Marpha : le village thakali des pommes, au cœur du Bas-Mustang

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Marpha est un village thakali de la vallée de la Kali Gandaki, dans le Bas-Mustang, entre 2 570 et 2 700 m d’altitude selon les sources, à environ deux heures de marche au sud de Jomsom.
  • Surnommé la « capitale de la pomme » du Népal, il produit jus, confitures et eau-de-vie ; les pommes se récoltent en octobre, les abricots en août.
  • Accès : vol Pokhara – Jomsom de 16 minutes selon le gouvernement népalais, puis marche ou jeep ; ou route de la Kali Gandaki par Beni. Le 14 octobre 2026, le Département des routes annonçait le rétablissement de la liaison routière Myagdi – Mustang.
  • Permis au 14 octobre 2026 : ACAP 3 000 NPR (le double au poste de contrôle), carte TIMS 2 000 NPR, guide licencié obligatoire ; pas de permis de zone réglementée.
  • Village très sec (environ 400 mm de pluie par an), à l’abri de la mousson ; meilleure période de mi-septembre à mi-novembre.
Les toits plats de Marpha, village thakali du Bas-Mustang
Les toits plats de Marpha, village thakali du Bas-Mustang. Photo : James Heilman, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le village de Marpha, dans le Bas-Mustang, est l’une des plus belles étapes de la vallée de la Kali Gandaki : ruelles pavées, maisons thakali, vergers de pommiers et petites distilleries, à environ deux heures de marche au sud de Jomsom. On y passe en descendant du circuit des Annapurnas, pendant le trek de Jomsom ou à la fin du tour du Dhaulagiri : prévoyez-y au moins une nuit. Voici ce qu’il faut savoir pour y aller, y dormir, goûter les produits de la pomme et éviter les pièges du vent, de l’altitude et de la route. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Marpha en bref : où se trouve le village ?

Marpha se trouve dans le district de Mustang, sur les rives de la Kali Gandaki, dans la partie basse de la vallée que l’on appelle le Bas-Mustang. Le portail du gouvernement népalais consacré aux lieux de tournage découpe le district en trois ensembles : le Baragaon au nord de Jomsom, le Panchgaon entre Jomsom et Marpha, et les anciens États thak au sud de Marpha. Marpha se trouve donc à la charnière entre le Panchgaon, au nord, et les anciens États thak, au sud.

Le village est situé entre 2 570 et 2 700 m environ selon les sources : la station météorologique de Marpha est à 2 566 m selon les normales climatiques reprises par Wikipédia, et l’édition allemande de l’encyclopédie donne 2 700 m. Cette station mesure environ 400 mm de pluie par an : comme le rappelle l’Office du tourisme du Népal, Manang et le Mustang se trouvent dans l’ombre pluviométrique des montagnes et restent en grande partie secs.

RepèreCe qu’il faut savoir au 14 octobre 2026
AltitudeEntre 2 570 et 2 700 m selon les sources (station météo à 2 566 m)
HabitantsVillage thakali ; économie fondée sur l’arboriculture, le trekking et le tourisme
Distance de JomsomEnviron 5 km, soit deux heures de marche vers le sud
AccèsVol Pokhara – Jomsom, ou route Pokhara – Beni – Jomsom
PermisACAP + carte TIMS, guide licencié obligatoire
ClimatTrès sec, environ 400 mm de pluie par an ; vent fort l’après-midi
Meilleure périodeMi-septembre à mi-novembre selon le gouvernement népalais

Que voir et que faire à Marpha ?

Marpha se visite à pied, sans programme précis. Le Kathmandu Post décrit ses ruelles pavées étroites bordées de boutiques et de maisons d’hôtes, et le village se prête à une demi-journée de flânerie au calme, loin de l’animation de Jomsom.

  • Le monastère du village : un monastère bouddhiste de tradition nyingma domine les toits et la vallée de la Kali Gandaki. Montez-y en fin de journée pour la vue, retirez vos chaussures avant d’entrer dans les salles de prière et tournez autour des stupas dans le sens des aiguilles d’une montre.
  • Chhairo, sur l’autre rive : le monastère de Chhairo est présenté comme le premier monastère nyingma fondé dans le district de Mustang. On le rejoint à pied en traversant la rivière : demandez le chemin au village et partez le matin, avant que le vent ne se lève.
  • Les vergers et les distilleries : le Kathmandu Post recense au moins cinq grandes distilleries dans le village, dont une gérée par le centre agricole. En automne, les vergers sont chargés de fruits.
  • Les villages voisins : en remontant vers Jomsom, le gouvernement népalais cite Thini parmi les sites à voir ; plus au nord, Kagbeni et Muktinath complètent naturellement un séjour à Marpha.

Pour comprendre la société thakali, la place des habitants de Marpha et les grandes fêtes de la vallée, lisez notre page sur le peuple thakali.

