Les salaires minimums fixés par la TAAN sont de 3 100 NPR par jour pour un guide et 2 400 NPR pour un porteur ; les tarifs du marché tournent plutôt autour de 25 à 30 USD par jour pour un guide et 20 à 25 USD pour un porteur. Ajoutez les lodges, les repas, plus chers en altitude, et le transport entre Pokhara et le début du sentier. Notre page prix d’un trek au Népal détaille les postes de dépense.

Quel niveau faut-il pour le Mardi Himal ?

Le Mardi Himal ne demande aucune compétence technique, mais il ne faut pas le sous-estimer. Les montées sont raides, notamment dans la forêt, et le sentier devient étroit au-dessus de Badal Danda. Une bonne condition physique, des chaussures rodées et l’habitude de marcher cinq à sept heures par jour suffisent. Le vrai défi reste l’altitude et le froid matinal au-dessus de 3 500 m, y compris en saison sèche.

Panorama depuis le camp de base du Mardi Himal
Panorama depuis le camp de base du Mardi Himal. Photo : Nrik kiran, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Lodges, repas et vie sur le sentier

Le Mardi Himal se fait en « trek de lodge » : on dort chaque soir dans des maisons de thé tenues par des familles, aux étapes de Forest Camp, Low Camp, Badal Danda et High Camp. Les chambres sont simples, souvent non chauffées, et le confort diminue avec l’altitude. Les repas tournent autour du dal bhat, plat complet et resservi à volonté, qui reste le meilleur carburant du randonneur. Les prix des repas et des boissons augmentent à mesure que l’on monte, puisque tout est porté à pied depuis la vallée.

Quelques réflexes simples rendent le trek plus agréable :

  • Le sac de couchage : indispensable au-dessus de Low Camp, où les nuits sont froides, même en automne.
  • L’eau : traitez-la plutôt que d’acheter des bouteilles en plastique, qui finissent rarement recyclées en montagne.
  • L’argent liquide : retirez à Pokhara ce dont vous aurez besoin pour les lodges, les recharges et les imprévus.
  • La batterie : la recharge des appareils peut être payante en altitude ; une batterie externe est utile.
  • Les déchets : redescendez vos piles et emballages.

Sécurité sur la crête

Au-dessus de Badal Danda, le sentier suit une crête exposée au vent et au brouillard, où il est facile de perdre le chemin par mauvais temps : c’est l’une des raisons pour lesquelles le guide est précieux, au-delà de l’obligation réglementaire. Partez tôt, car les nuages montent souvent en fin de matinée, et faites demi-tour sans hésiter si la visibilité tombe. Le gouvernement du Canada le rappelle dans ses conseils aux voyageurs : ne randonnez jamais seul, engagez un guide expérimenté d’une entreprise réputée et souscrivez une assurance qui couvre le trekking en haute altitude et l’évacuation médicale. Pour l’assurance, voyez notre guide assurance voyage et sauvetage en hélicoptère.

Quand partir ?

Les meilleures périodes sont l’automne (octobre-novembre), pour la stabilité du ciel, et le printemps (mars à mai), pour les rhododendrons. La mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre selon le service météorologique népalais : sentiers glissants, sangsues et nuages rendent alors le trek peu intéressant. En hiver, il est faisable par temps sec mais froid, et la neige peut fermer la partie haute de la crête. Même en début d’automne, surveillez les bulletins : le 23 septembre 2026, face à une dépression venue du golfe du Bengale, le service météorologique népalais a demandé de suspendre les treks himalayens du 25 au 27 septembre, en citant nommément le Mardi Himal, et aux trekkeurs déjà en route de redescendre plus bas, selon le Kathmandu Post. Au 4 novembre 2026, nous n’avons trouvé aucun rapport daté de dégâts sur ce sentier après ces pluies, ce qui ne prouve pas qu’il soit intact : faites confirmer son état par votre agence avant de partir.

Le Mardi Himal en voyage guidé

Le Mardi Himal est l’un des temps forts de notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy, qui l’inclut au programme. Si vous préparez votre voyage seul, notre page que faire à Pokhara vous aidera à organiser les jours avant et après le trek, et notre page pilier voyage au Népal réunit tous nos dossiers. Pour comparer avec d’autres treks de la région, voyez aussi Khopra Danda et le camp de base de l’Annapurna.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour le trek du Mardi Himal ?

Comptez 4 à 6 jours au départ de Pokhara. Un programme en 5 jours, de Kande à Siding, permet de monter au camp de base sans se presser.

Quelle est l’altitude du camp de base du Mardi Himal ?

Le camp de base se trouve vers 4 500 m, au pied d’un sommet de 5 587 m. High Camp, la dernière étape où l’on dort, est situé entre 3 550 et 3 585 m selon les sources.

Faut-il un guide pour le Mardi Himal ?

Oui. Depuis le 1er avril 2023, un guide licencié et une carte TIMS (2 000 NPR) obtenue par une agence enregistrée sont obligatoires dans l’aire de conservation de l’Annapurna. Vous pouvez recruter ce guide vous-même par une agence locale de Pokhara et organiser seul le transport et les lodges.

Quel permis faut-il pour le Mardi Himal ?

Le permis ACAP, à 3 000 NPR au 4 novembre 2026, et le double s’il est acheté au poste de contrôle, ainsi que la carte TIMS.

Comment acheter les permis du Mardi Himal soi-même ?

Le permis ACAP s’achète en ligne sur epermit.ntnc.org.np ou au comptoir du NTNC à Pokhara ou à Katmandou, avec le passeport. La carte TIMS (2 000 NPR) ne s’obtient que par une agence enregistrée, qui reçoit une carte électronique à code QR pour chaque trekkeur.

Le Mardi Himal est-il difficile ?

Il n’est pas technique, mais les montées sont raides et l’on dépasse 4 000 m en quelques jours. Une bonne condition physique et une acclimatation prudente sont indispensables.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal

Sources consultées