Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le camp de base nord de l’Annapurna est le trek le plus chargé d’histoire de l’ouest du Népal : c’est par la vallée de la Miristi Khola que l’expédition française de Maurice Herzog a atteint l’Annapurna I, premier sommet de plus de 8 000 m gravi, le 3 juin 1950. Le sentier, baptisé « Maurice Herzog Trail », part de Narchyang, au-dessus de Tatopani, et monte en deux ou trois jours jusqu’au camp de base, à 4 190 m selon la presse népalaise. Comptez 5 à 7 jours depuis Pokhara, aucune difficulté technique, mais une montée rapide, un sentier raide, des abris rudimentaires et un réseau téléphonique faible. Le trek se fait dans l’aire de conservation de l’Annapurna : permis ACAP et guide licencié sont exigés. Il s’adresse à des marcheurs déjà expérimentés, à l’aise avec l’inconfort. Informations vérifiées le 4 novembre 2026.
| Élément | Donnée au 4 novembre 2026 |
|---|---|
| Durée totale | 5 à 7 jours depuis Pokhara (3 à 5 jours de marche, plus la route) |
| Distance de marche | Environ 22 km de Humkhola au camp de base, aller simple (Khabarhub et Tourism Info Nepal, juin 2026) ; 42 km depuis Narchyang, dont 20 km de piste (Ratopati, janvier 2026) |
| Altitude maximale | Camp de base : 4 190 m (Khabarhub et Tourism Info Nepal, juin 2026) ; Ratopati donnait 4 050 et 4 150 m en janvier 2026. Ancien camp avancé français vers 4 300 m selon une seule agence (non recoupé) |
| Col principal | Aucun sur l’itinéraire direct ; la variante de Thulo Bugin franchit une crête vers 3 500 m |
| Dénivelé | Environ 1 400 m de Humkhola (vers 2 750 m selon une seule agence) au camp de base ; plus de 2 000 m si l’on part à pied de Narchyang |
| Hébergement | Homestays à Narchyang ; abris temporaires et tentes au-delà |
| Permis | ACAP (3 000 NPR) ; carte TIMS (2 000 NPR, via une agence enregistrée, carte électronique à code QR) |
| Guide | Licencié, obligatoire depuis le 1er avril 2023 dans l’aire de conservation |
| Nombre minimum de trekkeurs | Aucun : ce n’est pas une zone réglementée |
| Meilleure saison | Octobre-novembre et mars-mai |
| Accès | Route Pokhara – Beni – Bhurung Tatopani – Narchyang, puis piste vers Humkhola |
| Niveau | Exigeant : sentier raide, gain d’altitude rapide, isolement |
| En autonomie | Oui, avec un guide licencié recruté vous-même |
Au printemps 1950, le Népal ouvre pour la première fois ses montagnes à une expédition étrangère. L’équipe française dirigée par Maurice Herzog s’installe à Tukuche, dans la vallée de la Kali Gandaki, vers 3 000 m, et cherche d’abord une voie sur le Dhaulagiri, qu’elle juge trop difficile. Elle se tourne alors vers l’Annapurna et trouve, par la gorge de la Miristi Khola, un accès au versant nord. La Himalayan Database enregistre l’arrivée au camp de base le 18 mai 1950 et l’approche par la Miristi Khola.
Le 3 juin 1950, vers 14 h, Maurice Herzog et Louis Lachenal atteignent le sommet de l’Annapurna I, à 8 091 m, sans oxygène : c’est le premier 8 000 m gravi, trois ans avant l’Everest. La descente tourne au drame. Gravement gelés, les deux hommes sont amputés par le médecin de l’expédition, Jacques Oudot : Herzog perd ses orteils et la plupart de ses doigts, Lachenal ses orteils, selon Explorersweb. Ils sont ensuite portés dans des hottes jusqu’à Lete, selon le Nepali Times. Le livre de Maurice Herzog, « Annapurna », a fait de cette vallée un nom mythique. Aujourd’hui, le sentier porte son nom. Selon une agence, des souvenirs de l’expédition sont exposés au musée international de la montagne de Pokhara, une visite utile avant le départ.
