Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les élections au Népal en 2026 sont la conséquence directe d’une crise sans précédent : en septembre 2025, un soulèvement de la jeunesse a renversé le gouvernement en deux jours. Six mois plus tard, un parti fondé quelques années plus tôt remportait près des deux tiers des sièges. Pour qui prépare un voyage, comprendre ces événements aide à lire les avis officiels, à éviter les rassemblements et à anticiper les jours fériés nouvellement créés. Voici les faits, datés et sourcés, sans prise de position, et ce que cela change concrètement pour votre séjour. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 septembre 2025 | Le gouvernement décide de bloquer 26 plateformes non enregistrées, dont Facebook, YouTube et WhatsApp |
| 8 septembre 2025 | Manifestation de jeunes vers le Parlement ; 19 morts selon le Kathmandu Post ; couvre-feux dans plusieurs districts |
| 9 septembre 2025 | Levée du blocage ; Parlement, Singha Durbar et Cour suprême incendiés ; démission de K. P. Sharma Oli ; aéroport de Katmandou fermé près de 24 heures |
| 12 septembre 2025 | Sushila Karki nommée Première ministre ; dissolution de la Chambre ; élections fixées au 5 mars 2026 |
| 5 mars 2026 | Élections législatives : le RSP obtient 182 sièges sur 275 |
| 27 mars 2026 | Balendra Shah devient Premier ministre |
| 8 septembre 2026 | Première journée des martyrs Gen Z, fériée dans tout le pays |
Le 25 août 2025, le gouvernement donne sept jours aux réseaux sociaux pour s’enregistrer au Népal. Le délai expiré, il fait bloquer 26 plateformes, dont Facebook, Instagram, WhatsApp, YouTube et X, selon le Kathmandu Post ; la Commission nationale des droits de l’homme et une coalition de journalistes dénoncent la mesure. La colère, nourrie aussi par la corruption et le manque d’emplois, déborde le 8 septembre : de jeunes manifestants convergent vers le Parlement fédéral, à New Baneshwor. La police emploie canons à eau, gaz lacrymogène et balles réelles ; 19 personnes sont tuées ce jour-là, dont 17 à Katmandou selon le Kathmandu Post, et des couvre-feux sont imposés dans plusieurs districts.
Le 9 septembre, malgré la levée du blocage dans la nuit, la violence s’étend à tout le pays : le Parlement, le Singha Durbar (siège des ministères), la Cour suprême et la présidence sont incendiés, et de nombreux prisonniers s’évadent. Le Premier ministre K. P. Sharma Oli démissionne. L’aéroport international de Katmandou ferme pendant près de 24 heures et rouvre le 10 septembre, selon le Kathmandu Post. Le bilan retenu est de 76 morts ; le gouvernement intérimaire a reconnu 45 d’entre eux comme martyrs en novembre 2025, selon le Kathmandu Post.
Le blocage des réseaux sociaux n’a été que l’étincelle. Selon Al Jazeera, le mouvement était porté par le manque d’emplois et une corruption jugée endémique : un cinquième des quelque 30 millions de Népalais vit dans la pauvreté, et environ 1 500 personnes quittent chaque jour le pays pour travailler à l’étranger. Onlinekhabar estime que le Népal aurait besoin d’environ 800 000 nouveaux emplois par an pour absorber les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et les migrants qui rentrent. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu, six mois plus tard, le vote massif en faveur d’un parti récent, face aux formations qui se partageaient le pouvoir depuis des décennies.
Après trois jours sans gouvernement central, l’ancienne présidente de la Cour suprême Sushila Karki est nommée Première ministre le 12 septembre 2025 : c’est la première femme à diriger l’exécutif népalais. Le soir même, la Chambre des représentants est dissoute, et les élections sont fixées au 5 mars 2026. Plusieurs grands partis de la Chambre dissoute contestent cette dissolution, mais le calendrier électoral est maintenu.
