Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les aires de conservation du Népal abritent quelques-uns des treks les plus célèbres du pays, du circuit des Annapurnas au tour du Manaslu. Leur principe diffère de celui des parcs nationaux : les habitants restent au cœur de la gestion, on y cultive, on y accueille les randonneurs, et dans l’aire de l’Annapurna les droits d’entrée sont réinvestis dans la région. Le pays en compte six, avec un droit d’entrée de 2 000 ou 3 000 NPR pour un étranger, auquel s’ajoute parfois un permis de zone réglementée. Voici la liste complète, les tarifs, les règles à respecter et l’état des sentiers à l’automne 2026. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Une aire de conservation est une aire protégée où la population reste au cœur de la gestion. Dans celle de l’Annapurna, la première du pays, le National Trust for Nature Conservation (NTNC) rappelle que les habitants peuvent vivre à l’intérieur des limites, posséder leurs terres et garder leur accès traditionnel aux ressources naturelles. L’ACAP ne fait pas appel à l’armée pour protéger les ressources : elle mise sur les communautés.
Pour le voyageur, cela change l’expérience : on traverse des villages habités, on dort dans des lodges tenus par des familles et l’on présente son permis, valable pour une seule entrée, aux postes de contrôle. La gestion varie selon l’aire : trois sont confiées au NTNC (Annapurna, Manaslu, Gaurishankar), une à un conseil de gestion local (Kanchenjunga) et deux relèvent directement du Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune, le DNPWC (Api Nampa, Krishnasar).
| Aire de conservation | Création | Superficie | Districts | Gestion | Entrée (étranger) |
|---|---|---|---|---|---|
| Annapurna (ACAP) | 1992 (projet pilote en 1986) | 7 629 km² | Kaski, Lamjung, Myagdi, Mustang, Manang | NTNC | 3 000 NPR |
| Manaslu (MCAP) | 1998 | 1 663 km² | Gorkha | NTNC | 3 000 NPR |
| Kanchenjunga | 1997 | 2 035 km² | Taplejung | Conseil de gestion local depuis 2006 | 2 000 NPR |
| Gaurishankar | 2010 | 2 179 km² | Dolakha, Sindhupalchok, Ramechhap | NTNC | 3 000 NPR |
| Api Nampa | 2010 | 1 903 km² | Darchula | DNPWC | 2 000 NPR |
| Krishnasar | 2009 | 16,95 km² | Bardiya | DNPWC | 2 000 NPR |
Dates et superficies proviennent des fiches du DNPWC et du NTNC, les tarifs du barème du Nepal Tourism Board (NTB). Avec 7 629 km², l’aire de l’Annapurna est la plus grande aire protégée du pays selon le NTNC. Pour comparer avec les parcs, voyez notre page parcs nationaux du Népal.
Pour l’Annapurna et le Manaslu, le portail du NTNC publie les règles suivantes :
La démarche complète est expliquée sur notre page permis ACAP. Pour les autres aires, le NTB indique que le droit se règle à son centre de Bhrikutimandap, à Katmandou, ou à l’entrée de l’aire. Attention : certaines fiches du site du NTB affichent encore d’anciens tarifs (2 000 NPR pour l’Annapurna ou le Manaslu) ; le barème général du NTB et le portail du NTNC font foi.