Pommes et eau-de-vie : ce que vous pouvez goûter

Le Kathmandu Post surnomme Marpha la « capitale de la pomme » du Népal. Selon le quotidien, le gouvernement népalais a installé un poste agricole près du village une cinquantaine d’années avant 2019 ; il y a introduit des variétés comme la Red Delicious et la Golden Delicious, et appris aux agriculteurs à faire du jus, du cidre et du vin.

L’eau-de-vie de Marpha est une eau-de-vie de fruit : les pommes, récoltées en octobre, et les abricots, récoltés en août, sont lavés, réduits en moût, mis à fermenter plusieurs semaines avec de la levure et du sucre roux, puis distillés dans un alambic. Une distillation dure environ quatre heures et donne jusqu’à 90 litres. La plupart des bouteilles passent directement de l’alambic à la bouteille, sans vieillissement en fût, et titrent autour de 42 % d’alcool.

L’automne 2026 donne une raison de plus d’acheter sur place. Selon le bureau de l’agriculture du district cité par le Kathmandu Post du 7 octobre 2026, le Mustang a produit 6 684 tonnes de pommes l’année précédente, et la récolte 2026 s’annonçait plus abondante ; mais, faute de chambres froides et de débouchés après les coupures de route, certains producteurs laissaient les fruits sur les arbres. Acheter des pommes, du jus, des confitures ou une bouteille directement au village soutient l’économie locale.

  • Alcool et altitude : les CDC conseillent d’éviter l’alcool pendant les 48 premières heures en altitude. Si vous venez d’arriver en avion à Jomsom, attendez avant de goûter l’eau-de-vie.
  • Au restaurant : la vallée est le berceau de la cuisine thakali et de son plateau complet ; voir notre page sur la cuisine thakali.
  • Dans la valise : rangez les bouteilles dans les bagages en soute et renseignez-vous sur les quantités d’alcool autorisées à l’entrée de votre pays.

Comment aller à Marpha ?

En avion par Jomsom

Le moyen le plus rapide est le vol Pokhara – Jomsom, de 16 minutes selon le portail du gouvernement népalais. Les avions volent le matin : à Jomsom, le vent qui remonte la vallée empêche les décollages après 11 heures environ. De Jomsom, comptez environ deux heures de marche vers le sud pour rejoindre Marpha, ou faites le trajet par la route avec votre agence. Gardez au moins un jour de marge pour les annulations. En hiver, les vols peuvent s’arrêter : le 25 décembre 2025, le bureau de l’aviation civile de Jomsom annonçait la suspension pour trois mois des vols de Summit Air et de Tara Air, en raison de la météo, des chutes de neige possibles et de la basse saison, selon Kantipur.

Par la route

Une route relie Pokhara à Jomsom par Beni, chef-lieu du Myagdi, en remontant la Kali Gandaki. Les distances publiées par le gouvernement népalais donnent un ordre de grandeur :

TrajetDistanceDurée indicative
Pokhara – Beni88 kmEnviron 3 h en voiture ou en bus
Katmandou – Beni288 kmEnviron 9 h en bus
Beni – Jomsom74 km (96 km dans une autre rubrique du même site)Environ 6 h en bus
Pokhara – Jomsom—16 minutes de vol

L’état de la route en octobre 2026

Trois jours de fortes pluies, du 24 au 26 septembre 2026, ont endommagé la route en 41 endroits entre Maldhunga (Parbat) et Korala, à la frontière chinoise, selon le Kathmandu Post du 7 octobre. À cette date, le tronçon du Mustang avait rouvert dans les deux sens, mais trois points restaient coupés dans le Myagdi. Le 14 octobre 2026, le directeur général du Département des routes a annoncé que la liaison directe entre le Myagdi et le Mustang était rétablie et qu’il n’y avait plus de perturbation majeure. Les dégâts ont aussi touché l’électricité, qui n’était rétablie que jusqu’à Bhurung Tatopani au 7 octobre, et Internet. Faites vérifier l’état de la route et des services par votre agence ou auprès de la police du district la veille du départ, et emportez une batterie externe.

Marpha et ses maisons blanchies à la chaux
Marpha et ses maisons blanchies à la chaux. Photo : Greg Willis from Denver, CO, usa, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Permis, guide et budget au 14 octobre 2026

Marpha se trouve dans l’aire de conservation de l’Annapurna. Il faut :

  • le permis ACAP : 3 000 NPR pour un étranger, taxes comprises, le double s’il est délivré au poste de contrôle. Le paiement en ligne ajoute 2,9 % de frais ; aux comptoirs de Katmandou, de Pokhara ou de Ghasa, on paie en espèces sans frais. Détails sur notre page permis ACAP ;
  • la carte TIMS : 2 000 NPR, obtenue par une agence enregistrée ;
  • un guide licencié, obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour les trekkeurs étrangers dans les aires de conservation ; voir notre page guide obligatoire.