Le programme ci-dessous combine les étapes de deux agences établies et de la presse népalaise. Les altitudes varient selon les cartes ; les distances par étape ne sont publiées de façon concordante nulle part, d’où les tirets.
| Jour | Étape | Distance (km) | Durée de marche | Altitude d’arrivée | Hébergement |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Route Pokhara – Beni – Bhurung Tatopani, puis Narchyang | — (route) | 0 à 3 h selon le point de départ | Narchyang haut, vers 2 140 m | Homestay |
| 2 | Jeep Narchyang – Humkhola (20 km de piste), marche jusqu’à Sandhi Kharka | — | 2 h 30 à 3 h | Sandhi Kharka, 3 164 à 3 182 m | Abri temporaire ou tente |
| 3 | Sandhi Kharka – Gufa Phant – Bhusket Mela | — | 3 à 4 h | Bhusket Mela, vers 3 550 m (une seule agence) | Abri temporaire ou tente |
| 4 | Bhusket Mela – lac Panchakunda | — | 3 h 30 à 4 h | Panchakunda, 4 050 m | Abri temporaire ou tente |
| 5 | Montée au camp de base, puis descente | — | 5 à 7 h | Camp de base, 4 190 m ; nuit à Bhusket Mela ou Sandhi Kharka | Abri temporaire ou tente |
| 6 | Descente à Humkhola, jeep vers Narchyang ou Pokhara | — | 2 h 30 à 3 h, puis route | Pokhara | Hôtel |
La montée vers Panchakunda. Au-dessus de Bhusket Mela, le sentier sort de la forêt et s’engage sur la moraine. Le lac Panchakunda, à 4 050 m selon The Rising Nepal, juste sous le camp de base, est le dernier lieu de nuit raisonnable. Une agence décrit la moraine comme un vrai dédale et prévient qu’au-delà, là où la trace devient vague, on peut facilement se perdre : restez près de votre guide.
Le jour du camp de base. Le gain est faible depuis Panchakunda, mais l’on marche au-dessus de 4 000 m. Partez tôt : les nuages montent souvent en fin de matinée. Une agence propose de pousser jusqu’à l’ancien camp avancé français, qu’elle situe vers 4 300 m ; aucune autre source ne confirme ce chiffre. Redescendez dormir plus bas le soir même si vous avez le moindre symptôme.
Le rythme « népalais ». Les articles de 2026 décrivent un trek de deux jours à l’aller et un jour au retour depuis Humkhola. Ce rythme fait gagner plus de 1 400 m en deux nuits : il dépasse largement la recommandation du CDC, qui conseille de ne pas monter son lieu de nuit de plus de 500 m par jour au-delà de 3 000 m.
Peut-on y aller sans guide ? Non : un guide licencié est obligatoire. Le sentier est entièrement dans l’aire de conservation de l’Annapurna, où cette obligation s’applique aux trekkeurs étrangers depuis le 1er avril 2023, avec une carte TIMS obtenue par une agence enregistrée. Ce n’est pas une zone réglementée : vous pouvez partir seul avec votre guide, sans minimum de deux trekkeurs. L’application de la règle est inégale dans les Annapurnas, mais sur un sentier aussi isolé, le guide est de toute façon une nécessité.
Recruter son guide soi-même. Le guide doit avoir une licence de guide de trek délivrée par le Département du tourisme et travailler pour une agence enregistrée, qui délivre la carte TIMS. On le trouve par une agence locale de Pokhara ou par l’association des agences de trek (TAAN). Le salaire minimum de référence de la TAAN est de 3 100 NPR par jour pour un guide et de 2 400 NPR pour un porteur ; le marché se situe plutôt entre 25 et 30 USD par jour pour un guide et 20 à 25 USD pour un porteur. Demandez à voir la carte de licence et vérifiez que le personnel est assuré. Préférez un guide qui connaît déjà la Miristi Khola : ce n’est pas un sentier que tous les guides des Annapurnas ont parcouru. Notre page guide de trek au Népal détaille la règle et les tarifs.
Aller au départ et revenir. Beni est à 88 km et environ trois heures de route de Pokhara, selon le gouvernement népalais. De Beni, la route de la Kali Gandaki mène à Bhurung Tatopani, porte d’entrée du sentier selon Ratopati, puis une route monte à Narchyang, et 20 km de piste relient Narchyang à Humkhola. Bus et jeeps partagées desservent Beni ; au-delà, il faut souvent négocier une jeep sur place (voir jeeps partagées au Népal). Les crues de septembre 2026 ont coupé la route Beni – Jomsom ; elle a rouvert le 9 octobre au soir selon The Annapurna Express. Le 23 octobre 2026, Ratopati écrivait que le tronçon du Myagdi circulait de nouveau depuis la dernière semaine d’Ashwin (mi-octobre), mais que des travaux se poursuivaient pour maintenir la circulation, et que le sentier Maurice Herzog avait échappé aux dégâts. Faites confirmer l’état de la route et de la piste de Humkhola auprès de votre agence et de la police du district de Myagdi avant de partir.