Pour un trek, deux obligations s’ajoutent : un guide licencié et une carte TIMS (2 000 NPR) obtenue par une agence enregistrée, exigés depuis le 1er avril 2023 (voir notre page guide obligatoire au Népal), et, dans les vallées frontalières, un permis de zone réglementée du Département de l’immigration :
| Secteur | Aire de conservation | Permis de zone réglementée |
|---|---|---|
| Haut-Mustang | Annapurna | 50 USD par personne et par jour |
| Nar-Phu (Manang) | Annapurna | 100 USD par semaine de septembre à novembre, 75 USD de décembre à août, puis supplément journalier |
| Manaslu | Manaslu | 100 USD par semaine de septembre à novembre, 75 USD de décembre à août, puis supplément journalier |
| Tsum | Manaslu | 40 USD par semaine de septembre à novembre, 30 USD de décembre à août |
| Taplejung (Kanchenjunga) | Kanchenjunga | 20 USD par semaine les quatre premières semaines, puis 25 USD par semaine |
| Dolakha (Rolwaling) | Gaurishankar | 20 USD par semaine |
| Darchula (Vyas) | Api Nampa | 90 USD la première semaine, puis 15 USD par jour |
Depuis mars 2026, un trekkeur seul peut obtenir ces permis, toujours avec un guide licencié et par l’intermédiaire d’une agence enregistrée. Tous les secteurs sont détaillés sur notre page permis spéciaux et zones réglementées.
L’aire de conservation de l’Annapurna est née d’un projet pilote lancé en 1986 à Ghandruk, avant sa création officielle en 1992. Selon le NTNC, elle compte plus de 100 000 habitants répartis dans 15 municipalités rurales, attire la majorité des trekkeurs du Népal et réunit plus de 1 000 lodges et maisons de thé. Les Gurung et les Magar dominent au sud, les Thakali, les Manangi et les Loba au nord. Sept bureaux locaux, de Jomsom à Ghandruk en passant par Manang et Lo Manthang, gèrent le terrain.
Le NTNC y recense 1 226 espèces de plantes à fleurs, 105 de mammifères et 523 d’oiseaux ; le DNPWC y signale notamment le léopard des neiges et le bharal (mouton bleu). On y traverse les gorges de la Kali Gandaki, la forêt de rhododendrons de Ghorepani, le lac Tilicho et, depuis 1992, le Haut-Mustang. Les grands treks : le circuit des Annapurnas et son col de Thorong La (5 416 m), le camp de base de l’Annapurna (4 130 m), Poon Hill (3 210 m), le Mardi Himal, la vallée réglementée de Nar-Phu et le trek du Haut-Mustang.
À l’automne 2026, les accès routiers de l’aire ont souffert des crues de fin septembre. Selon le Kathmandu Post du 14 octobre 2026, la route du haut Manang, fermée pendant trois semaines, a rouvert le 13 octobre au soir grâce à une passerelle provisoire en bois d’environ 35 m posée sur le pont submergé de la Marsyangdi, entre Chame et le haut Manang : seuls les véhicules légers (jeeps, motos) peuvent l’emprunter, et les poids lourds restent interdits au moins jusqu’à la fin de Dashain. Côté Mustang, la route Beni–Jomsom a rouvert le vendredi 9 octobre au soir, mais restait difficile à parcourir le 14 octobre selon The Annapurna Express. Avant de partir vers Manang, le Thorong La, Jomsom ou Muktinath, faites vérifier l’état des routes et des sentiers par votre agence et par la police de district.
Déclarée le 28 décembre 1998, l’aire de conservation du Manaslu couvre 1 663 km² dans le district de Gorkha, de 600 m environ jusqu’au sommet du Manaslu (8 163 m) selon le DNPWC. Le NTNC, qui la gère, y compte environ 9 000 habitants, majoritairement d’origine tibétaine et bouddhistes, et y signale le léopard des neiges, le lynx, le cerf porte-musc et le tahr de l’Himalaya. L’entrée principale est Jagat ; un poste de contrôle et un centre d’information fonctionnent à Jagat et à Samagaun. Le circuit franchit le col de Larke La (5 106 m), et la vallée de Tsum, au nord, conserve les monastères de Mu et de Rachen.
Le 11 octobre 2026, une crue de la Budhi Gandaki a emporté des ponts et endommagé la piste autour de Sirdibas et de Jagat, selon le Kathmandu Post. Entre Philim et Jagat, il ne reste plus de sentier, a déclaré un responsable du MCAP ; Jagat était coupé dans les deux sens, et la destruction du pont de Sardibhir n’a laissé que l’hélicoptère aux visiteurs de la vallée de Chum (Tsum), d’où 19 touristes étrangers ont été évacués. Au 14 octobre 2026, aucune date de réouverture n’était annoncée ; selon le MCAP, les trekkeurs déjà engagés vers le Nubri prévoyaient toujours de franchir le Larke La. Lisez nos pages trek du Manaslu et vallée de Tsum, et faites confirmer l’état du sentier par votre agence avant de réserver.