Marpha n’est pas en zone réglementée : le permis de 50 USD par jour du Département de l’immigration ne concerne que certaines zones du Haut-Mustang (municipalités rurales de Lo Manthang et de Lo-Ghekar Damodarkunda, et une partie de Baragung Muktichhetra). Côté budget, les salaires minimums fixés par la TAAN sont de 3 100 NPR par jour pour un guide et 2 400 NPR pour un porteur ; sur le marché, comptez plutôt 25 à 30 USD et 20 à 25 USD. Au taux de la Nepal Rastra Bank du 13 octobre 2026, 1 USD vaut environ 153 NPR et 1 euro environ 171 NPR. Aucune source fiable ne publie de prix de chambre ou de repas à Marpha : demandez les tarifs à votre agence.

Où dormir et que prévoir sur place

Marpha dispose de nombreuses maisons d’hôtes et de petits hôtels, et c’est une étape de nuit courante sur la descente du circuit des Annapurnas. En octobre, saison des pèlerins, des trekkeurs et des vacances de Dashain (du 11 au 25 octobre en 2026), réservez par votre agence. Quelques réflexes :

  • Argent liquide : retirez à Pokhara ce dont vous aurez besoin ; début octobre 2026, l’électricité et Internet étaient coupés dans une partie de la vallée, ce qui rend les paiements électroniques incertains.
  • Vêtements : les nuits sont fraîches à plus de 2 500 m et le vent de l’après-midi est froid ; prévoyez une couche coupe-vent, des lunettes de soleil et un foulard contre la poussière.
  • Eau : traitez-la plutôt que d’acheter des bouteilles en plastique.
  • Respect : demandez avant de photographier les habitants et l’intérieur des monastères.

Altitude, vent et sécurité

Marpha, entre 2 570 et 2 700 m, n’est pas très haut, mais l’arrivée en avion est brutale. Les CDC recommandent de ne pas passer en une journée d’une basse altitude (moins de 1 200 m) à une altitude de couchage de 2 750 m ou plus. Jomsom, vers 2 700 m, est juste sous ce seuil ; dormir le premier soir à Marpha, un peu plus bas, est une façon douce de commencer. Au-delà de 3 000 m, ne montez pas votre altitude de couchage de plus de 500 m par jour et redescendez si les symptômes s’aggravent. Les signes d’alerte sont détaillés sur notre page acclimatation en altitude ; consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant le départ.

Autres risques à connaître : le vent, qui rend les après-midi poussiéreux, et la route, exposée aux glissements de terrain pendant et juste après la mousson, comme l’a montré septembre 2026. Le gouvernement du Canada recommande une grande prudence dans tout le Népal ; vérifiez enfin que votre assurance couvre l’évacuation par hélicoptère.

Quand aller à Marpha ?

Le portail du gouvernement népalais conseille la période de mi-septembre à mi-novembre pour le Mustang. L’Office du tourisme du Népal rappelle que Manang et le Mustang, dans l’ombre pluviométrique des montagnes, restent en grande partie secs : c’est vrai dans la vallée, mais la route d’accès, elle, souffre des pluies de juin à septembre. La mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre selon le service météorologique népalais. En hiver, le froid et les suspensions de vols compliquent le voyage. Octobre a un atout de plus : c’est le mois de la récolte des pommes.

Marpha dans votre itinéraire

Marpha s’intègre facilement dans plusieurs voyages :

Pour la géographie de la vallée, voyez notre page sur les gorges de la Kali Gandaki, et pour préparer l’ensemble du séjour, notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Où se trouve Marpha ?

Dans le district de Mustang, au bord de la Kali Gandaki, à environ 5 km, soit deux heures de marche, au sud de Jomsom. Le village est situé entre 2 570 et 2 700 m d’altitude selon les sources.

Pourquoi Marpha est-il célèbre ?

Pour ses pommes, qui lui valent le surnom de « capitale de la pomme » du Népal, et pour son eau-de-vie de pomme ou d’abricot, d’environ 42 % d’alcool selon le Kathmandu Post.

Comment aller de Pokhara à Marpha ?

Par un vol Pokhara – Jomsom de 16 minutes selon le gouvernement népalais, puis deux heures de marche, ou par la route via Beni (88 km de Pokhara à Beni, puis la route de Jomsom, longue de 74 km ; Marpha se trouve sur le trajet, avant Jomsom).

Faut-il un permis pour Marpha ?

Oui : le permis ACAP (3 000 NPR au 14 octobre 2026, le double au poste de contrôle) et la carte TIMS (2 000 NPR), avec un guide licencié. Le permis du Haut-Mustang n’est pas nécessaire.

La route de Marpha est-elle ouverte en octobre 2026 ?

Les pluies du 24 au 26 septembre 2026 l’avaient coupée en plusieurs points. Le 14 octobre 2026, le Département des routes a annoncé le rétablissement de la liaison directe Myagdi – Mustang ; vérifiez l’état de la route avant de partir.

Quand aller à Marpha ?

De mi-septembre à mi-novembre selon le gouvernement népalais. Octobre est aussi le mois de la récolte des pommes ; en hiver, le froid et les suspensions de vols compliquent l’accès.

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Sources consultées