Une commission d’enquête sur la répression, dirigée par l’ancien juge Gauri Bahadur Karki, est formée en septembre 2025 ; elle remet son rapport le 8 mars 2026, toujours pas publié officiellement en septembre 2026, selon Onlinekhabar. L’ancien Premier ministre Oli et son ancien ministre de l’Intérieur, Ramesh Lekhak, ont été arrêtés le 28 mars 2026, au lendemain de l’investiture du nouveau gouvernement, puis libérés en avril sur décision de la Cour suprême ; selon Al Jazeera, ils restaient visés par l’enquête sans avoir été formellement inculpés en septembre 2026.
Le scrutin du 5 mars 2026, le premier depuis le soulèvement, a donné une large majorité au Rastriya Swatantra Party (RSP), parti fondé trois ans plus tôt, qui a recueilli 48 % des voix selon Onlinekhabar.
| Parti | Scrutin majoritaire | Proportionnelle | Total (sur 275) |
|---|---|---|---|
| Rastriya Swatantra Party (RSP) | 125 | 57 | 182 |
| Nepali Congress | 18 | 20 | 38 |
| CPN-UML | 9 | 16 | 25 |
| Parti communiste du Népal (NCP) | 8 | 9 | 17 |
| Shram Sanskriti Party | 3 | 4 | 7 |
| Rastriya Prajatantra Party | 1 | 4 | 5 |
Avec 182 sièges, le RSP frôle la majorité des deux tiers (184 sièges). Le 27 mars 2026, Balendra « Balen » Shah, ancien rappeur et ancien maire de Katmandou, prête serment à 35 ans : il devient le plus jeune Premier ministre du pays et le premier issu de la communauté madhesi, selon Al Jazeera. Son ministre de l’Intérieur, Sudan Gurung, démissionne le 22 avril 2026 pour permettre une enquête sur ses investissements, puis retrouve son poste le 9 juin, après avoir été blanchi.
Depuis l’investiture, plusieurs dossiers dominent l’actualité :
La transition s’est donc faite dans les urnes et le pays dispose d’un gouvernement à large majorité. Mais les tensions demeurent possibles : manifestations, grèves générales (bandhs) et heurts localisés peuvent survenir avec peu de préavis, et des couvre-feux locaux peuvent être décrétés.
Le Canada recommande une « grande prudence » dans tout le Népal et déconseille les voyages non essentiels dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot, touchés par les crues ; la France appelle à une « vigilance renforcée ». Lisez notre page le Népal est-il sûr en 2026 ? et, pour la saison des pluies, notre dossier sur la mousson et les inondations.
Ces avis n’empêchent pas de voyager : l’automne, de septembre à novembre, reste avec le printemps l’une des deux hautes saisons touristiques du pays. Mais ils imposent de suivre l’actualité pendant tout le séjour, et pas seulement avant le départ : un bandh, une manifestation ou une route coupée par les pluies peuvent bouleverser un itinéraire en quelques heures.
Pour comprendre les racines de cette crise, de la fin de la monarchie à la constitution fédérale, lisez notre page sur l’histoire du Népal, et préparez la suite de votre séjour avec notre page pilier voyage au Népal.
Un soulèvement de jeunes des 8 et 9 septembre 2025, déclenché par le blocage de 26 réseaux sociaux et la colère contre la corruption. Il a fait 76 morts, provoqué l’incendie du Parlement et la démission du Premier ministre K. P. Sharma Oli.
Le Rastriya Swatantra Party (RSP), avec 182 sièges sur 275 aux élections du 5 mars 2026, loin devant le Nepali Congress (38) et le CPN-UML (25).
Balendra « Balen » Shah, ancien maire de Katmandou, investi le 27 mars 2026 à 35 ans. Il est le plus jeune Premier ministre du pays et le premier issu de la communauté madhesi.
Le pays a retrouvé un gouvernement élu et majoritaire, mais manifestations et grèves générales restent possibles. Au 14 octobre 2026, le Canada recommande une « grande prudence » et la France une « vigilance renforcée ».
Oui : le 9 septembre 2025, il a fermé près de 24 heures avant de rouvrir le 10 septembre. Gardez un ou deux jours de marge avant votre vol international.
Oui. Le gouvernement a fait du 8 septembre (23 Bhadra) la journée des martyrs Gen Z, fériée chaque année ; la première a eu lieu le 8 septembre 2026.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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