Acheter ses permis. Le permis ACAP s’achète en ligne sur le portail de la NTNC (paiement par carte, 2,9 % de frais) ou au comptoir des permis du Nepal Tourism Board à Katmandou ou à Pokhara, avec votre passeport. Acheté à un poste de contrôle, il coûte le double. La carte TIMS (2 000 NPR) est délivrée par une agence enregistrée, celle de votre guide ; c’est une carte électronique à code QR. Voir notre page permis ACAP.
Argent. Aucune source ne signale de distributeur fiable au-delà de Beni. Retirez à Pokhara tout ce dont vous aurez besoin, en roupies népalaises, avec une réserve pour une nuit imprévue.
Dormir et manger sans réserver. Narchyang propose des homestays. Plus haut, seules des structures temporaires sont permises : des abris et restaurants saisonniers, souvent sous tente, aux haltes de Humkhola, Sandhi Kharka, Gufa Phant, Bhusket Mela et Panchakunda. En haute saison, plus de 200 personnes par jour montent selon Khabarhub (juin 2026), et un restaurant ne peut servir qu’une cinquantaine de clients. Autour de Dashain et Tihar, les randonneurs népalais affluent (environ 150 touristes népalais partis vers le camp de base le seul jeudi 22 octobre 2026, selon un hôtelier de Bhurung Tatopani cité par Ratopati) : faites réserver par votre guide ou emportez une tente.
S’orienter. Le sentier est aménagé, avec des marches de pierre et des passerelles, mais aucune source ne décrit un balisage continu. La moraine sous le camp de base est le passage où l’on se perd. Téléchargez une carte hors ligne basée sur OpenStreetMap avant de partir.
Réseau, secours, assurance. Selon Ratopati (janvier 2026), le réseau mobile couvre les 20 km de piste de Narchyang à Humkhola, puis plus rien sur les 22 km de sentier jusqu’au camp de base ; Tourism Info Nepal (juin 2026) confirme que cette faible couverture complique les évacuations, notamment en cas de mal des montagnes. Passez vos derniers appels à Humkhola et convenez avec votre guide d’une procédure en cas d’urgence. Prenez une assurance qui couvre le trek jusqu’à 4 500 m et l’hélicoptère (voir assurance et sauvetage en hélicoptère) et notez les numéros d’urgence au Népal.
Quand ne pas partir seul, même avec un guide :
Apprendre quelques mots de népali aide beaucoup dans les homestays de Narchyang, où l’on parle peu anglais.
| Permis | Coût au 4 novembre 2026 | Durée | Où l’obtenir |
|---|---|---|---|
| Permis ACAP | 3 000 NPR (1 000 NPR pour les ressortissants de l’ASACR) ; le double au poste de contrôle | Une entrée dans l’aire de conservation | En ligne (NTNC) ou comptoir NTB à Katmandou ou Pokhara |
| Carte TIMS | 2 000 NPR | Le trek | Par une agence enregistrée (carte électronique à code QR) |
| Guide licencié | Salaire (voir le budget) | Tout le trek | Agence enregistrée |
L’expédition sur le sommet de l’Annapurna I exige un permis d’ascension du Département du tourisme ; le trek jusqu’au camp de base n’en demande pas. Notre page permis de trek au Népal fait le tour des règles.
Le sentier n’a pas de lodges au sens habituel. Comme l’aire de conservation interdit les constructions permanentes, les exploitants travaillent sous tente ou dans des abris provisoires, selon Khabarhub (juin 2026). Le même article signale l’absence d’électricité fiable, des soins insuffisants et une gestion des déchets difficile. Concrètement :
Aucune source récente ne publie de prix pour ces abris : prévoyez une enveloppe plus large que dans les lodges du camp de base sud.
| Poste | Montant au 4 novembre 2026 |
|---|---|
| Permis ACAP | 3 000 NPR (6 000 NPR au poste de contrôle) |
| Carte TIMS | 2 000 NPR |
| Guide | 3 100 NPR par jour au minimum TAAN ; 25 à 30 USD sur le marché |
| Porteur | 2 400 NPR par jour au minimum TAAN ; 20 à 25 USD sur le marché |
| Transport Pokhara – Narchyang – Humkhola | Variable (bus jusqu’à Beni, jeep au-delà) : pas de tarif publié par une source fiable |
| Nuits et repas | Pas de tarif publié ; comptez davantage que dans un lodge classique |
Au 13 octobre 2026, 1 USD valait environ 153 NPR selon la Nepal Rastra Bank. Prévoyez aussi une réserve pour une nuit supplémentaire en cas de mauvais temps ou de piste coupée.