Trois aires de montagne complètent la liste ; leurs treks, longs et souvent en zone réglementée, demandent une préparation sérieuse avec une agence.
La plus petite aire de conservation du pays, créée en 2009, couvre 16,95 km² dans le secteur de Khairapur, municipalité de Gulariya, district de Bardiya, dont 5,27 km² d’habitat de l’antilope cervicapre (blackbuck). Selon le DNPWC, seuls 9 individus avaient été trouvés lors d’un relevé en 1975. Ces antilopes vivent dans des prairies ouvertes, près des villages, et pâturent à côté du bétail. Le droit d’entrée est de 2 000 NPR pour un étranger. La visite se combine avec un séjour au parc national de Bardia, situé dans le même district.
Le NTNC ne reçoit pas de budget de fonctionnement régulier de l’État pour l’ACAP : il est autorisé à percevoir les droits d’entrée des trekkeurs, réinvestis dans la région. Ses chiffres montrent aussi le poids du tourisme : un visiteur consomme environ deux fois plus de bois de feu qu’un habitant, et un groupe de 15 trekkeurs produit environ 15 kg de déchets non biodégradables et non brûlables en dix jours de trek. Quelques gestes simples font la différence :
Pour l’Annapurna comme pour le Manaslu, visez le printemps (mars à mai) ou l’automne, une fois la mousson retirée. Selon le service météorologique népalais, elle s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre ; en 2025, elle a duré du 29 mai au 10 octobre, et en 2026 des crues ont encore frappé fin septembre dans le Manang et le Mustang, puis le 11 octobre sur la Budhi Gandaki. En début d’automne, vérifiez donc l’état des pistes et des ponts avant de partir. En hiver, renseignez-vous sur l’enneigement des cols de haute altitude, comme le Thorong La ou le Larke La.
Les aires de conservation sont le cœur du trek au Népal : choisissez la vôtre selon votre expérience, votre budget de permis et l’état des accès. Pour organiser l’ensemble de votre séjour, partez de notre page pilier voyage au Népal.
Six : Annapurna, Manaslu, Kanchenjunga, Gaurishankar, Api Nampa et Krishnasar. La plus grande, celle de l’Annapurna, couvre 7 629 km² selon le NTNC.
Au 14 octobre 2026, 3 000 NPR pour un étranger et 1 000 NPR pour un ressortissant d’Asie du Sud, taxes comprises. Acheté à un poste de contrôle, il coûte le double ; les enfants de moins de 10 ans n’en ont pas besoin.
Une aire de conservation concilie protection de la nature et vie locale : à l’Annapurna, selon le NTNC, les habitants vivent à l’intérieur des limites, possèdent leurs terres et gardent l’accès aux ressources, et les droits d’entrée sont réinvestis dans la région.
Oui pour un trek : depuis le 1er avril 2023, un guide licencié et une carte TIMS (2 000 NPR) obtenue par une agence enregistrée sont obligatoires. Les vallées réglementées comme le Haut-Mustang, Nar-Phu, le Manaslu ou Tsum exigent en plus un permis spécial.
La crue de la Budhi Gandaki du 11 octobre 2026 a emporté le sentier entre Philim et Jagat, selon un responsable du MCAP cité par le Kathmandu Post, et aucune date de réouverture n’était annoncée au 14 octobre. Faites confirmer l’état des accès par votre agence.
En ligne sur le portail epermit du NTNC, avec 2,9 % de frais par carte, ou au comptoir ; il coûte 3 000 NPR pour un étranger. Le permis de zone réglementée du Manaslu passe, lui, obligatoirement par une agence enregistrée.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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