Les saisons conseillées sont l’automne, d’octobre à novembre, et le printemps, de mars à mai. La mousson 2026 s’est retirée du Népal le 14 octobre, douze jours plus tard que la moyenne, selon le bulletin du service météorologique repris par The Himalayan Times. En hiver, une équipe du Nepal Tourism Board a mesuré près de −15 °C ressentis au camp de base en décembre 2020, avec une avalanche dans la nuit, selon le Nepali Times. En pleine mousson, le sentier devient glissant et exposé aux glissements de terrain.
Le danger principal est la vitesse de montée : de Humkhola, vers 2 750 m selon une agence, au camp de base à 4 190 m, il y a plus de 1 400 m. Dormez à Sandhi Kharka, puis Bhusket Mela, puis Panchakunda, et ajoutez une nuit si quelqu’un souffre de maux de tête. Les signes d’alerte sont décrits sur notre page mal des montagnes ; demandez conseil à un professionnel de santé ou à une clinique santé-voyage avant le départ.
Le Nepali Times décrit, sur la partie basse, des sentiers étroits et glissants, des glissements de terrain, des chutes de pierres et des ponts de rondins fragiles ; l’équipe avait dû utiliser des cordes sur des passages raides de la gorge. Depuis, des marches de pierre et des passerelles ont été construites, mais ces risques restent réels après la pluie. Sur l’Annapurna I lui-même, les avalanches sont fréquentes : ne vous aventurez pas au-delà du camp de base sans encadrement d’alpinisme.
De Pokhara, suivez la route de Baglung puis de Beni (88 km, environ 3 heures selon le gouvernement népalais), puis la route de la Kali Gandaki jusqu’à Bhurung Tatopani et la montée vers Narchyang. Pour les villes étapes, voyez notre page Beni ; les sources chaudes de Bhurung Tatopani, épargnées par les crues selon Ratopati, sont une belle halte au retour. Au retour, la piste de Humkhola permet de rejoindre Pokhara dans la journée si la route est sèche.
Le camp de base nord de l’Annapurna offre ce que le camp de base sud n’a plus : le silence, un face-à-face avec la face nord de l’Annapurna et le souvenir de 1950. En échange, il faut accepter des abris de fortune, peu de réseau et une montée à doser soi-même. Avec un guide qui connaît la Miristi Khola et deux jours de marge, c’est un trek de six jours inoubliable. Pour organiser le reste du séjour, commencez par notre page voyage au Népal. Karma Trek, agence partenaire de himalaya-nepal.com, peut organiser ce trek.
Il se trouve à 4 190 m selon Khabarhub et Tourism Info Nepal (juin 2026), au pied de l’Annapurna I (8 091 m) ; d’autres articles donnent 4 050 à 4 150 m. Le lac Panchakunda, dernier lieu de nuit, est juste en dessous, à 4 050 m.
Comptez 5 à 7 jours depuis Pokhara. L’aller en deux jours depuis Humkhola, courant chez les randonneurs népalais, est trop rapide pour une acclimatation correcte.
Non, pas au sens habituel : au-delà des homestays de Narchyang, l’aire de conservation n’autorise que des abris temporaires et des tentes. Emportez un bon sac de couchage.
Oui. Depuis le 1er avril 2023, un guide licencié et une carte TIMS (2 000 NPR) obtenue par une agence enregistrée sont obligatoires dans l’aire de conservation de l’Annapurna.
Le permis ACAP, à 3 000 NPR au 4 novembre 2026, le double s’il est acheté au poste de contrôle, et la carte TIMS. Le permis d’ascension n’est exigé que pour gravir le sommet.
L’expédition française de 1950 a rejoint l’Annapurna par la Miristi Khola et en a fait le premier sommet de plus de 8 000 m gravi, le 3 juin 1950. Le sentier porte aujourd’hui le nom de Maurice Herzog.
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